Actu voiture électrique

En France, une voiture électrique sur trois est chinoise : l’Europe tire la sonnette d’alarme

Albert Lecoq

L’électrification de l’automobile s’accélère à un rythme effréné, notamment avec l’émergence des fabricants chinois sur le marché européen. Mais il ne faut pas oublier qu’en dehors des marques 100% chinoises, certains grands constructeurs automobiles font également fabriquer leurs modèles intégralement en Chine à l’instar de Tesla, Dacia et même BMW. Une dynamique qui, loin de se limiter à une simple tendance, s’inscrit désormais dans une réalité économique et écologique incontournable. Plongeons ensemble dans ce phénomène.

L’impact des constructeurs chinois sur le marché européen

Transport & Environment (T&E), une organisation non gouvernementale de premier plan, tire la sonnette d’alarme quant à la capacité des constructeurs européens à rivaliser face à l’afflux de véhicules électriques chinois. En effet, le durcissement des normes d’émissions de CO2 par l’Union Européenne a donné un élan considérable à la vente de voitures électriques, avec une progression remarquable de 28 % en 2022 et de 37 % en 2023. L’année 2023 a vu près de 20 % de ces véhicules vendus en Europe être fabriqués en Chine, un chiffre qui pourrait atteindre 25 % cette année 2024 grâce à l’introduction de modèles compétitifs fabriqués en Chine tels que le Volvo EX30, la Mini Cooper, la Smart #3 et le Cupra Tavascan.

A lire également :  La voiture électrique aura bientôt plus d'autonomie que la voiture thermique, c'est confirmé

Cette tendance est encore plus prononcée en France et en Espagne, où près d’un tiers des voitures électriques achetées en 2023 provenaient de Chine. La collaboration entre constructeurs occidentaux et chinois intensifie ce phénomène, avec Tesla et le groupe Renault via Dacia importants respectivement 28 % et 20 % de ces véhicules.

Source : Rapport T&E

Les défis de compétitivité pour l’Europe

La réponse de l’Union Européenne à cette invasion pacifique ne s’est pas fait attendre. L’introduction envisagée de taxes douanières sur les véhicules électriques chinois et leurs batteries pourrait, selon T&E, rééquilibrer les forces en encourageant la relocalisation de la production en Europe. Cependant, cela pourrait ne protéger les constructeurs européens que temporairement, anticipant que les fabricants chinois, à l’instar de BYD, établissent leurs propres installations de production sur le continent.

Pour contrer les subventions étatiques chinoises à son industrie, l’UE pourrait augmenter les taxes d’importation de 10 à 25 %, rendant les véhicules électriques chinois potentiellement plus coûteux. Cette stratégie viserait à soutenir l’industrie locale tout en encourageant l’innovation et la compétitivité.

Source : Rapport T&E

Une révolution dans la production des batteries

Le secteur des batteries lithium-ion est également au cœur de cette transformation. Avec des investissements massifs, l’Europe aspire à devenir autosuffisante dans ce domaine d’ici 2026. Toutefois, la concurrence des prix et la maîtrise technologique chinoise représentent des défis majeurs.

A lire également :  La voiture à hydrogène dans l'impasse : 20 ans après, rien n'a changé

Actuellement, les fabricants chinois proposent des batteries à des prix inférieurs d’au moins 20 % par rapport à ceux de l’Europe, tout en bénéficiant d’une avance sur les technologies et la chaîne d’approvisionnement.

Source : Rapport T&E

Quel avenir pour les constructeurs européens ?

La question de la survie et de la compétitivité de l’industrie européenne des véhicules électriques est plus pressante que jamais. T&E appelle à des mesures décisives pour soutenir l’innovation et la production locales, soulignant le risque de voir l’expertise et les emplois du secteur automobile s’évaporer hors du continent.

L’expérience des grands groupes tels que Stellantis et Volkswagen, qui ont tardé à embrasser pleinement l’électrique, sert d’avertissement. La nécessité de proposer des modèles électriques compétitifs et innovants est cruciale pour retenir les clients et résister à la pression des nouveaux entrants sur le marché.

Renault se distingue par son engagement envers l’efficience, la réduction de l’empreinte carbone et l’abandon de matériaux critiques, témoignant d’une stratégie plus alignée sur les attentes actuelles en matière de mobilité durable. Cette approche pourrait bien représenter un modèle à suivre pour les constructeurs européens cherchant à reprendre l’initiative dans la course à l’électrification.

Réagissez à l'article
S’abonner
Notification pour
guest

0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires