Quelle voiture électrique conserve le mieux sa batterie ? La réponse d’une étude massive
Si vous envisagez d’acheter une voiture électrique d’occasion, ou si vous vous demandez ce que vaut encore la batterie de […]
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BYD vient de publier ses résultats du deuxième trimestre 2026, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le géant chinois de la voiture électrique a réussi à redresser la barre après une période difficile. Le bénéfice net trimestriel a bondi de 29,8 % à 8,2 milliards de yuans (soit environ 1,22 milliard de dollars), mettant fin à quatre trimestres consécutifs de recul. Derrière ce rebond, un moteur clairement identifiable : l’explosion des ventes à l’international. Mais si les chiffres du trimestre rassurent, le bilan du premier semestre reste, lui, dans le rouge.
Ne vous laissez pas emporter par l’enthousiasme du trimestre isolé : sur les six premiers mois de l’année, BYD affiche toujours des résultats en recul. Le chiffre d’affaires semestriel a chuté de 7,13 % à 344,82 milliards de yuans (environ 50,9 milliards de dollars), tandis que le bénéfice net attribuable aux actionnaires a reculé de 20,54 % à 12,33 milliards de yuans. Le groupe pointe lui-même deux facteurs explicatifs : la faiblesse de son activité de véhicules à énergies nouvelles (NEV) sur le marché domestique, et des pertes de change liées à son expansion internationale accélérée.
La répartition du chiffre d’affaires est parlante. Le pôle automobile et produits associés représente 275,34 milliards de yuans, en baisse de 8,98 %, soit 79,85 % du revenu total du groupe. La division électronique, elle, résiste mieux avec une légère progression de 0,96 % à 69,41 milliards de yuans. En termes de volumes, BYD a écoulé 1 808 511 véhicules à énergies nouvelles au premier semestre, en recul de 15,72 % sur un an — une contre-performance qui s’explique quasi exclusivement par la situation sur le marché chinois.
C’est là que les chiffres deviennent vraiment intéressants. BYD a exporté environ 792 000 véhicules au premier semestre, soit une hausse de 67,8 % sur un an, représentant désormais près de 44 % de ses ventes totales. Au deuxième trimestre seul, les ventes à l’étranger ont atteint 471 091 unités, en progression de 82,46 %, et supérieures de près de 47 % au trimestre précédent. Ce sont des volumes qui méritent qu’on s’y arrête.
Ce basculement vers l’export a également un effet bénéfique sur les marges. La marge brute est remontée à 18,85 % contre 18,01 % un an plus tôt, malgré un bénéfice brut semestriel en léger repli de 2,81 % à 64,99 milliards de yuans. La raison est simple : les véhicules vendus en Europe, en Asie du Sud-Est ou en Amérique latine se négocient à des prix nettement supérieurs à ceux pratiqués en Chine, où la guerre des prix a littéralement écrasé les marges de tous les constructeurs. Les marques premium du groupe — Denza, Fang Cheng Bao et Yangwang — contribuent à cette dynamique avec des ventes en hausse de 61 %, représentant désormais 12,8 % des ventes de véhicules particuliers.
Pour comprendre les difficultés de BYD sur son marché domestique, il faut replacer les chiffres dans leur contexte. Le marché automobile chinois traverse une phase de concurrence tarifaire extrême, qualifiée d’« involution » par les autorités elles-mêmes, qui commencent d’ailleurs à presser les constructeurs de mettre fin à cette spirale déflationniste. Dans ce contexte, BYD a choisi de ne pas sacrifier ses investissements : les dépenses de R&D au premier semestre ont atteint 28,9 milliards de yuans, soit environ 2,3 fois son bénéfice net sur la même période, portant le cumul total des dépenses de recherche et développement à plus de 270 milliards de yuans. Un signal fort sur les priorités stratégiques du groupe.
Du côté des flux de trésorerie, le cash-flow opérationnel a progressé de 17,3 % à 37,34 milliards de yuans. Mais l’expansion à l’international n’est pas sans contraintes : le délai de rotation des stocks est passé de 79 à 109 jours, en raison du temps de transit des navires transportant les véhicules vers les marchés lointains — une exposition logistique et financière à ne pas négliger.
Le sujet ne serait pas complet sans évoquer la comparaison avec Tesla, l’autre géant mondial de la voiture électrique. Au deuxième trimestre 2026, BYD a livré 557 090 véhicules 100 % électriques, devant Tesla qui affichait 480 126 livraisons sur la même période — et cela sans même comptabiliser les hybrides rechargeables de BYD. Voici quelques repères pour situer les deux acteurs :
L’écart de valorisation boursière entre les deux constructeurs reste difficile à justifier sur la seule base des fondamentaux financiers. BYD génère davantage de profit que Tesla sur le trimestre, investit massivement dans ses batteries et rattrape rapidement son retard en matière de systèmes d’aide à la conduite avancés. Tesla bénéficie d’une prime de marché liée à sa notoriété et à l’aura de son fondateur, mais la dynamique industrielle de BYD est aujourd’hui très concrète.
Les indicateurs avancés plaident pour une accélération du rebond. En juillet 2026, BYD a enregistré 419 211 ventes, en hausse de 21,76 % sur un an, marquant un troisième mois consécutif de croissance. Les ventes à l’export de véhicules particuliers et de pick-ups ont atteint un record mensuel de 179 841 unités en juillet, soit +124,3 % sur un an et 43 % du total mensuel. L’objectif affiché par BYD pour l’ensemble de l’année 2026 est clair : 1,5 million de véhicules exportés.
La route n’est pas sans obstacles. Les droits de douane européens restent une variable instable, les pertes de change ont déjà coûté cher au groupe ce semestre, et la rotation des stocks à 109 jours reflète une chaîne logistique plus tendue qu’elle ne l’était sur le marché domestique. Mais les constructeurs qui sortiront renforcés de la guerre des prix chinoise seront précisément ceux qui auront su, comme BYD, construire une présence internationale solide avant que la situation intérieure ne se dégrade. Sur ce point, le groupe de Shenzhen semble avoir pris une longueur d’avance décisive.
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