Une nouvelle façon de fabriquer les voitures pourrait faire baisser leur prix de 15 à 20 %
La course à la réduction des coûts de production bat son plein dans l’industrie automobile. Tandis que Tesla mise tout […]
Sommaire
L’écosystème automobile européen accueille un nouveau protagoniste chinois. Changan, géant de l’industrie basé à Chongqing, intensifie sa stratégie d’expansion continentale avec sa marque Deepal. Après avoir testé les eaux dans huit pays européens, dont le Royaume-Uni et la Norvège, le constructeur s’apprête à déployer ses voitures électriques dans trois nouveaux marchés stratégiques.
La démarche s’inscrit dans une dynamique plus large où les constructeurs chinois gagnent progressivement du terrain sur le marché européen. BYD a d’ailleurs démontré cette tendance en dépassant Tesla au début de l’année 2025, principalement grâce à sa gamme hybride. Changan compte bien reproduire ce succès avec une approche différente.
L’Italie et l’Espagne constituent les prochaines cibles de Changan pour 2026. Les deux SUV électriques Deepal S05 et S07 y seront commercialisés respectivement à partir de 39 990 euros et 44 990 euros. Ces tarifs positionnent les véhicules dans un segment premium accessible, face à une concurrence européenne de plus en plus dense.
Le Danemark complète ce trio de nouveaux marchés, avec une commercialisation prévue avant la fin mars 2026. Contrairement aux marchés méditerranéens, seules les versions 100% électriques ont été confirmées pour le territoire danois. Cette différenciation stratégique reflète les particularités locales en matière d’adoption des véhicules électrifiés.
Giuseppe Graziuso, conseiller de Changan pour l’Italie, observe une évolution progressive des mentalités italiennes vers l’électrique. Cette transition mesurée justifie l’introduction de versions hybrides rechargeables au second semestre 2026, offrant une alternative aux consommateurs encore réticents à franchir le cap du tout électrique.
Cette approche pragmatique contraste avec les marchés nordiques, traditionnellement plus réceptifs aux technologies électriques. Le récent revirement européen concernant l’interdiction des moteurs thermiques pourrait néanmoins redistribuer les cartes et modifier les préférences d’achat dans les pays méditerranéens.
Klaus Zyciora, vice-président du groupe Changan, affiche des objectifs ambitieux : huit modèles lancés sur le continent européen dans les trois prochaines années. Cette offensive s’accompagne d’un investissement pharaonique de deux milliards d’euros pour structurer la présence européenne du constructeur.
Le déploiement d’un réseau de 1 000 concessionnaires d’ici 2030 témoigne d’une vision à long terme. Cette infrastructure commerciale permettra d’assurer la vente, mais surtout l’après-vente, point crucial pour rassurer la clientèle européenne vis-à-vis des marques chinoises encore méconnues.
| Pays | Statut | Modèles disponibles | Date de lancement |
|---|---|---|---|
| Royaume-Uni, Norvège | Déjà commercialisés | S05, S07 électriques | 2025 |
| Italie, Espagne | En préparation | S05, S07 + versions PHEV | 2026 |
| Danemark | Confirmé | S05, S07 électriques | Mars 2026 |
Au-delà de Deepal, Changan prépare l’introduction d’Avatr, sa marque de luxe, sur le marché européen. Cette diversification vise à couvrir l’ensemble des segments, des véhicules familiaux aux modèles haut de gamme. Un SUV compact Q05 est également dans les cartons pour une commercialisation fin 2026 ou début 2027.
La France reste étrangement absente des annonces officielles de Changan. Cette situation rappelle celle de Nio, qui a choisi de ne pas inclure immédiatement le marché français dans ses plans de lancement. Les constructeurs chinois semblent privilégier d’autres marchés européens pour leurs phases d’expansion initiales, repoussant l’hexagone à une étape ultérieure de leur développement continental.
L’offensive de Changan s’inscrit dans une recomposition profonde du paysage automobile européen. Avec des investissements massifs et une gamme diversifiée, le constructeur chinois mise sur la durée pour convaincre les automobilistes européens. Reste à voir si cette stratégie permettra de reproduire le succès rencontré par ses compatriotes déjà établis sur le continent.
Réagissez à l'article