Cette découverte prolonge la vie de votre batterie électrique de 23 %
La dégradation de la batterie est l’une des préoccupations les plus récurrentes chez les propriétaires de voitures électriques. Et pour […]
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Acheter une voiture hybride rechargeable d’occasion, c’est souvent jouer sur deux tableaux : bénéficier d’une motorisation flexible tout en profitant d’un prix inférieur à celui du neuf. Mais cette flexibilité même, qui fait le charme des PHEV au quotidien, pourrait bien constituer leur point faible sur le marché de l’occasion. Une étude britannique récente apporte des éléments concrets sur l’état de santé des batteries de ces véhicules, et les résultats méritent qu’on s’y attarde sérieusement avant de signer un bon de commande.
C’est l’entreprise britannique Generational, spécialisée dans le diagnostic de batteries automobiles, qui a mené ce travail d’analyse. Son équipe a collecté des données techniques auprès de 1 000 voitures électriques et de 1 000 hybrides rechargeables, en mesurant leur état de santé de batterie, plus connu sous l’acronyme SoH (State of Health). Cet indicateur, exprimé en pourcentage, reflète la capacité réelle d’une batterie par rapport à sa capacité d’origine. Un SoH de 100 % signifie une batterie comme neuve ; en dessous de 80 %, on considère généralement qu’elle commence à présenter une dégradation notable.
Les résultats globaux sont, à première vue, plutôt encourageants. Les voitures électriques affichent un SoH moyen de 94,94 %, tandis que les hybrides rechargeables se situent à 94,27 %. Un écart de moins d’un point qui, pris isolément, semblerait presque négligeable. Mais c’est précisément là que l’analyse devient plus nuancée : regarder la moyenne ne suffit pas. C’est la dispersion des résultats qui change tout.
Là où les voitures 100 % électriques affichent des résultats relativement homogènes d’un véhicule à l’autre, les hybrides rechargeables présentent des écarts bien plus marqués. Deux PHEV du même modèle, du même millésime, avec un kilométrage comparable, peuvent se retrouver dans des états de santé très différents. L’explication tient essentiellement à l’usage réel du véhicule.
Un conducteur de voiture électrique n’a pas le choix : il recharge régulièrement, gère son niveau de batterie avec attention, et développe naturellement des habitudes qui limitent l’usure prématurée. Le propriétaire d’un PHEV, lui, dispose d’un moteur thermique en complément. Certains branchent leur voiture chaque soir pour maximiser les kilomètres parcourus en électrique. D’autres, en revanche, l’utilisent comme une simple hybride classique, sans jamais la connecter à une prise, ou de façon très irrégulière. Ces cycles de charge erratiques sont précisément ce qui accélère la dégradation des batteries lithium-ion. La chimie des cellules n’aime pas les longues périodes de sous-charge ou de charge partielle répétée sans logique cohérente.
Au-delà des moyennes rassurantes, Generational révèle un chiffre plus préoccupant : 4,7 % des hybrides rechargeables analysés présentent un SoH inférieur à 85 %, contre seulement 1,5 % des voitures électriques. En valeur absolue, ces proportions restent faibles. Mais elles signifient concrètement que parmi cent PHEV d’occasion, près de cinq pourraient dissimuler une batterie significativement dégradée, soit trois fois plus que pour une électrique pure.
Ce risque est encore amplifié pour les véhicules ayant servi en flotte d’entreprise ou en leasing. Dans ce contexte, la recharge est souvent laissée à la discrétion du conducteur du moment, sans suivi rigoureux. Le résultat peut être une batterie qui a accumulé des habitudes de charge défavorables pendant plusieurs années, sans que cela n’apparaisse nulle part dans l’historique d’entretien. Le kilométrage affiché au compteur ne vous dira rien de tout cela.
Cette étude ne condamne pas les hybrides rechargeables d’occasion. Elle pointe simplement une réalité que les acheteurs doivent intégrer dans leur démarche : un PHEV régulièrement branché, utilisé de façon cohérente avec sa technologie, peut tout à fait afficher une batterie en excellent état. Le problème, c’est qu’il n’existe aucun moyen de le savoir sans un diagnostic de batterie dédié. Contrairement à un moteur thermique dont on peut évaluer l’usure via l’historique des vidanges ou une inspection mécanique classique, la santé d’une batterie ne se voit pas à l’œil nu.
Avant d’acquérir un PHEV d’occasion, demandez systématiquement un rapport de SoH réalisé par un outil homologué. Certains constructeurs proposent ce service en concession, et des entreprises indépendantes comme Generational se sont justement positionnées sur ce créneau. Le coût de ce diagnostic est minime comparé à celui d’un remplacement de batterie, qui peut facilement atteindre plusieurs milliers d’euros selon le modèle. À terme, le SoH pourrait s’imposer comme un argument de négociation aussi structurant que le carnet d’entretien ou le nombre de propriétaires.
Cette étude s’inscrit dans un contexte plus large où le marché de l’occasion pour les véhicules électrifiés gagne en maturité. Les acheteurs sont de plus en plus informés, les outils de diagnostic se démocratisent, et les vendeurs commencent à comprendre qu’un bon SoH peut justifier un prix plus élevé, tout comme un SoH médiocre peut faire baisser la valeur d’un véhicule par ailleurs en parfait état apparent. Ce n’est plus une question réservée aux passionnés de technique : c’est devenu un critère d’achat à part entière, au même titre que la puissance ou la consommation.
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