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Les ventes électriques de Renault bondissent de 84,7 %

Alexandra Dujonc

Le 29 octobre, Renault Group a publié une hausse de 84,7 % de ses ventes électriques au troisième trimestre. Le chiffre est net, mais il ne décrit ni la seule marque Renault, ni l’année entière, ni les utilitaires. Avant de l’utiliser pour juger la gamme d’une marque, il faut savoir exactement ce qu’il recouvre.

Ce que couvre la progression de 84,7 % publiée par Renault Group

Premier repère : il s’agit d’un chiffre trimestriel, et non d’un cumul depuis janvier. Il porte sur le groupe, qui réunit Renault, Dacia et Alpine. Une Dacia électrique vendue pendant l’été compte donc dans l’indicateur au même titre qu’une Renault, ce qui interdit d’y lire le résultat de la seule marque au losange.

Deuxième repère : la note [3] du communiqué limite l’indicateur électrique aux véhicules particuliers. Les utilitaires en sont exclus. Le contexte du communiqué est européen, mais cette note ne précise pas la zone géographique. Vous ne pouvez donc pas lire ce chiffre comme un résultat « France » ni comme un résultat « monde ». Le périmètre défini pour un autre indicateur du document ne s’applique pas automatiquement à celui-ci.

Électrique ou électrifié : deux parts à ne pas confondre

Le communiqué donne aussi une part de marché interne. Les électriques représentent 25,8 % des ventes de véhicules particuliers du groupe, en hausse de 12,2 points. Par simple soustraction, la part précédente se situait autour de 13,6 %, si la base de comparaison est la même. Ce point de pourcentage mesure un changement de mix, pas une croissance en nombre de véhicules : les 84,7 % et les 12,2 points répondent à deux questions différentes.

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Le chiffre de 54,9 % est d’une autre nature. Il couvre les ventes électrifiées, c’est-à-dire les électriques, les hybrides et les hybrides rechargeables. La note [4] le rattache aux véhicules particuliers en Europe, hors hybrides légers (MHEV). Plus de la moitié des ventes est donc électrifiée, mais seulement un quart environ est 100 % électrique. Ajouter les deux chiffres, ou présenter le second comme une mesure du tout-électrique, serait une erreur de lecture.

Volumes, chiffre d’affaires et électrique : trois mesures distinctes

Pour situer l’ensemble, L’Argus rapporte, le 29 octobre, que les ventes mondiales du groupe ont reculé de 6 % entre juillet et septembre, tandis que le chiffre d’affaires a progressé de 1,5 %, à 11,6 milliards d’euros. Une électrique en forte hausse peut donc coexister avec un volume global en baisse : la progression part d’une base plus réduite, et elle ne compense pas à elle seule le reste des ventes. Ce recoupement aide à replacer les ordres de grandeur ; il ne confirme pas à lui seul le périmètre de l’indicateur électrique.

Indicateur Valeur annoncée Ce qu’il mesure
Ventes électriques du groupe +84,7 % au 3e trimestre Croissance des ventes électriques de véhicules particuliers (Renault, Dacia, Alpine)
Part des électriques 25,8 % (+12,2 points) Poids de l’électrique dans les ventes de véhicules particuliers
Part des électrifiées 54,9 % Électriques, hybrides et hybrides rechargeables, véhicules particuliers en Europe, hors MHEV
Ventes mondiales du groupe -6 % (juillet à septembre) Volumes toutes motorisations, selon L’Argus
Chiffre d’affaires +1,5 %, 11,6 Md€ Revenus en euros, selon L’Argus

Ces lignes n’ont ni la même unité ni le même dénominateur. Les placer sur un même graphique donnerait une fausse impression de comparabilité.

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Ce que ces chiffres ne vous disent pas si vous achetez une électrique

Un mix commercial qui se déplace vers l’électrique ne prouve ni la fiabilité d’un modèle, ni une remise à venir, ni un délai de livraison. Le communiqué évoque un carnet de commandes européen d’environ deux mois de ventes prévisionnelles. C’est un indicateur de gestion pour le groupe, pas une promesse de livraison en deux mois pour la configuration que vous choisirez en France.

Pour exploiter ces informations, quelques réflexes :

  • identifier la marque (Renault, Dacia ou Alpine) et le modèle visés, car l’indicateur est celui du groupe ;
  • demander au vendeur une date de livraison écrite pour la version, la batterie et les options exactes ;
  • comparer les offres modèle par modèle, sans déduire une remise à partir d’une progression des ventes.

Si vous voulez replacer ces chiffres dans le débat plus large sur les statistiques de marché, nous avons déjà détaillé ce que cachent les comparaisons entre électrique et thermique en Europe. Sur la même logique de lecture prudente, voyez aussi notre analyse sur la façon dont les constructeurs présentent leurs chiffres.

Le chiffre de 84,7 % est utile pour mesurer la dynamique commerciale du groupe, mais il ne dit rien de la marque que vous visez. Il mêle Renault, Dacia et Alpine, et sa géographie n’est pas précisée par la note qui le définit. À notre avis, l’indicateur le plus parlant pour un acheteur reste la part de 25,8 % des véhicules particuliers : elle montre un changement de mix, sans servir d’argument sur le prix, la fiabilité ou la livraison.

L’avis de Rouleur électrique

Image : © Renault

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