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Ferrari Luce : les premiers essais sont là, et c’est bien meilleur qu’on ne le pensait

Michael Ptaszek

Quand Ferrari a dévoilé la Luce, sa toute première voiture électrique, la réaction du public n’a pas vraiment ressemblé à une standing ovation. Les forums s’enflammaient, les commentaires pleuvaient, et la critique principale était presque unanime : ce n’est pas vraiment une Ferrari. Le design, atypique pour la marque au cheval cabré, a concentré l’essentiel des critiques. Mais depuis la levée de l’embargo presse sur les premiers essais d’un prototype avancé, le discours change du tout au tout. Les journalistes qui ont eu la chance de la conduire livrent des impressions qui méritent qu’on s’y arrête sérieusement.

Un design controversé, mais un comportement routier qui rappelle les vraies Ferrari

La Luce est une berline électrique. C’est déjà, en soi, un écart radical avec ce que Maranello a toujours produit. Elle est aussi la voiture la plus longue et la plus lourde jamais construite par Ferrari, avec près de 2 270 kg sur la balance et une longueur qui dépasse celle du Purosangue de plus de cinq centimètres. Sur le papier, c’est tout ce qu’un Ferrari ne devrait pas être.

Et pourtant. Angus MacKenzie, rédacteur européen de MotorTrend, résume la chose avec une formule qui dit beaucoup : « La Luce danse sur la route. Elle se montre naturelle dans ses réponses, fluide et précise dans ses changements de direction, et magnifiquement équilibrée dans toutes les phases d’un virage, du freinage appuyé à la pleine accélération. » La direction est décrite comme légère et linéaire, avec un retour d’information de qualité à travers un volant à jante fine. Ce sont exactement les termes que l’on utilise pour décrire les meilleures Ferrari de l’histoire. Ce n’est pas anodin.

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Chez Top Gear, Jason Barlow s’est montré tout aussi surpris : « Elle glisse comme une Ferrari. Je suis stupéfait de la voir aussi à l’aise. » Les images embarquées de leur essai montrent effectivement une voiture qui se place avec une aisance déconcertante, capable d’initier des dérives et de les contrôler proprement, comme si son poids n’existait pas. La combinaison d’un centre de gravité très bas grâce au plancher de batteries et d’une suspension travaillée semble faire des miracles.

Le son Ferrari dans une voiture électrique : une vraie prouesse technique

C’est peut-être le point le plus discuté avant même les premiers essais : comment Ferrari allait-elle gérer le silence inhérent à une voiture électrique ? La réponse apportée par les ingénieurs de Maranello est aussi ingénieuse qu’honnête. Plutôt que d’injecter un son synthétique préenregistré dans les haut-parleurs — une pratique courante mais souvent artificielle — Ferrari a opté pour une approche différente.

Un accéléromètre haute précision fixé sur l’onduleur du moteur arrière capte en temps réel les vibrations et sons mécaniques réels générés par le moteur électrique. Ces données sont ensuite amplifiées dans l’habitacle, les fréquences parasites étant filtrées au passage. Le résultat : ce que vous entendez dans l’habitacle, c’est le son réel du moteur, pas une illusion sonore. Comme le note MacKenzie, « vous entendez littéralement la vitesse du moteur électrique varier en réponse à vos sollicitations et à la charge. Vous pouvez par exemple entendre l’instant précis où les pneus arrière commencent à perdre l’adhérence. » Aucune autre voiture électrique sur le marché n’offre ce niveau de retour auditif informatif en temps réel.

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Ce n’est pas le son d’un V12 Ferrari, et personne ne prétend que ça l’est. Mais c’est un son authentique, mécanique, et porteur d’information. Pour un conducteur attentif, c’est même un outil de pilotage à part entière.

Les palettes au volant : une idée simple qui change tout

Ferrari a également intégré un système de palettes au volant dont le fonctionnement sort de l’ordinaire. La plupart des voitures électriques utilisent ces commandes pour ajuster le niveau de freinage régénératif, et la Luce ne fait pas exception pour la palette gauche. C’est la droite qui retient l’attention.

  • Palette gauche : ajuste le niveau de freinage régénératif, du mode roue libre à la récupération maximale.
  • Palette droite : augmente progressivement le couple disponible sous le pied droit, par paliers successifs, simulant la sensation d’un changement de rapport.

Cette mécanique est subtile mais efficace. En tirant la palette droite plusieurs fois depuis un départ arrêté, le conducteur a l’impression d’« ouvrir » les gaz progressivement, comme on monterait les rapports dans une boîte manuelle. C’est évidemment une simulation — le couple est là dès le départ — mais elle fonctionne émotionnellement. Les journalistes l’ont unanimement saluée comme l’un des éléments qui rendent la Luce plus engageante à conduire qu’une berline électrique ultra-rapide ordinaire.

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Prix, production et premiers chiffres de vente

La Ferrari Luce n’est clairement pas une voiture pour tout le monde, et son prix s’en charge de le rappeler rapidement. Avec un tarif dépassant les 590 000 euros, elle se positionne dans une stratosphère où peu de constructeurs osent s’aventurer avec un véhicule électrique.

CaractéristiqueValeur
Prix de départPlus de 590 000 €
Poids~2 270 kg
Longueur vs Purosangue+5 cm
Objectif de production 2026500 unités
Délai pour atteindre l’objectifMoins de deux mois

Ferrari s’était fixé un objectif de 500 exemplaires à livrer cette année, ce qui peut sembler modeste. Mais au regard du prix, c’est une performance commerciale remarquable, d’autant que selon le Financial Times, cet objectif aurait été atteint en moins de deux mois. Les détracteurs du design peuvent continuer à exprimer leurs réserves — et ils n’ont pas nécessairement tort sur l’esthétique — mais la Luce trouve visiblement preneur auprès d’une clientèle qui, elle, ne juge pas uniquement sur les apparences. Si l’on en croit les premiers retours de conduite, cette clientèle a probablement fait un très bon choix.

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