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Bentley franchit officiellement le cap du tout-électrique avec le Torcal, un SUV de taille intermédiaire qui sera commercialisé pour l’année modèle 2028. La marque britannique rejoint ainsi Rolls-Royce et Jaguar Land Rover dans cette transition vers l’électrique, une démarche qui semble presque logique dans le segment du luxe absolu, où les clients ne regardent pas à la dépense et où l’excellence technique est une promesse fondamentale. Le Torcal n’est pas un simple exercice de style ou un signal marketing : c’est le véhicule le plus sophistiqué que Crewe ait jamais produit.
Sous ses airs de limousine surélevée, le Torcal repose sur la plateforme Premium Platform Electric (PPE), la même base technique que le Porsche Cayenne électrique. Ce partage de plateforme au sein du groupe Volkswagen n’est pas une surprise, mais il garantit un socle technologique éprouvé. Bentley insiste néanmoins sur le fait que le Torcal est avant tout une Bentley, l’aspect électrique n’étant qu’un choix de motorisation parmi d’autres décisions de conception.
À bord, la filiation avec Porsche se manifeste surtout par l’écran OLED incurvé central dédié à l’infodivertissement. Mais le constructeur a fait un choix délibéré : pas d’écran passager. Martin Page, directeur de la ligne de produits, l’a clairement exprimé lors d’un briefing au siège de Crewe : « La technologie doit apporter de la valeur. Elle ne doit pas dominer l’expérience. » Une position tranchée, à contre-courant de nombreuses marques premium qui multiplient les écrans comme autant d’arguments commerciaux.

Sur le plan technique, le Torcal ne laisse aucune place au compromis. Voici les données essentielles à retenir :
Le Torcal s’impose ainsi comme le Bentley le plus puissant et le plus coupleux jamais produit à Crewe. L’autonomie n’est pas la plus élevée de sa catégorie, mais elle reste amplement suffisante pour l’usage réel de la clientèle visée. Quant à la vitesse de charge, 400 kW en crête placent le Torcal parmi les véhicules électriques les mieux équipés en la matière, à égalité avec ce que fait le Cayenne électrique sur cette même architecture.

L’esthétique extérieure du Torcal ne laisse pas indifférent. La face avant est dense, presque théâtrale, avec une calandre illuminée en forme de diamant et un capot long rappelant les proportions du Rolls-Royce Cullinan. Les feux de jour prennent la forme d’un sourcil fin et élancé, au-dessus des projecteurs principaux qui intègrent eux-mêmes une signature lumineuse propre. L’ensemble donne un caractère imposant, voire ostentatoire, qui correspond précisément aux attentes de la clientèle chinoise, marché stratégique pour Bentley.
L’arrière, à l’inverse, joue la carte de la sobriété : des feux horizontaux épurés et une surface de carrosserie nette, sans surcharge décorative. Ce contraste volontaire entre avant et arrière est un choix stylistique assumé, cohérent avec la logique de représentation sociale qui prévaut dans le luxe automobile de ce niveau.
L’intérieur du Torcal reflète les standards artisanaux de Crewe, avec des tissus de siège en laine Mérinos issue de filières responsables, selon les déclarations du constructeur. La personnalisation est au cœur de l’expérience : des dizaines de combinaisons de couleurs sont disponibles pour l’habitacle, ce qui reste une pratique courante chez Bentley mais s’adapte ici à un véhicule électrique premium.
Le système audio de série est déjà relevé : 16 haut-parleurs pour 620 watts. En option, le système Naim monte la mise avec 28 haut-parleurs, 1 780 watts et le son spatial Dolby Atmos 7.1. Bentley a également développé un système sonore de propulsion baptisé Dynamic Symphony, généré à partir d’instruments réels — batterie, alto, guitare basse — et conçu pour évoquer le son du V8 maison. Les propriétaires souhaitant rouler en silence total peuvent simplement le désactiver.
Le Torcal représente une synthèse cohérente entre l’héritage de la marque et les exigences techniques du moment. Il ne réinvente pas la voiture électrique, mais il illustre comment une maison de luxe peut intégrer l’électrique sans sacrifier son identité ni ses promesses fondamentales de puissance, de raffinement et de savoir-faire artisanal.
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