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Le premier robotaxi sans chauffeur d’Europe roule déjà grâce à Rimac

Michael Ptaszek

Pendant que la France et l’Allemagne discutent encore des cadres réglementaires pour les véhicules autonomes, la Croatie est passée à l’action. Depuis quelques semaines, des passagers peuvent commander un trajet entièrement sans conducteur à Zagreb, via une application que vous connaissez probablement déjà : Uber. Derrière cette avancée concrète, on trouve une startup relativement discrète nommée Verne, soutenue financièrement par le groupe Rimac — l’entreprise croate connue pour ses hypercars électriques et sa participation dans Bugatti.

Des trajets 100 % sans conducteur sur les routes publiques de Zagreb

Ce qui distingue fondamentalement l’initiative de Verne de ce qui existe ailleurs en Europe, c’est l’absence totale de superviseur humain à bord. Pour rappel, les robotaxis récemment lancés à Londres par Uber en partenariat avec la société Wayve utilisent des Ford Mustang Mach-E avec un opérateur humain assis dans le véhicule, prêt à reprendre la main. Ici, aucun filet de sécurité humain physique n’est présent dans l’habitacle. C’est la technologie de conduite autonome du partenaire chinois Pony.ai qui prend en charge l’intégralité des décisions actives : braquage, freinage, accélération.

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Verne assure la supervision à distance, sans intervention directe sur le véhicule en mouvement. Cette configuration représente un cap symbolique important dans l’histoire de la mobilité autonome européenne. Pour vous donner un point de comparaison, même les premiers Waymo déployés aux États-Unis avaient des superviseurs humains à bord dans leurs débuts. La trajectoire est donc claire : les acteurs du secteur s’efforcent tous, les uns après les autres, de supprimer cet ultime maillon humain.

Un service lancé en partenariat avec Pony.ai, acteur majeur de l’autonomie en Chine

Verne et Pony.ai ne partent pas de zéro ensemble : les deux entreprises avaient déjà lancé le premier service commercial de robotaxi en Europe dès avril dernier à Zagreb. À l’époque, un opérateur humain accompagnait encore chaque trajet. La nouvelle phase, celle des trajets entièrement sans conducteur, marque donc une progression logique et mesurée dans leur déploiement.

Pony.ai n’est pas un inconnu dans le monde de la mobilité autonome. La société opère déjà un service de robotaxi dans quatre villes chinoises et cherche activement à étendre sa présence en Europe. Son savoir-faire technologique, développé dans un contexte urbain dense et exigeant comme celui des grandes métropoles chinoises, constitue un atout réel pour aborder les spécificités du trafic européen. Le trajet couvert à Zagreb s’étend sur 22 kilomètres, reliant le siège de Verne à un quartier d’affaires du centre-ville en passant par l’aéroport de Zagreb.

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Le véhicule utilisé : un crossover électrique chinois repensé pour l’expérience passager

Le robotaxi de Verne n’est pas une voiture de série simplement équipée de capteurs. La base est un Arcfox Alpha T5, un crossover électrique produit par le constructeur chinois Arcfox. Verne a profondément reconfiguré l’intérieur pour l’adapter à un usage sans conducteur :

  • Le siège passager avant a été supprimé, libérant de l’espace pour les bagages et permettant aux passagers arrière d’étendre pleinement les jambes.
  • Un grand écran tactile a été installé à l’emplacement du dossier du siège avant : il affiche l’itinéraire en temps réel et permet de diffuser des vidéos ou de jouer à des jeux pendant le trajet.
  • L’ensemble de l’interface est pensé pour une expérience autonome et intuitive, sans interaction avec un conducteur.

Ce choix de base véhicule peut surprendre, mais il s’explique par des considérations pragmatiques : l’Alpha T5 offre un volume intérieur généreux, une architecture électrique compatible avec les systèmes autonomes de Pony.ai, et un coût d’acquisition compétitif. Ce n’est pas la première fois que des startups occidentales s’appuient sur des plateformes chinoises pour accélérer leur mise sur le marché.

Un concept maison prometteur, mais encore en développement

Verne ne compte pas s’en tenir indéfiniment à un véhicule de série modifié. La startup a présenté il y a quelques années un robotaxi conçu de zéro, un concept propriétaire qui n’a pas grand chose à envier au Tesla Cybercab sur le plan de l’ambition. Là où le Cybercab mise sur une esthétique tranchante et minimaliste, le concept Verne se distingue par des portes coulissantes, un toit panoramique, un intérieur particulièrement soigné et un grand écran de type cinéma pour les passagers. Sur le papier, c’est séduisant. Dans les faits, ce modèle sur mesure est encore en cours de développement, et aucune date de commercialisation n’a été communiquée.

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En attendant, c’est donc l’Arcfox modifié qui fait le travail au quotidien dans les rues de Zagreb. Et c’est peut-être là l’enseignement le plus utile pour vous, si vous suivez l’évolution des mobilités autonomes : dans ce secteur, ce sont rarement les concepts les plus spectaculaires qui arrivent les premiers sur le terrain. Ce sont les acteurs capables de combiner pragmatisme technologique, partenariats solides et environnements réglementaires favorables qui prennent concrètement de l’avance. La Croatie, petit marché peu scruté, vient d’en faire la démonstration.

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