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Alpine A110 électrique : la sportive ne sera décidément pas comme les autres

Michael Ptaszek

La future génération de l’A110 commence à se dévoiler, et les informations récoltées lors du salon Rétromobile à Paris offrent un éclairage intéressant sur les orientations techniques choisies par Alpine. Philippe Krief, qui dirige la marque depuis plusieurs mois, a confirmé que le prochain coupé sportif français adoptera la même architecture que la R5 Turbo 3E, ce bolide survitaminé dévoilé récemment. Ce rapprochement technique entre les deux modèles n’est pas anodin : il permet de réduire les coûts de développement tout en capitalisant sur une base déjà éprouvée. Vous vous demandez ce que cela implique concrètement pour la future A110 ? Voici ce que l’on sait.

Une plateforme aluminium pensée pour les sportives

La plateforme APP qui servira de socle à l’A110 électrique constitue une rupture avec les architectures utilisées jusqu’à présent dans le groupe Renault. Entièrement en aluminium, elle a été conçue spécifiquement pour des modèles à vocation sportive. L’élément le plus marquant de cette architecture réside dans le positionnement de la batterie derrière les sièges, et non sous le plancher comme c’est généralement le cas sur les véhicules électriques actuels. Ce choix technique répond à une contrainte bien précise : maintenir une ligne de coupé basse, un centre de gravité optimal et une position de conduite très inclinée, avec les jambes légèrement relevées, exactement comme sur l’A110 actuelle.

Cette configuration présente plusieurs avantages. Elle permet de conserver une silhouette ramassée, essentielle pour l’identité visuelle du modèle, et garantit une répartition des masses favorable à la dynamique. L’aluminium, matériau de prédilection d’Alpine depuis toujours, contribue à limiter le poids total du véhicule, même si les batteries ajoutent inévitablement des kilos par rapport au modèle thermique. La plateforme APP a été pensée pour accueillir différentes configurations : propulsion simple, propulsion biomoteur, voire transmission intégrale à quatre roues motrices selon les versions.

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Design et dimensions : fidélité avec une touche de modernité

Sur le plan esthétique, Alpine ne compte pas révolutionner la recette. Les premières indications laissent entendre que la future A110 électrique conservera l’esprit du coupé actuel, avec ses proportions caractéristiques et sa signature visuelle reconnaissable. Le traitement sera naturellement plus contemporain, mais l’identité reste préservée. Les dimensions évolueront légèrement : le modèle devrait gagner quelques centimètres en longueur, tout en maintenant une hauteur similaire à celle de la version thermique. Cette évolution permettra probablement d’intégrer plus facilement les composants électriques et d’offrir un peu plus de polyvalence à bord.

Alpine prévoit d’ailleurs d’élargir la gamme autour de cette base technique. Vous pourrez choisir entre un coupé classique, une version cabriolet et même une déclinaison 2+2 places, ce qui rappelle la stratégie adoptée par Porsche avec la 911. Cette multiplication des carrosseries vise à toucher une clientèle plus large, sans diluer l’ADN sportif de la marque.

Motorisation : cap sur les 345 ch et au-delà

Côté performances, l’A110 électrique devrait largement dépasser la puissance de l’actuelle A110 R Ultime et ses 345 ch. La configuration privilégiée semble s’orienter vers deux moteurs électriques placés à l’arrière, offrant une propulsion pure ou une gestion vectorielle du couple entre les roues. Une autre possibilité, plus radicale, consisterait à intégrer les moteurs directement dans les roues arrière, comme sur la R5 Turbo 3E. Cette solution améliorerait la réactivité et l’agilité, mais pose des questions de masse non suspendue et de fiabilité à long terme.

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Voici ce que l’on peut attendre en termes de spécifications techniques :

  • Puissance supérieure à 345 ch grâce à une motorisation bimotor
  • Batterie de 70 kWh positionnée derrière l’habitacle
  • Autonomie estimée à 480 km sur route en usage normal
  • Capacité à réaliser au moins trois tours complets du Nürburgring à pleine charge

Autonomie et usage sportif : un équilibre à trouver

L’autonomie constitue un enjeu majeur pour un modèle sportif électrique. Alpine vise 480 km sur route avec une batterie de 70 kWh, ce qui semble raisonnable pour ce type de véhicule. Plus intéressant encore, le constructeur affirme que l’A110 électrique pourra enchaîner au moins trois tours complets du Nürburgring sans recharge. Cette promesse répond à une critique récurrente faite aux sportives électriques : leur incapacité à tenir la distance sur circuit en raison de la surchauffe des batteries et de la consommation importante en conduite intensive.

La gestion thermique de la batterie sera déterminante. Si Alpine parvient à maintenir des performances constantes sur plusieurs tours de piste, cela constituera un véritable argument face à des concurrentes qui montrent rapidement leurs limites en usage intensif. Les 70 kWh représentent un compromis entre poids et capacité : suffisamment d’énergie pour l’autonomie quotidienne et l’usage sportif, sans alourdir excessivement le véhicule.

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Habitacle : retour aux commandes physiques

Alpine compte se démarquer franchement dans la conception de l’habitacle. Antony Villain, responsable du design, évoque une approche centrée sur le conducteur, avec un parti pris assumé : limiter les écrans et privilégier les commandes physiques. Cette philosophie va à contre-courant de la tendance actuelle qui multiplie les interfaces tactiles et les menus digitaux. L’objectif est de renforcer le lien entre le pilote et sa machine, en offrant des retours haptiques et des manipulations intuitives.

L’intérieur sera entièrement spécifique à Alpine, marquant une rupture avec les précédentes générations qui partageaient davantage d’éléments avec d’autres modèles du groupe. Cette logique plus analogique que numérique devrait séduire les puristes, même si elle nécessite des investissements supplémentaires en développement. Le positionnement de conduite restera fidèle à l’esprit de l’A110 actuelle : très incliné, avec une sensation d’être assis bas dans le véhicule.

Contexte financier et stratégique : des zones d’ombre

Malgré les promesses techniques séduisantes, le contexte dans lequel évolue Alpine soulève des interrogations légitimes. François Provost, nouveau directeur général de Renault, a engagé un plan de rationalisation des coûts qui touche directement la marque sportive. La suppression d’Ampère, la filiale dédiée à l’électrique, et l’arrêt du programme endurance d’Alpine pour se concentrer uniquement sur la Formule 1 témoignent d’une volonté de resserrer les budgets.

Ces décisions stratégiques interrogent sur les moyens qui seront réellement alloués au développement de la future A110 électrique. Le partage de plateforme avec la R5 Turbo 3E s’inscrit précisément dans cette logique d’optimisation financière : mutualiser les coûts de recherche et de production pour rentabiliser les investissements sur plusieurs modèles. Reste à savoir si cette stratégie permettra à Alpine de maintenir le niveau d’excellence attendu pour un coupé sportif vendu à un tarif premium. Le calendrier de commercialisation n’a pas encore été précisé officiellement, mais les premières livraisons pourraient intervenir courant 2027 si le développement se poursuit sans accroc majeur.

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