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Hyundai annonce l’impensable : ses prochaines voitures rouleront grâce aux déchets

Philippe Moureau

Alors que la course à la neutralité carbone s’accélère dans l’industrie automobile, Hyundai, propriétaire de Kia, semble jouer une partition différente avec un objectif fixé à 2050. La stratégie du constructeur sud-coréen s’articule désormais autour des piles à combustible à hydrogène, extraites de déchets plastiques, alimentaires et organiques. Ces nouvelles sources alimenteront une gamme variée de véhicules électriques, des voitures particulières aux camions de gros tonnage. Cependant, un défi majeur persiste : le manque de stations de recharge pour ces technologies.

Hyundai et l’hydrogène : une vision ambitieuse pour l’avenir

Hyundai se positionne parmi les pionniers de la technologie des piles à combustible à hydrogène, aux côtés de géants comme GM, Toyota et Honda. Lors du CES à Las Vegas, le constructeur a réitéré l’importance de l’hydrogène comme pilier de sa stratégie de durabilité, le considérant comme une source d’énergie propre essentielle.

Jay Chang, président et PDG de Hyundai Motor Company, souligne que l’hydrogène propre devrait être accessible à tous, pour alimenter une multitude d’applications, des voitures particulières aux bus et camions, en passant par les tramways, les bateaux, les générateurs d’énergie, la mobilité aérienne avancée et les équipements spéciaux.

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La gamme Nexo : l’avant-garde de l’hydrogène chez Hyundai

Hyundai n’en est pas à ses débuts avec les véhicules électriques à pile à combustible, comme en témoigne sa gamme Nexo déjà en production de masse. Actuellement, le crossover compact Hyundai Nexo 2024 et la berline Toyota Mirai sont les deux seuls véhicules électriques à pile à combustible disponibles sur le marché actuellement que l’on peut acheter en tant que particulier.

Contrairement aux voitures électriques classiques, les véhicules à pile à combustible fonctionnent avec de l’hydrogène comprimé. Pour “recharger”, il suffit de remplir le réservoir via une pile à combustible en environ cinq minutes. Pour le Nexo, une recharge offre une autonomie de plus de 600 km, avec pour seuls rejets de la vapeur d’eau.

Le défi de l’infrastructure à hydrogène

Le principal obstacle au développement des véhicules électriques à hydrogène reste l’infrastructure de recharge quasi inexistante. Si la Chine possède le plus grand réseau de stations de recharge, ce n’est pas le cas de l’Europe ou les stations de recharge sont très rares. En France, il existe 46 stations de recharge publiques d’hydrogène. De plus, stocker de l’hydrogène nécessite des pressions élevées, des températures basses ou des processus chimiques pour le maintenir compact.

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Hyundai et la production de l’hydrogène vert

Hyundai développe également des capacités de production d’électrolyseurs à membrane échangeuse de protons à l’échelle du mégawatt pour la production d’hydrogène vert. Cette transition se fera via la marque HTWO, lancée en 2020, spécialisée dans les systèmes de piles à combustible à hydrogène.

Pour produire de l’hydrogène, Hyundai se concentre sur les méthodes Waste-to-Hydrogen, transformant les déchets organiques, comme les restes alimentaires et le fumier, en biogaz. Ce biogaz est ensuite traité pour capturer le CO2 et produire de l’hydrogène. Une autre méthode, Plastic-to-Hydrogen, utilise des déchets plastiques recyclables, les transformant d’abord en gaz, puis en hydrogène après avoir éliminé les éléments non essentiels.

Hyundai à l’avant-garde de la technologie

Chez Hyundai, l’innovation ne s’arrête pas à l’hydrogène. La firme a présenté au CES des technologies novatrices, notamment le concept de “Software-defined Everything”. L’objectif est de transformer tous les appareils mobiles, les flottes et les écosystèmes en actifs précieux via des logiciels avancés et l’IA. Hyundai s’aligne ainsi sur des constructeurs comme Tesla, avec des véhicules définis par logiciel, mis à jour par des mises à jour à distance.

Cette orientation logicielle promet des améliorations significatives en matière d’infodivertissement, une nouvelle bibliothèque d’applications et le développement de SDK pour les développeurs. L’IA jouera un rôle clé, avec une assistance vocale intégrée facilitant la communication entre le véhicule et le conducteur. L’investissement de 100 millions de dollars de Hyundai dans le fabricant de puces IA Tenstorrent témoigne de cette ambition.

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