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BMW mise encore sur l’hydrogène avec ce SUV prometteur

Philippe Moureau

Alors que la plupart des constructeurs ont délaissé la technologie hydrogène pour se concentrer sur l’électrique pur, BMW maintient le cap avec une approche diversifiée. Le constructeur bavarois vient de confirmer ses intentions pour le futur X5 de nouvelle génération : cinq motorisations différentes seront proposées, incluant une version à pile à combustible hydrogène qui arrivera en 2028.

Cette stratégie peut sembler anachronique à l’heure où l’infrastructure de recharge électrique se développe rapidement en Europe. Pourtant, BMW persiste et signe avec cette technologie développée en partenariat avec Toyota, malgré les défis considérables que représente le déploiement d’un réseau de distribution d’hydrogène viable commercialement.

Une gamme X5 aux cinq motorisations distinctes

Le prochain X5, dont le nom de code interne est G65, illustre parfaitement la philosophie BMW actuelle : ne fermer aucune porte technologique. Vous aurez ainsi le choix entre essence, diesel, hybride rechargeable, électrique pur et pile à combustible hydrogène. Une diversité qui tranche avec les stratégies plus focalisées de certains concurrents.

Joachim Post, membre du conseil d’administration BMW, assume pleinement cette approche : “En lançant le nouveau BMW X5 avec le choix entre cinq variantes de systèmes de propulsion, nous démontrons une fois de plus notre position de leader en tant que pionnier technologique.” Une déclaration qui révèle peut-être plus une volonté de démonstration technologique qu’une réelle stratégie commerciale de masse.

  • Version essence et diesel traditionnelles
  • Hybride rechargeable pour la transition
  • Électrique pur iX5 prévu pour 2026
  • Pile à combustible iX5 FCEV décalée à 2028
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Les spécificités techniques de l’iX5 FCEV

L’iX5 FCEV développé conjointement avec Toyota présente des caractéristiques intéressantes sur le papier. Contrairement à un SUV électrique de cette taille qui nécessiterait une batterie de plus de 100 kWh pour être compétitif en autonomie, la version hydrogène s’affranchit de cette contrainte de poids.

Le système de pile à combustible génère l’électricité directement à bord, n’émettant que de la vapeur d’eau. L’avantage théorique est double : un poids considérablement réduit et une autonomie similaire aux versions thermiques avec un temps de ravitaillement de quelques minutes seulement. Cette légèreté devrait se traduire par des performances dynamiques supérieures, tant en ligne droite qu’en virage, comparé aux versions électriques lestées par leurs batteries.

La plateforme CLAR, également utilisée pour les modèles actuels de BMW, accueillera cette technologie. Seules exceptions dans la gamme : l’iX sur sa plateforme dédiée et le nouvel iX3 qui inaugure l’architecture Neue Klasse 800 volts spécifiquement conçue pour les véhicules électriques.

L’infrastructure hydrogène, talon d’Achille persistant

Le véritable défi ne réside pas dans la technologie elle-même, maîtrisée depuis plusieurs années, mais dans le déploiement de stations de ravitaillement. BMW le reconnaît implicitement en ne précisant pas les marchés de commercialisation, même si les candidats naturels restent le Japon, la Corée du Sud, certaines régions chinoises et la Californie.

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Pour tenter de résoudre cette équation, BMW participe au programme HyMoS (Hydrogen Mobility at Scale). L’objectif : rendre l’exploitation des réseaux de distribution d’hydrogène plus viable commercialement et attractive pour les entreprises. Une démarche qui vise à optimiser la répartition et l’utilisation des stations hydrogène en mutualisant les expériences entre projets.

Région Nombre de stations H2 Viabilité commerciale
Japon ~160 Élevée
Californie ~50 Moyenne
Corée du Sud ~40 Moyenne
Europe ~200 Faible

Un positionnement commercial incertain

La question de la pertinence commerciale de l’iX5 FCEV reste entière. BMW semble davantage motivé par la volonté de maintenir son avance technologique que par une réelle demande du marché. Le calendrier de lancement le confirme : la version électrique arrivera en 2026 avec les motorisations conventionnelles, tandis que l’hydrogène devra attendre deux années supplémentaires.

Cette temporalité suggère que BMW teste d’abord l’appétit du marché pour ses versions plus conventionnelles avant de se lancer dans l’aventure hydrogène. D’autant que le constructeur étudie parallèlement la réintroduction de la technologie de prolongateur d’autonomie, dernièrement vue sur l’i3 REX, pour les futurs X5, X7 et X3.

L’iX5 FCEV s’inscrit finalement dans une stratégie de diversification maximale plutôt que dans une vision claire de l’avenir de la mobilité. BMW préfère maintenir toutes les options ouvertes, quitte à disperser ses efforts, rather than de parier sur une seule technologie comme d’autres constructeurs l’ont fait avec l’électrique pur.

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