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Mauvaise nouvelle pour les hybrides rechargeables en France

Albert Lecoq

Les mutations réglementaires annoncées redéfinissent le paysage automobile, et notamment l’attrait des véhicules hybrides rechargeables (PHEV). Ces changements auront un impact notable, particulièrement pour les flottes d’entreprises, traditionnellement séduites par la fiscalité avantageuse de ces modèles. La situation est sur le point de prendre un tournant décisif à partir de 2025, lorsque les nouvelles mesures impacteront significativement l’intérêt économique de ces véhicules.

Évolution des ventes et impact réglementaire futur

Malgré un relatif regain d’intérêt pour les PHEV en Europe, avec une hausse de 6,7 % des ventes entre janvier et avril, ces véhicules figurent toujours derrière les modèles électriques purs. En France, les voitures hybrides rechargeables captent 8 % du marché contre 17 % pour les véhicules électriques. Les projections suggèrent un écart croissant, notamment en raison d’une évolution des réglementations dès 2025 qui pénalisera plus sévèrement les hybrides rechargeables.

Le système actuel d’homologation, favorable aux PHEV en raison de leur capacité à rouler en mode entièrement électrique, va subir une refonte. Cette nouvelle approche tendra à refléter plus fidèlement la réalité des émissions de ces véhicules, qui en usage quotidien, et surtout non recharge, dépassent largement les valeurs actuellement annoncées.

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Changement de méthode dans le calcul des émissions

Dès 2025, la méthode de calcul des émissions de CO2 va être revue. Les émissions homologuées devraient, selon les anticipations, voir une augmentation considérable. L’écart entre l’utilisation en mode électrique et en mode thermique s’accroît nettement avec l’usage, en particulier lorsque les véhicules ne sont pas régulièrement rechargés, ce qui est souvent le cas des voitures de flotte. Cette réalité, une fois reflétée dans les émissions certifiées, diminuera la position de faveur dont bénéficient actuellement les PHEV avec des émissions souvent sous-évaluées.

Cette réévaluation aura des conséquences substantielles sur la taxabilité de ces véhicules. À titre d’exemple, une modification de la législation prévoit la suppression de l’exonération de la taxe annuelle sur les émissions de CO2 pour les PHEV des entreprises, cette suppression s’appliquant dès le dépassement de seuils qui, actuellement bénéficient d’exonérations. De même, les véhicules atteignant un certain poids seront également taxés, une mesure qui s’aligne sur celles appliquées aux véhicules à combustion interne.

L’impact fiscal des nouveaux règlements

Le contexte fiscal autour des PHEV se durci de manière notable. En effet, dès le début de l’année 2025, en plus de l’augmentation des émissions certifiées, les PHEV seront aussi sujets au malus au poids, politique déjà appliquée aux modèles thermiques. Cela se traduit par une taxe supplémentaire sur chaque véhicule excédant la limite de 1600 kg (après déduction de 200 kg pour les modèles hybrides rechargeables). Cette mesure s’avèrera pénalisante en particulier pour les véhicules équipés de batteries plus volumineuses, ajoutant significativement à la masse totale du véhicule.

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Cet ajustement de batterie, visant à prolonger l’autonomie en mode électrique, se retourne ironiquement contre cette catégorie de véhicules sur le plan fiscal. Les modèles typiques, tel un Toyota RAV4 PHEV pesant jusqu’à 1910 kg, seront ainsi soumis à cette taxe progressive, augmentant d’autant les coûts liés à leur possession.

Le maintien du véhicule électrique hors des radars fiscaux

Alors que les hybrides rechargeables font face à un avenir fiscal incertain, les véhicules électriques purs continuent de bénéficier d’une fiscalité plus clémente. Non concernée par les modifications réglementaires à venir, la voiture électrique demeure un bastion de stabilité dans un contexte de durcissement législatif. Cette situation pourrait renforcer l’attrait des consommateurs et des entreprises pour une transition accélérée vers des options entièrement électriques, à la fois pour des raisons environnementales et économiques.

La période à venir, marquée par des changements législatifs substantiels, impose de repenser la stratégie d’acquisition de véhicules. Les implications fiscales de l’adoption de phev, autrefois perçues comme une alternative efficiente, pourraient détourner de nombreux utilisateurs professionnels et individuels. À ce titre, 2025 marquera un tournant décisif dans la compétitivité des véhicules hybrides rechargeables sur le marché français.

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