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BYD traverse une petite crise financière et parie tout sur l’Europe pour se relancer

François Zhang-Ming

Le géant chinois BYD vient de publier ses résultats du troisième trimestre 2025, et le constat est sans appel : la situation financière se dégrade. Malgré son statut de numéro 1 mondial des voitures électriques, l’entreprise basée à Shenzhen subit de plein fouet une guerre des prix acharnée sur son marché domestique. Face à cette conjoncture difficile, BYD place ses espoirs dans une expansion européenne ambitieuse.

Des résultats financiers en chute libre pour le troisième trimestre

Les chiffres communiqués par BYD révèlent une réalité préoccupante. Le bénéfice net a plongé de 32,6% sur un an, atteignant 7,82 milliards de yuans (environ 951 millions d’euros). Cette dégringolade constitue la plus importante chute enregistrée par le constructeur au cours des quatre dernières années, marquant le second trimestre consécutif de recul pour la marque.

Le chiffre d’affaires n’échappe pas à cette tendance baissière, accusant une diminution de 3,1% pour atteindre 195 milliards de yuans (23,7 milliards d’euros). Selon l’agence Reuters, il s’agit du premier recul de ce type depuis cinq ans. Parallèlement, les ventes de véhicules ont reculé de 1,82% à 1 114 192 unités, marquant la première baisse annuelle depuis le premier trimestre 2021.

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IndicateurQ3 2025Évolution annuelle
Bénéfice net951 millions €-32,6%
Chiffre d’affaires23,7 milliards €-3,1%
Ventes de véhicules1 114 192 unités-1,82%
Marge brute17,61%En baisse

Une guerre des prix destructrice sur le marché chinois

La situation délicate de BYD s’explique principalement par l’intensification de la concurrence sur le marché chinois. La guerre des prix que se livrent les constructeurs locaux a considérablement érodé les marges bénéficiaires. Cette course vers le bas tarifaire, à laquelle BYD a activement participé, atteint désormais des niveaux insoutenables pour l’entreprise.

Le constructeur fait également face à des accusations concernant ses pratiques commerciales, notamment l’utilisation de véhicules zéro kilomètre achetés pour son propre compte et revendus comme occasions. Ces méthodes, qualifiées de “ventes tactiques”, soulèvent des questions sur la stratégie commerciale adoptée par l’entreprise pour maintenir ses volumes.

L’Europe comme bouée de sauvetage stratégique

Face à ces difficultés, BYD mise massivement sur son expansion internationale, particulièrement en Europe. Le constructeur prévoit de doubler ses exportations en 2025 par rapport à l’année précédente, considérant le Vieux Continent comme un marché prioritaire pour sa croissance.

Les premiers résultats européens semblent prometteurs : BYD a écoulé 24 336 véhicules rien qu’en septembre 2025, représentant une progression spectaculaire de 434% par rapport à septembre 2024. Cette performance s’appuie largement sur les modèles hybrides rechargeables, notamment le Seal U DM-i qui constitue une part significative des ventes.

  • Construction de trois usines européennes pour contourner les droits de douane
  • Focus sur les véhicules hybrides rechargeables non soumis aux tarifs douaniers
  • Stratégie d’implantation locale pour réduire les coûts logistiques
  • Adaptation de la gamme aux préférences européennes
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Une révision à la baisse des objectifs 2025

Confronté à cette conjoncture difficile, BYD a été contraint de réajuster ses ambitions. L’entreprise a réduit de 16% son objectif de ventes pour 2025, visant désormais 4,6 millions de véhicules contre les projections initiales plus optimistes.

Sur les neuf premiers mois de 2025, le bénéfice net cumulé a reculé de 7,55% en glissement annuel, bien que le chiffre d’affaires ait progressé de 12,75% sur la même période. Ces résultats contrastés illustrent la pression exercée sur la rentabilité de l’entreprise malgré la croissance du volume d’activité. La marge brute de 17,61% reste légèrement inférieure à celle de Tesla (18%) sur la même période, témoignant de l’intensité concurrentielle du secteur.

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