Recharge voiture électrique

Copropriétés et voitures électriques : le chemin est encore long

Alexandra Dujonc

La question de la recharge à domicile préoccupe de nombreux futurs acquéreurs de véhicules électriques. Quand on sait qu’un Français sur deux réside dans une résidence collective, l’installation de bornes dans les copropriétés devient un enjeu majeur pour démocratiser la mobilité électrique. Les derniers chiffres de 2025 révèlent une progression encourageante, même si le chemin reste encore long pour équiper l’ensemble du parc immobilier français.

Des chiffres en progression constante pour l’équipement collectif

Le dernier baromètre publié conjointement par l’Avere-France, l’AFOR et Enedis dresse un état des lieux précis de la situation. Entre avril et juin 2025, 37 326 immeubles ont officiellement validé l’installation d’un dispositif de recharge collectif. Cette progression de 6 % par trimestre témoigne d’une dynamique positive, même si elle reste insuffisante au regard des besoins.

Parmi ces copropriétés ayant donné leur accord, 12 628 sont effectivement équipées de bornes fonctionnelles. Ce chiffre représente environ 5 % du parc immobilier collectif français, un pourcentage qui peut paraître modeste mais qui traduit une accélération par rapport aux années précédentes. La différence entre les projets validés et les installations effectives s’explique par les délais de mise en œuvre, souvent compris entre 6 et 12 mois selon la complexité des travaux électriques.

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L’impact des assemblées générales sur le rythme d’équipement

La saisonnalité joue un rôle déterminant dans cette progression. Le deuxième trimestre bénéficie traditionnellement du pic des assemblées générales de copropriété, période cruciale pour voter les travaux d’électrification des parkings. Ces réunions annuelles constituent le moment privilégié pour convaincre les copropriétaires de l’utilité d’investir dans l’infrastructure électrique.

Après un ralentissement observé fin 2024, le mouvement repart donc à la hausse. Cette reprise s’appuie sur plusieurs leviers : les aides financières du programme Advenir, l’engagement croissant des syndics professionnels et l’implication des bailleurs sociaux. Ces derniers, gestionnaires de près de 20 % du parc de logements collectifs, commencent à intégrer systématiquement la question de la recharge électrique dans leurs plans de rénovation.

PériodeImmeubles validant l’équipementImmeubles effectivement équipésProgression trimestrielle
T1 202535 21311 890+4,2 %
T2 202537 32612 628+6,0 %

Solutions collectives “prêtes à raccorder” : la nouvelle tendance

L’évolution des pratiques révèle une préférence marquée pour les solutions collectives “prêtes à raccorder”. Ce système permet à chaque résident d’installer individuellement sa borne sans repasser par un vote en assemblée générale, une fois l’infrastructure de base mise en place. Cette approche pragmatique répond à un besoin concret d’autonomie et de simplicité administrative.

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Cette tendance s’explique par plusieurs avantages pratiques :

  • Réduction des délais d’installation pour les futurs acquéreurs de voitures électriques
  • Possibilité de facturation individuelle de la consommation électrique
  • Évitement des blocages liés aux votes en assemblée générale
  • Adaptation progressive selon les besoins réels des résidents

L’enjeu économique de la recharge à domicile

Les statistiques d’Enedis sont révélatrices : 86 % des recharges de véhicules électriques s’effectuent au domicile. Cette proportion massive souligne l’importance cruciale de disposer d’une solution de recharge résidentielle pour les propriétaires de voitures électriques. La recharge à domicile présente un avantage économique indéniable, avec un coût moyen de 0,18 € par kWh contre 0,45 à 0,65 € sur les bornes publiques rapides.

Pour un automobiliste parcourant 15 000 kilomètres annuels avec un véhicule consommant 20 kWh aux 100 km, la différence représente une économie d’environ 800 € par an. Cette donnée constitue un argument de poids face aux véhicules thermiques, d’autant que les prix des carburants fossiles restent volatils.

Les défis à surmonter pour accélérer le déploiement

Malgré cette progression encourageante, l’ampleur de la tâche reste considérable. Avec environ 269 000 immeubles disposant d’un parking souterrain ou privatif, seule une minorité est aujourd’hui équipée pour accueillir des véhicules électriques. Les freins identifiés par les professionnels du secteur sont multiples :

  • Coût d’investissement initial pour la copropriété (entre 15 000 et 50 000 € selon la configuration)
  • Complexité administrative des démarches auprès des gestionnaires de réseaux
  • Réticences de certains copropriétaires non concernés par la mobilité électrique
  • Vétusté des installations électriques nécessitant une mise aux normes préalable
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Les acteurs du secteur misent sur une accélération significative en 2026, portée par l’augmentation du nombre de véhicules électriques en circulation. Avec plus de 1,2 million de voitures électriques immatriculées en France fin 2025, la pression des résidents devrait naturellement s’intensifier. La question évolue progressivement : il ne s’agit plus de savoir si chaque copropriété sera équipée, mais quand elle le sera. Cette transformation de la demande, combinée à l’amélioration des aides publiques et à la simplification des procédures, laisse présager une démocratisation plus rapide de la recharge collective dans les années à venir.

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