Renault : projets annulés, filiales supprimées… le grand carnage a commencé
François Provost tient les rênes de Renault depuis l’été 2025. Le nouveau directeur général succède à Luca de Meo, parti […]
Sommaire
Le constructeur japonais Honda vient de clarifier sa position sur l’électrification en déclarant que les voitures électriques ne constituent pas un objectif en soi. Cette prise de position surprenante intervient après que l’entreprise ait revu à la baisse ses ambitions électriques, réduisant de 30 % son budget d’électrification initialement fixé à 10 000 milliards de yens (68 milliards de dollars). La marque abandonne également son objectif de 30 % de ventes électriques d’ici la fin de la décennie.
Jay Joseph, récemment nommé PDG de Honda Australie, a exprimé clairement la philosophie de l’entreprise lors d’un entretien avec le magazine Drive. Selon lui, “les véhicules électriques à batterie constituent un chemin vers la neutralité carbone, pas nécessairement le seul chemin”. Cette approche pragmatique contraste avec la course effrénée à l’électrification que mènent la plupart des constructeurs automobiles.
Honda maintient son engagement d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 pour l’ensemble de ses produits et activités corporatives. L’entreprise mise sur plusieurs technologies complémentaires, incluant les batteries solid-state en développement, mais refuse de se limiter à une seule solution technique. Cette stratégie diversifiée pourrait s’avérer judicieuse face aux défis actuels de l’électrification, notamment les problèmes d’approvisionnement en matières premières et les limitations d’autonomie.
Le constructeur japonais n’a pas abandonné ses recherches sur l’hydrogène, contrairement à d’autres acteurs comme Stellantis qui considère cette technologie comme un “segment de niche”. Honda développe actuellement le CR-V e:FCEV, un véhicule à pile à combustible hybride rechargeable équipé d’une batterie de 17,7 kWh offrant 47 kilomètres d’autonomie électrique.
Cette approche trouve des échos chez d’autres constructeurs asiatiques. Toyota et Hyundai restent convaincus du potentiel de l’hydrogène, tandis que BMW prévoit de lancer un véhicule à pile à combustible en 2028 en partenariat avec Toyota. Les constructeurs japonais explorent même les moteurs à combustion fonctionnant à l’hydrogène liquide, aux biocarburants et aux carburants synthétiques.
Le principal obstacle au développement de ces technologies alternatives reste l’infrastructure. Selon H2stations.org, seulement 1 160 stations de ravitaillement en hydrogène étaient opérationnelles dans le monde fin 2024. Cette faiblesse du réseau limite considérablement l’adoption des véhicules à hydrogène, malgré leurs avantages en termes de temps de recharge et d’autonomie.
La situation est encore plus critique pour les carburants synthétiques, dont l’infrastructure est pratiquement inexistante à l’exception de quelques projets pilotes comme l’usine Porsche au Chili. Cette réalité explique pourquoi Honda considère les véhicules électriques à batterie comme “le chemin évident à court et moyen terme”, tout en préparant l’avenir avec d’autres technologies.
La position de Honda fait écho aux déclarations controversées d’Akio Toyoda, président de Toyota, qui prédit que les véhicules électriques traditionnels ne dépasseront jamais 30 % de part de marché. Cette prédiction semble pourtant contredite par les chiffres actuels de l’Agence internationale de l’énergie.
Les véhicules électriques conventionnels ont représenté plus de 20 % des ventes mondiales en 2024 et sont en passe de dépasser 25 % cette année. En Europe, l’Association des constructeurs automobiles européens rapporte que les véhicules électriques ont atteint 17,5 % des ventes au premier semestre 2025, contre 13,9 % l’année précédente.
| Région | Part de marché 2024 | Évolution |
|---|---|---|
| Mondial | 20 % | +25 % prévu en 2025 |
| Europe | 17,5 % | +3,6 points vs 2024 |
| Chine | Leader mondial | Croissance soutenue |
Cette approche multi-technologique de Honda reflète une certaine prudence face à l’incertitude du marché automobile. Plutôt que de miser uniquement sur l’électrique à batterie, le constructeur préfère garder plusieurs fers au feu, une stratégie qui pourrait lui permettre de mieux s’adapter aux évolutions futures du marché et aux contraintes réglementaires variables selon les régions du monde.
Réagissez à l'article