Tesla Model 3 et Model Y : elles peuvent enfin alimenter votre maison en cas de coupure
Tesla vient d’activer le Powershare Home Backup sur la Model 3 et la Model Y. Jusqu’ici, seul le Cybertruck pouvait […]
BYD a confirmé au Mondial de l’auto de Paris, dont les portes se sont ouvertes à la presse le 12 octobre, l’installation de 100 bornes Flash Charging en Europe d’ici la fin de 2026. Le constructeur chinois promet de recharger une batterie compatible en moins de 10 minutes. Pour les automobilistes qui hésitent encore à passer à l’électrique, la durée des arrêts reste l’un des principaux freins, avec l’autonomie. Voyons ce que ces bornes changent concrètement, et ce qui reste à vérifier avant de s’enthousiasmer.
Présentée en mars 2026, la deuxième génération de la borne Flash Charging délivre une puissance maximale de 1 500 kW. À titre de comparaison, la plupart des bornes rapides actuellement installées en France plafonnent entre 150 et 400 kW. Selon BYD, une voiture compatible passe de 10 à 70 % en 5 minutes et atteint 97 % en 9 minutes.
Ces chiffres dépendent d’une condition précise : la voiture doit embarquer la batterie Blade 2.0 et son électronique associée. Le calcul donne un ordre de grandeur utile : sur une batterie de 115 kWh, passer de 10 à 70 % représente environ 69 kWh, soit une puissance moyenne proche de 830 kW sur 5 minutes. La borne ne travaille donc pas en permanence à son maximum. La courbe de charge compte autant que le pic annoncé.
C’est le point qui limite l’intérêt immédiat du dispositif. Aujourd’hui, la Denza Z9 GT est le seul modèle du groupe compatible avec la recharge Flash Charging sur le marché européen. Le BYD Atto 8, un SUV sept places, suivra au premier trimestre 2027. Il embarque une batterie de 115 kWh et annonce 653 km d’autonomie WLTP. En théorie, 60 % de recharge en 5 minutes représentent donc environ 390 km récupérés. Cette estimation reste indicative, car elle dépend de votre vitesse, de la température et de votre style de conduite.
BYD annonce d’autres modèles compatibles « dans la foulée », sans calendrier détaillé. Avant d’acheter en vous fondant sur cet argument, vérifiez trois points :
La première borne européenne a été installée en Allemagne en juin, et d’autres fonctionnent déjà, notamment au Royaume-Uni. L’objectif de 100 stations d’ici fin 2026 reste modeste, mais BYD prévoit ensuite 3 000 stations en Europe d’ici fin 2027. Cela représente la moitié des 6 000 stations envisagées hors de Chine à cet horizon. Le passage de 100 à 3 000 exigera un rythme d’installation sans commune mesure avec celui d’aujourd’hui.
Le chantier chinois donne une idée de la méthode. BYD y compte 12 165 stations, dont 10 000 déployées en six mois, pour un objectif de 20 000 d’ici fin 2026. Pour l’atteindre, il faudrait en ouvrir environ 100 par jour jusqu’au 31 décembre. Le constructeur s’appuie sur un partenariat avec le groupe pétrolier Sinopec, qui lui ouvre ses stations-service. L’Europe ne dispose pas d’un tel partenaire, et les délais de raccordement au réseau électrique y sont un paramètre bien plus lourd.
BYD n’est pas seul sur ce terrain. Fin août, Geely a annoncé une architecture 1 000 volts visant une charge de 10 à 80 % en moins de 5,5 minutes. Sa berline Lynk & Co 10, en 900 volts, a déjà réalisé 5 minutes et 32 secondes lors d’un essai. Fin septembre, Geely a mis en service des bornes capables de délivrer jusqu’à 2 250 kW dans cinq villes chinoises. Cette technologie reste pour l’instant réservée à la Chine.
| Critère | BYD | Geely |
|---|---|---|
| Puissance maximale | 1 500 kW | 2 250 kW (cinq villes chinoises) |
| Temps annoncé | 10-70 % en 5 min | 10-80 % en 5 min 32 s (essai, 900 V) |
| Réseau en Chine | 12 165 stations | environ 2 100 stations à 1 500 kW (mars) |
| Disponibilité en Europe | 100 stations prévues fin 2026 | Pas pour l’instant |
BYD garde donc l’avantage sur la taille du réseau, Geely sur la puissance brute. Pour vous, cette rivalité tire les temps de charge vers le bas, mais elle ne garantit pas que ces technologies arrivent rapidement en Europe.
Une charge en 5 minutes supprime l’argument du temps perdu, mais elle ne servira que si les bornes sont là et si le tarif reste raisonnable. En France, aucune implantation n’est annoncée pour l’instant. Les automobilistes y gagneront surtout par ricochet, car la pression des constructeurs chinois poussera Ionity, TotalEnergies ou Tesla à relever leur propre niveau de puissance.
L’avis de Rouleur électrique
Dans la vie courante, la recharge à domicile ou au travail couvre l’essentiel des besoins et reste la solution la moins chère. Les bornes à 1 500 kW concernent surtout les longs trajets, où chaque minute économisée se ressent. Les enchaîner régulièrement sollicite davantage la batterie, même si les constructeurs mettent en avant des systèmes de gestion thermique conçus pour cet usage. Gardez-les pour les déplacements exceptionnels plutôt que pour votre routine.
Avant de choisir un modèle, comparez enfin la courbe de charge réelle et pas seulement la puissance de pointe : une voiture qui tient 400 kW pendant dix minutes sera souvent plus utile qu’une voiture qui atteint un pic spectaculaire pendant quelques secondes. Surveillez aussi le calendrier du Atto 8 au premier trimestre 2027, qui dira si cette promesse se transforme en usage courant sur les routes européennes.
Réagissez à l'article