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Renault traverse depuis quelques années une période créative particulièrement inspirée. Après la Renault 5 électrique, la nouvelle Twingo et le spectaculaire restomod R17, la marque au losange remet le couvert avec un concept qui risque de faire parler de lui bien au-delà du Mondial de Paris : la Renault 8 Gordini en version 100 % électrique. Un exercice de style soigné, qui réinterprète avec intelligence une voiture devenue culte dans les années 1960.
À première vue, le concept frappe par sa cohérence visuelle. Renault n’a pas cherché à pasticher l’original : le bureau de style a travaillé à partir de plus de 300 esquisses soumises dans le cadre d’un concours interne. Seules deux propositions ont obtenu le droit d’être déclinées en maquettes à l’échelle 2/5, avant que les meilleures caractéristiques de chacune soient fusionnées pour aboutir au véhicule présenté aujourd’hui. Ce niveau de soin dans le processus de conception est rare pour un simple exercice de style, et ça se voit.
La silhouette est basse, large, avec un empattement généreux qui évoque sans équivoque les voitures de rallye des années 1960-70. L’avant est immédiatement reconnaissable avec son double renflement de capot central et ses six phares ronds — un clin d’œil direct à la Gordini originale, qui était déjà reconnaissable entre mille. Les roues, quant à elles, ne jouent pas dans la même catégorie que celles d’époque : 19 pouces à l’avant, 20 pouces à l’arrière, chaussées de pneumatiques qui soulignent encore davantage le caractère sportif de l’ensemble. La carrosserie, entièrement en fibre de carbone, donne au concept une hauteur de seulement 127 cm, ce qui contribue à son allure ramassée et tendue.

C’est sans doute l’élément le plus intéressant de ce concept : Renault a choisi de conserver l’architecture d’origine, à savoir un moteur arrière entraînant les roues arrière. La Gordini des années 1960 disposait d’un bloc thermique de 95 chevaux en position arrière — une configuration déjà originale pour une voiture familiale de l’époque. Son successeur électrique pousse le concept bien plus loin avec un moteur électrique de 270 chevaux, ce qui représente presque le triple de la puissance originale.
Avec un châssis en fibre de carbone, un centre de gravité très bas et ce groupe motopropulseur positionné en porte-à-faux arrière, le comportement dynamique promet d’être très particulier — au bon sens du terme. Le couple instantané des moteurs électriques, combiné à une propulsion pure, devrait offrir des sensations bien tranchées, à condition évidemment que Renault ait soigné la gestion électronique pour ne pas rendre la voiture inconduisible. Sur un concept de ce type, on reste dans le domaine de la spéculation, mais les bases techniques sont là.

La Renault 8 Gordini originale était une berline quatre portes, capable de transporter une famille. Son interprétation moderne assume pleinement le parti pris radical du coupé deux places, sans chercher à s’en excuser. L’habitacle est structuré autour d’une philosophie minimaliste orientée conducteur :
L’ensemble donne une ambiance sérieuse, presque austère, mais sans tomber dans le dépouillement monacal. Renault revendique une volonté de réduire les distractions pour laisser toute la place à l’expérience de conduite. C’est une approche cohérente avec l’identité Gordini, qui a toujours été synonyme d’efficacité plutôt que d’ostentation.
Renault est clair sur ce point : la R8 Gordini électrique n’est pas destinée à une production en série. Elle s’inscrit dans la longue tradition des concepts de show-car dont la vocation première est de tester les réactions du public et d’alimenter l’image de marque. Le fait que le projet soit né d’une compétition interne entre designers, avec des maquettes physiques à l’échelle et un résultat final aussi abouti, montre néanmoins que l’investissement a été réel — bien loin d’un simple exercice de communication.
Le concept a été dévoilé lors du Renault Carwalk avant de rejoindre la scène du Mondial de l’Automobile de Paris, qui se tiendra du 12 au 18 octobre. Si la réception publique devait être suffisamment forte, difficile d’imaginer que Renault resterait totalement insensible à l’engouement. La marque a déjà prouvé avec la Renault 5 qu’elle savait transformer un concept rétro-futuriste en produit viable sur le marché. Reste à voir si la R8 Gordini électrique suivra un jour le même chemin — ou si elle restera, pour l’heure, une belle promesse sur quatre roues.
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