La nouvelle Lamborghini Temerario fait parler d’elle pour une raison inattendue : sa propension à transformer le gravier de route en projectiles dangereux pour les automobilistes qui la suivent. Cette supercar hybride, première de la marque à combiner un V8 biturbo avec trois moteurs électriques, pose un problème technique surprenant directement lié à sa motorisation électrifiée et à son design agressif.
Matt Farah, animateur de l’émission The Smoking Tire, a récemment témoigné d’une expérience pour le moins coûteuse : lors du tournage d’un essai de la Temerario en version européenne, il a vu trois pare-brises se fissurer sous l’impact de graviers projetés par la Lamborghini. Plus troublant encore, il a lui-même reçu une pierre au visage lors d’une prise de vue en Corvette ZR1 décapotable, une mésaventure qui aurait pu mal tourner sans ses lunettes de soleil.
Un design radical qui expose dangereusement les pneus arrière
L’architecture de la Temerario révèle immédiatement l’origine du problème. Lamborghini a opté pour un bouclier arrière taillé très haut, exposant environ deux tiers des pneus arrière. Cette approche esthétique, indéniablement spectaculaire, confère à la supercar une allure agressive unique sur le marché des supercars hybrides.
Cette solution stylistique rappelle l’exposition des roues d’un semi-remorque dépourvu de bavettes anti-projections. Si l’effet visuel séduit, les conséquences pratiques s’avèrent problématiques pour quiconque suit la voiture de près. Matt Farah compare d’ailleurs la Temerario à un véritable “canon à gravier”, recommandant de maintenir une distance d’au moins 15 mètres pour éviter tout dommage.
La puissance électrique instantanée aggrave le phénomène
La motorisation hybride de la Temerario amplifie considérablement ce problème de projection de graviers. La supercar italienne embarque trois moteurs électriques : deux alimentent les roues avant, tandis que le troisième, positionné entre le vilebrequin et la boîte de vitesses, délivre un couple instantané de 298 Nm. Cette configuration vise à compenser le délai de réponse des turbos du V8 en fournissant une poussée immédiate dès la sollicitation de l’accélérateur.
Ce couple électrique instantané crée un cisaillement important au niveau de la zone de contact des pneus avec la chaussée. Les pneumatiques sport, conçus pour maximiser l’adhérence, ont naturellement tendance à “capturer” les petites pierres dans leur gomme et leurs sculptures. L’intervention brutale du moteur électrique peut alors faciliter l’incrustation de ces éléments dans le pneu lors des phases d’accélération ou de relance.
Lamborghini a équipé la Temerario d’un mode Drift inédit pour la marque, qui risque d’aggraver encore ce phénomène de projection. Lorsque les roues arrière patinent volontairement pour maintenir un angle de dérive, la vitesse de rotation des pneumatiques augmente mécaniquement, intensifiant la force centrifuge qui éjecte les graviers incrustés dans la gomme.
Cette problématique soulève des questions sur la responsabilité du constructeur. Matt Farah s’étonne qu’une voiture puisse être commercialisée avec des pneus arrière aussi exposés, suggérant même qu’une action collective pourrait voir le jour. La législation européenne et américaine ne semble pas encore avoir anticipé ce type de configuration sur les véhicules de série.
Une réflexion plus large sur l’évolution des supercars électrifiées
Ce cas illustre les défis inattendus que pose l’électrification des supercars. Le couple instantané des moteurs électriques, s’il améliore indéniablement les performances et l’agrément de conduite, peut créer des effets de bord imprévus. Les constructeurs devront probablement repenser certains aspects du design pour accompagner cette transition technologique.
La Temerario n’est que le début de cette nouvelle génération de supercars hybrides. Ferrari avec ses modèles électrifiés, McLaren avec sa gamme hybride, et bientôt d’autres marques prestigieuses devront intégrer ces contraintes dans leur processus de développement. L’industrie automobile de luxe apprend à ses dépens que la performance électrique ne se limite pas aux chiffres d’accélération et de puissance.
Pour les propriétaires potentiels, cette particularité ne devrait pas forcément constituer un frein à l’achat. Comme le résume Matt Farah : “Vous ne voulez pas être derrière, vous voulez être dedans. À l’intérieur, ce n’est pas un problème, elle se conduit si bien.” La Temerario reste une supercar hybride exceptionnelle, à condition de respecter les distances de sécurité avec les autres usagers.
Rédigé par Philippe Moureau
Quadragénaire passionné de voitures électriques. Je m'intéresse à la transition énergétique et à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Je suis un véritable passionné de voitures électriques et un défenseur de l'environnement.
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