Ces 3 croyances populaires sur la voiture électrique qui s’avèrent totalement fausses

ParPhilippe Moureau 11 janvier 2024 à 7h53

Dans un monde en pleine transition énergétique, la voiture électrique suscite autant d’enthousiasme que de controverses. Décryptons ensemble les arguments fréquemment débattus sur les réseaux sociaux, pour séparer les mythes des réalités tangibles de cette technologie révolutionnaire.

L’impact carbone des voitures électriques : un bilan mitigé ?

L’émission de gaz à effet de serre est au cœur des préoccupations environnementales. Vous l’avez probablement entendu : les voitures électriques seraient aussi polluantes que les véhicules thermiques, notamment en raison de l’électricité produite par des énergies fossiles. Mais qu’en est-il vraiment ?

D’après l’Agence américaine de protection de l’environnement, une voiture électrique rechargée dans un État fortement dépendant du charbon, comme le Missouri aux Etats-Unis ou bien même en Allemagne, émet environ 153 grammes de CO2 par kilomètre. En comparaison, un véhicule thermique émet 236 grammes en combinant les émissions de la fabrication du carburant et lors de sa consommation. Le bilan est clair : même dans des conditions défavorables, les voitures électriques s’avèrent plus vertueuses.

La situation varie grandement selon les régions. Prenons l’exemple de la France, où l’énergie nucléaire domine, rendant l’empreinte carbone des voitures électriques nettement inférieure en s’approchant des 25 grammes de CO² par kilomètre. En somme, l’empreinte écologique d’une voiture électrique dépend largement de la source d’énergie utilisée pour sa recharge.

En considérant l’intégralité du cycle de vie des voitures électriques, depuis la fabrication des batteries jusqu’au recyclage final, il apparaît clairement que ces véhicules ont une empreinte carbone inférieure à celle des voitures thermiques. Cette conclusion est issue d’une étude approfondie menée par le International Council on Clean Transportation (ICCT), une organisation renommée d’experts dans le domaine.

La controverse autour des batteries : entre mythes et réalités

La fabrication des batteries soulève des questions écologiques et éthiques. Un argument fréquemment cité concerne l’extraction minière intensive requise. Une publication sur Facebook a même affirmé qu’il faudrait extraire 227 tonnes de terre pour une seule batterie. Cependant, cette estimation, issue d’un groupe de recherche climatosceptique, est contestée par de nombreux experts en prônant un chiffre 5 fois inférieur dans la réalité car en effet, tout dépend de la région d’exploration et du type de batterie.

Il est indéniable que l’extraction de métaux nécessaires aux batteries a des répercussions environnementales et sociales. Par exemple, le cobalt, majoritairement extrait en République démocratique du Congo, est souvent associé à des conditions de travail précaires et à l’exploitation infantile.

Mais n’oublions pas les impacts de l’extraction pétrolière. Comparés aux conséquences désastreuses du réchauffement climatique causé par les gaz à effet de serre, les effets de l’extraction minière semblent moins catastrophiques, bien qu’ils ne soient pas négligeables.

La performance des voitures électriques en conditions extrêmes

Un autre débat concerne la fiabilité des voitures électriques dans des situations extrêmes. Une rumeur, propagée après une tempête de neige en Virginie, suggérait que ces véhicules seraient moins fiables, notamment en raison de la décharge rapide de leur batterie dans le froid.

Toutefois, après vérification, cette affirmation s’est révélée infondée. En réalité, les voitures électriques peuvent être tout aussi performantes que les voitures thermiques dans des conditions hivernales voire même supérieures selon les modèles. Une étude menée par le magazine britannique “Which?” a même révélé qu’en situation d’embouteillage, avec divers équipements électroniques activés, une voiture électrique moyenne ne perdait que 2% de sa charge en une heure et quart et pouvait ainsi survivre avec le chauffage ou la climatisation près de 60 heures sur une pleine charge et plus de 30 heures avec une batterie à moitié chargée.

Les voitures électriques représentent une alternative prometteuse aux véhicules traditionnels, avec une empreinte carbone généralement plus faible et une performance fiable, même dans des conditions difficiles. Cependant, des défis demeurent, notamment en ce qui concerne l’extraction des matières premières pour les batteries et leur impact environnemental.

En tant qu’observateurs et utilisateurs, notre rôle est de rester informés et critiques face aux diverses affirmations circulant sur ces technologies. La transition vers une mobilité plus durable est complexe et nécessite une compréhension nuancée des enjeux à la fois environnementaux et technologiques.

Par Philippe Moureau

Quadragénaire passionné de voitures électriques. Je m'intéresse à la transition énergétique et à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Je suis un véritable passionné de voitures électriques et un défenseur de l'environnement.

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