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A peine annoncée, la nouvelle Peugeot 408 électrique est déjà dépassée

Philippe Moureau

Peugeot vient de dévoiler la version restylée de sa 408 au Salon de Bruxelles, une mise à jour principalement esthétique qui concerne également sa variante 100% électrique. Si les modifications visuelles suivent les codes actuels de la marque, les évolutions techniques restent timides sur ce modèle qui peine à convaincre le public français.

Cette berline surélevée, dernière représentante du segment dans la gamme du constructeur sochalien depuis l’abandon de la 508, doit composer avec un environnement concurrentiel particulièrement tendu. Les chiffres de vente parlent d’eux-mêmes : seulement 292 exemplaires de la version électrique ont trouvé preneur en France l’an dernier, la reléguant au 93e rang des ventes de véhicules électriques.

Design modernisé : nouvelle signature lumineuse et phares dédoublés

Le restylage de la Peugeot 408 s’inspire directement des modifications apportées récemment à la 308. La face avant constitue le principal chantier de cette évolution, avec une calandre entièrement repensée qui adopte les derniers codes esthétiques de la marque au lion. L’innovation principale réside dans le dédoublement des phares : les éléments visibles en partie haute se contentent de la signature lumineuse, désormais prolongée sur toute la largeur par des crocs illuminés qui encadrent le logo Peugeot.

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Les véritables projecteurs fonctionnels se cachent dans un masque noir situé en partie basse du bouclier. Cette architecture permet à Peugeot de conserver l’expressivité qui caractérise sa gamme actuelle tout en gagnant en modernité. À l’arrière, la signature lumineuse intègre maintenant le lettrage Peugeot, complétant cette mise à jour visuelle.

La palette chromatique s’enrichit d’une nouvelle teinte baptisée Flare Green, un coloris évoluant entre le jaune et le vert qui apporte une touche de fraîcheur à cette gamme. Les dimensions restent inchangées avec ses 4,69 mètres de long, 1,85 mètre de large et 1,49 mètre de haut, conservant cette silhouette de crossover qui caractérise le modèle.

Habitacle préservé avec quelques améliorations fonctionnelles

L’intérieur de la 408 restylée demeure fidèle à la philosophie actuelle de Peugeot. L’architecture générale reprend celle de la 308, avec le désormais classique i-Cockpit associant le petit volant caractéristique de la marque, un combiné d’instrumentation numérique de 10 pouces et un écran central de dimensions identiques. Les versions les mieux équipées peuvent recevoir les i-Toggles, un écran proposant cinq raccourcis personnalisables.

Peugeot annonce l’intégration de nouveaux matériaux et de nouvelles selleries, sans révéler davantage de détails sur ces évolutions. L’empattement de 2,79 mètres continue de garantir une habitabilité généreuse aux places arrière, tandis que le volume de coffre atteint 468 litres sur la version électrique.

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La nouveauté principale pour la E-408 concerne l’arrivée d’un planificateur d’itinéraire intégré sur les versions dotées de navigation, accompagné d’une fonction de préconditionnement de la batterie destinée à optimiser les temps de charge. Cette fonctionnalité, devenue indispensable sur le marché des véhicules électriques, permet d’anticiper les étapes de recharge lors des longs trajets.

Performance électrique limitée par la plateforme EMP2 Evo

L’architecture technique de la E-408 révèle les contraintes liées à l’utilisation de l’ancienne plateforme EMP2 Evo héritée de l’ère PSA. La batterie conserve sa capacité utile de 58,2 kWh, permettant d’atteindre une autonomie maximale de 456 kilomètres selon le cycle WLTP. Cette progression d’un kilomètre par rapport à la version précédente résulte d’une optimisation marginale de la consommation, désormais établie à 14,7 kWh/100 km.

Les performances de recharge demeurent inchangées avec une puissance maximale de 120 kW, permettant de passer de 20 à 80% de charge en 30 minutes. Si ces valeurs restaient acceptables il y a quelques années, elles accusent désormais un retard face aux standards actuels du marché. L’ajout de la fonction V2L (vehicle-to-load) permet néanmoins de transformer le véhicule en source d’alimentation pour des appareils électroniques externes.

La comparaison avec la concurrence directe met en évidence les limites de cette proposition technique :

  • Tesla Model 3 Standard : 534 km d’autonomie pour 36 990 euros
  • Mercedes CLA électrique : 541 km d’autonomie (avec la même capacité de batterie de 58 kWh) et recharge de 10 à 80% en 20 minutes pour 48 050 euros
  • Peugeot E-408 : 456 km d’autonomie et recharge de 20 à 80% en 30 minutes pour environ 42 700 euros
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Gamme élargie avec une hybride rechargeable renforcée

Parallèlement à la version électrique, Peugeot fait évoluer sa variante hybride rechargeable qui gagne en puissance. Cette motorisation affiche désormais 240 chevaux contre 225 précédemment, grâce à l’optimisation de l’association entre le moteur thermique et l’unité électrique. L’autonomie en mode électrique progresse également pour atteindre 88 kilomètres, rendue possible par une batterie de 14,6 kWh nets.

Cette évolution positionne la version hybride rechargeable comme une alternative crédible pour les automobilistes souhaitant concilier usage quotidien électrique et liberté sur les longs trajets. La version micro-hybride de 145 chevaux complète la gamme en tant que porte d’entrée, conservant ses caractéristiques actuelles.

Bien que Peugeot n’ait pas encore communiqué les tarifs définitifs de cette 408 restylée, les premiers éléments suggèrent une stratégie de continuité. La E-308 récemment mise à jour débute à 42 600 euros, laissant présager un positionnement similaire pour sa grande sœur. Cette politique tarifaire maintient la E-408 dans une zone de prix délicate, face à une Model 3 plus performante et moins chère, ou une CLA allemande certes plus onéreuse mais techniquement plus avancée. Le défi commercial reste donc entier pour cette berline française qui cherche encore sa place sur un marché électrique en pleine mutation.

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