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BYD prépare la plus grande mise à jour de l’histoire

François Zhang-Ming

Le géant chinois BYD vient de franchir une étape significative avec son système de conduite intelligente God’s Eye, désormais présent sur plus d’1 million de véhicules en circulation. Cette prouesse technologique lui permet d’annoncer ce qu’il présente comme “la plus grande mise à jour OTA de conduite intelligente de l’histoire”. Une déclaration ambitieuse qui mérite qu’on s’y attarde, surtout quand on sait que même la Seagull, leur modèle le plus abordable à moins de 7 000 euros, bénéficie de cette technologie sans supplément de prix.

Le système God’s Eye se décline en trois niveaux de sophistication

BYD a développé une approche graduée de la conduite autonome avec trois versions distinctes de son système God’s Eye. Cette stratégie permet d’adapter la technologie aux différents segments de marché, depuis les véhicules d’entrée de gamme jusqu’aux modèles ultra-luxueux.

Le God’s Eye A représente le summum technologique, réservé à la marque ultra-premium Yangwang. Ce système exploite le cockpit intelligent DiPilot 600 équipé de trois capteurs LiDAR, offrant une perception environnementale particulièrement précise. Cette configuration haut de gamme permet une analyse tridimensionnelle sophistiquée de l’environnement routier.

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Le niveau intermédiaire, God’s Eye B, équipe les modèles de luxe et haut de gamme, notamment ceux de la marque Denza. Il s’appuie sur le système DiPilot 300 et intègre un ou deux capteurs LiDAR selon les modèles. Cette configuration offre un équilibre entre performance et coût, permettant d’étendre les fonctionnalités avancées à un public plus large.

Une technologie démocratisée jusqu’aux modèles les plus accessibles

La version de base God’s Eye C mérite une attention particulière car elle illustre la volonté de BYD de démocratiser la conduite intelligente. Ce système équipe l’ensemble des modèles de la marque principale BYD et s’appuie sur une architecture capteur impressionnante :

  • 12 caméras pour la reconnaissance visuelle
  • 5 radars à ondes pour la détection de distance
  • 12 radars ultrasoniques pour la perception rapprochée
  • Support du système DiPilot 100

Cette configuration montre que BYD mise sur la redondance des capteurs plutôt que sur des technologies coûteuses comme le LiDAR pour ses modèles grand public. L’approche permet de maintenir des coûts contenus tout en offrant des fonctionnalités avancées. La Seagull, vendue à partir de 69 800 yuans (environ 9 600 euros), bénéficie ainsi d’un niveau de technologie autrefois réservé aux véhicules premium.

Une stratégie commerciale qui porte ses fruits

Les chiffres de ventes témoignent de l’efficacité de cette approche. BYD a écoulé 382 585 véhicules en juin dernier, portant ses ventes cumulées du premier semestre 2025 à plus de 2,1 millions d’unités, soit une progression de 33% par rapport à l’année précédente. Cette performance s’explique en partie par la généralisation de la technologie God’s Eye sur 21 de ses modèles les plus vendus depuis février, sans surcoût pour les clients.

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La marque Fang Cheng Bao, spécialisée dans les véhicules tout-terrain de luxe, illustre également cette stratégie tarifaire agressive. Elle propose actuellement le pack de conduite intelligente haut de gamme Qiankun de Huawei avec une réduction de 20 000 yuans, faisant passer le prix de 32 000 yuans (4 400 euros) à seulement 12 000 yuans (1 650 euros).

L’engagement technologique derrière les annonces marketing

BYD revendique plus de 5 000 ingénieurs dédiés au développement de la conduite intelligente, un investissement humain considérable qui témoigne de l’importance stratégique accordée à ce secteur. Cette équipe travaille sur l’amélioration continue des systèmes existants et le développement de nouvelles fonctionnalités.

La prochaine mise à jour OTA promet d’apporter de nouvelles fonctions et des améliorations en matière de sécurité, bien que BYD reste discret sur les détails spécifiques. L’entreprise se contente d’annoncer que le système sera “plus sûr et plus intelligent”, une formulation volontairement vague qui entretient le suspense autour de cette mise à jour historique.

Cette stratégie de développement s’inscrit dans la volonté de BYD de “mener la transformation et la popularisation de la conduite intelligente” sur les marchés mondiaux. En tant que premier constructeur mondial de véhicules électriques, l’entreprise dispose des volumes nécessaires pour amortir ses investissements en recherche et développement, lui permettant de proposer des technologies avancées à des prix compétitifs. La démocratisation de la conduite autonome semble donc bien engagée, avec BYD en position de leader sur ce segment en pleine expansion.

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