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La McMurtry Spéirling PURE : 1 000 ch, ventouses géantes et 1,3 million de dollars

Michael Ptaszek

Il existe des voitures de sport, des hypercars, et puis il existe la McMurtry Spéirling PURE. Cette hypercar électrique britannique joue dans une catégorie à part, non pas parce qu’elle affiche des chiffres impressionnants sur le papier, mais parce qu’elle repose sur un principe physique que personne d’autre n’a encore osé industrialiser : des ventilateurs géants intégrés sous la carrosserie pour coller littéralement l’auto à la route. Après plusieurs années de développement et de records sur circuits, McMurtry lève enfin le voile sur la version de série. Prix d’entrée : 995 000 livres sterling, soit environ 1,3 million de dollars ou 1,15 million d’euros. Production limitée à 100 exemplaires. Voici ce que vous devez savoir.

Le problème que McMurtry cherchait à résoudre : les pneus, facteur limitant des voitures électriques hautes performances

Les voitures électriques les plus puissantes disponibles aujourd’hui se heurtent toutes au même obstacle : les pneumatiques. On parle de véhicules désormais qualifiés de « traction-limited », c’est-à-dire que la puissance disponible dépasse largement ce que les pneus sont capables de transmettre au sol. Peu importe la quantité de chevaux sous le capot, si les roues patinent, vous ne faites que consommer des gommes. Ce plafond physique empêche les constructeurs d’exploiter pleinement leurs groupes motopropulseurs, quelle que soit leur sophistication.

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La solution qu’a retenue McMurtry existe pourtant depuis les années 1970. À l’époque, des écuries de Formule 1 avaient développé des “fan cars“, des monoplaces équipées de ventilateurs aspirant l’air sous la voiture pour créer une zone de basse pression. L’effet est immédiat : le véhicule est plaqué au sol sans que son poids augmente, ce qui démultiplie l’adhérence. Le concept s’était révélé tellement efficace qu’il avait été interdit presque immédiatement. McMurtry, jeune constructeur britannique basé dans les Cotswolds, a repris ce principe et l’a appliqué à une hypercar électrique moderne. Tesla a d’ailleurs déposé un brevet similaire, possiblement en vue d’une future Roadster, mais à ce jour, personne d’autre n’est passé à la production.

Des records sur circuit qui parlent d’eux-mêmes

Avant même d’exister en version de série, le prototype Spéirling s’était déjà chargé de démontrer la validité du concept sur les circuits les plus emblématiques. En 2022, lors du Goodwood Festival of Speed, la voiture avait battu le record de la côte détenu par la Volkswagen ID.R, qui avait elle-même effacé un record vieux de vingt ans établi par une monoplace de Formule 1. Sur le circuit du Top Gear Test Track, elle avait effacé un record de F1 datant de deux décennies avec 3 secondes d’avance. À Laguna Seca, sans même sembler forcer, elle avait devancé tous ses adversaires de 6 secondes. Sur des circuits courts, un tel écart équivaut à une domination totale.

Ces performances ne sont pas le fruit d’une puissance brute incontrôlée. Elles s’expliquent par la combinaison d’une masse contenue et d’un appui aérodynamique hors normes. Le système de ventilateurs génère 2 000 kg d’appui vertical dès l’arrêt complet, ce qui permet théoriquement à la Spéirling de rouler à l’envers sur un plafond, à condition que ce dernier soit solide. En virage ou au freinage, la voiture peut encaisser jusqu’à 3 G latéraux. Pour vous donner un point de comparaison, un pilote de chasse subit des forces similaires en manœuvre.

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Fiche technique de la Spéirling PURE : les chiffres de la version de série

La version de production reprend l’essentiel de l’ADN du prototype, tout en intégrant 95 % de composants entièrement nouveaux. La carrosserie a été agrandie pour accueillir une batterie de 100 kWh, contre 60 kWh sur le prototype. Cela se traduit par une masse en hausse : 1 350 kg au lieu de 1 050 kg. Un surpoids assumé, car sans cette capacité énergétique, l’autonomie sur circuit serait insuffisante pour une utilisation réaliste.

  • Puissance combinée : 1 000 ch (deux moteurs électriques, tous deux sur l’essieu arrière — propulsion pure)
  • Accélération 0 à 100 km/h : environ 1,7 seconde (annoncé 0-60 mph en 1,55 s)
  • Vitesse maximale : 306 km/h
  • Appui aérodynamique à l’arrêt : 2 000 kg grâce aux ventilateurs
  • Appui en courbe / freinage : jusqu’à 3 G latéraux
  • Capacité de la batterie : 100 kWh
  • Autonomie sur circuit (rythme LMP2) : environ 40 à 50 km
  • Recharge de 20 % à 95 % : entre 20 et 60 minutes selon la température et la puissance du chargeur
  • Production : 100 unités, usine McMurtry dans les Cotswolds, Angleterre
  • Prix : 995 000 £ (~1,3 M$ / ~1,15 M€)

Le choix de la propulsion arrière mérite d’être souligné. McMurtry aurait pu opter pour les quatre roues motrices afin de maximiser encore les performances sur le papier, mais les deux moteurs sont positionnés exclusivement sur l’essieu arrière. C’est un choix délibéré, qui préserve les sensations de conduite et la pureté du comportement dynamique. Cela dit, avec 2 000 kg d’appui au sol même à vitesse nulle, le problème de motricité est réglé d’une autre manière.

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Une hypercar de circuit qui se veut accessible… dans les limites du raisonnable

McMurtry insiste sur un point : contrairement à de nombreuses voitures de circuit extrêmes qui nécessitent une équipe d’ingénieurs dédiée pour fonctionner, la Spéirling PURE peut se contenter d’un pilote et d’un ami compétent. C’est une promesse engageante pour une machine de ce niveau. Les acheteurs bénéficieront par ailleurs du McMurtry Owners Club, qui organisera des journées circuit avec accompagnement technique et formation à la conduite par les ingénieurs de la marque.

La voiture est homologuée pour plusieurs compétitions, dont le GT1 Sports Club, le Global Time Attack et l’European Time Attack Masters. L’habitacle peut accueillir un pilote mesurant jusqu’à 2 mètres dans un baquet moulé sur mesure. Le coffre, minimaliste, loge juste un casque et un dispositif HANS. La climatisation est disponible en option. McMurtry prévoit de livrer les premiers exemplaires avant la fin de l’année 2026 et présentera la voiture au Goodwood Festival of Speed (9-12 juillet) ainsi qu’au Quail à Carmel (14 août).

Si vous envisagez de passer commande, sachez que McMurtry accepte les demandes de renseignements via son site officiel. Mais si votre garage actuel ne contient qu’une citadine de milieu de gamme, il est probable que votre dossier ne remonte pas très vite dans la pile.

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