Les batteries solides de Toyota validées par le gouvernement Japonais
Toyota n’est pas le constructeur qu’on associe spontanément à l’avant-garde du tout-électrique. Et pourtant, le géant japonais avance discrètement mais […]
Sommaire
La Ferrari Luce a fait parler d’elle bien avant même d’arriver chez les concessionnaires. Première berline de série de l’histoire de la marque au cheval cabré, premier modèle 100 % électrique signé Ferrari, et première voiture conçue par Jony Ive — l’ancien directeur du design chez Apple — la Luce a suscité autant de curiosité que de scepticisme lors de sa présentation en mai 2026. Pourtant, sur le marché chinois, les chiffres parlent d’eux-mêmes.
Les 88 exemplaires de la Ferrari Luce alloués au marché chinois ont été vendus immédiatement, selon les informations rapportées par CarNewsChina. Le prix affiché ? 3 988 000 yuans, soit environ 586 000 dollars au cours actuel. Autrement dit, il ne s’agit pas d’un achat impulsif : les acheteurs chinois ont délié les cordons de leur bourse sans hésitation, malgré le contexte tendu qui entoure le modèle depuis son dévoilement.
Ce chiffre de 88 unités n’est pas anodin. En Chine, le chiffre 8 est associé à la prospérité et à la chance dans la culture populaire. Qu’il s’agisse d’un hasard de la logistique ou d’un choix marketing délibéré de Ferrari, l’effet symbolique n’aura probablement pas nui à l’engouement local. Quoi qu’il en soit, le résultat est là : sold out en quelques heures, sans que les critiques formulées en Occident n’aient visiblement pesé dans la balance.
Le tableau n’était pourtant pas si rose quelques semaines plus tôt. Lors de la présentation officielle de la Luce, les réactions sur internet ont été particulièrement virulentes. Nombreux sont ceux qui ont reproché au modèle d’être trop sage, trop fonctionnel, pas assez Ferrari. Le fait qu’il s’agisse d’une berline électrique — deux caractéristiques historiquement absentes du catalogue de Maranello — a cristallisé les critiques.
L’impact a été immédiat sur les marchés financiers : le titre Ferrari a chuté de plus de 6 % en une seule séance. Dans la foulée, Enrico Galliera, directeur commercial et marketing de longue date chez Ferrari, a quitté ses fonctions, remplacé par Massimiliano Di Silvestre, ex-patron de BMW Italie. Un changement en haut de l’organigramme qui intervient à un moment particulièrement sensible pour la marque.
Avant son départ, Galliera avait pourtant pris soin de démentir une rumeur tenace, relayée notamment par Bloomberg, selon laquelle les concessionnaires Ferrari auraient contraint leurs clients à acheter une Luce pour pouvoir accéder aux modèles les plus exclusifs et les plus onéreux de la gamme. « C’est totalement inexact », avait-il déclaré à The Drive. « Depuis le début, nous avons clairement indiqué que cette voiture s’adresse à une cible différente. »
Le PDG de Ferrari, Benedetto Vigna, a de son côté affirmé que la Luce « enregistre des commandes » en dépit du bruit ambiant. Et les ventes chinoises semblent lui donner raison. La question que cela soulève est pourtant intéressante : est-ce que le rejet observé sur les réseaux sociaux reflète réellement l’opinion des acheteurs potentiels ?
Probablement pas. Le profil type d’un acheteur de Ferrari Luce — fortuné, souvent familier des marques de luxe, attentif au statut social que confère un tel véhicule — correspond rarement à celui de l’internaute qui passe ses soirées à commenter des vidéos YouTube de présentation automobile. Les deux populations se croisent peu.
Voici quelques éléments qui résument bien la situation autour de ce lancement :
Il reste une interrogation que les prochains mois permettront peut-être d’éclaircir. Plusieurs observateurs du secteur se demandent si les 88 acheteurs chinois de la Luce ne se retrouveront pas, à terme, en position privilégiée pour accéder aux futures hypercars Ferrari — ces modèles à production ultra-limitée dont l’accès est habituellement réservé aux clients les plus fidèles. Si tel était le cas, l’argument commercial de la Luce prendrait une dimension supplémentaire, bien au-delà du débat sur son style ou sa motorisation électrique.
Ferrari n’a pour l’instant rien confirmé en ce sens. Mais dans un marché du luxe où l’accès aux modèles les plus rares constitue en soi une monnaie d’échange, la Luce pourrait bien se révéler être un investissement plus stratégique qu’il n’y paraît — pour la marque comme pour ses acheteurs.
Réagissez à l'article