Actu voiture électrique

La voiture électrique solaire qui n’a pas besoin d’être rechargée tient-elle ses promesses ?

Albert Lecoq

L’industrie automobile connaît une transformation majeure avec l’émergence d’innovations audacieuses. Le constructeur Aptera marque les esprits avec son véhicule à trois roues alimenté par l’énergie solaire, présenté au CES 2025. Ce projet, né dans les années 2000, renaît aujourd’hui sous une forme électrisante qui soulève autant d’enthousiasme que de questionnements.

Une architecture unique au service de l’efficience

L’Aptera se distingue par son design futuriste inspiré de l’aéronautique. Sa silhouette en forme de goutte d’eau lui confère un coefficient de pénétration dans l’air (Cx) de 0,13, une valeur exceptionnelle dans l’industrie automobile. Cette performance aérodynamique repose sur plusieurs innovations :

  • Une carrosserie intégralement couverte de 186 cellules solaires
  • Des roues carénées réduisant significativement la traînée
  • Un plancher en fibre de carbone d’une seule pièce, le plus grand jamais produit

La masse contenue de 1000 kg maximum participe à l’efficience globale du véhicule. Cette légèreté, combinée à l’aérodynamique poussée, permettrait selon le constructeur d’atteindre une consommation record de 10 km par kWh.

Des promesses solaires ambitieuses

Aptera affirme que son véhicule peut générer jusqu’à 4 kWh par jour grâce à ses panneaux solaires, offrant une autonomie quotidienne de 64 kilomètres sans recharge. Cette promesse repose sur des conditions optimales : 12 heures d’ensoleillement dans des régions très ensoleillées comme la Californie ou l’Arizona.

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Les tests réalisés montrent une réalité plus nuancée. Les relevés effectués indiquent une production instantanée oscillant entre 45 et 100 watts, avec des pics à 164 watts. Ces valeurs questionnent la capacité du véhicule à atteindre l’objectif annoncé de 4 kWh quotidiens.

Un projet entre innovation et incertitudes

Le prototype présenté au CES 2025 affiche une finition prometteuse, mais certains aspects techniques restent à parfaire. Le constructeur vise un prix de lancement de 40 000 dollars et prévoit une production initiale de 100 à 200 exemplaires d’ici fin 2025.

Le statut particulier du véhicule, classé comme “autocycle” à trois roues, lui permet d’échapper à certaines normes de sécurité applicables aux voitures traditionnelles. Cette classification soulève des interrogations sur son positionnement dans le paysage automobile actuel.

L’entreprise fait face à des défis financiers significatifs. Avec 18 millions de dollars de trésorerie, Aptera cherche à lever 60 millions supplémentaires pour concrétiser ses ambitions de production. Dans un marché automobile en pleine mutation vers l’électrique traditionnel, le pari d’Aptera de proposer une solution ultra-efficiente alimentée par le soleil reste audacieux mais incertain.

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