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La Norvège facilite l’accès aux voitures électriques chinoises en décidant l’inverse de l’Europe

Albert Lecoq

En plein cœur de l’Europe, la Norvège trace son propre sillon dans le paysage automobile mondial, en adoptant une posture ouverte vis-à-vis des constructeurs de voitures électriques chinois. Ce pays scandinave, déjà reconnu comme un leader dans le taux d’adoption des véhicules électriques, fait figure d’exception en refusant de hausser les droits de douane sur les importations de ces voitures provenant de Chine et de les garder à un niveau relativement faible contrairement aux nouvelles politiques de l’Union européenne.

La Norvège, un marché privilégié pour les voitures électriques chinoises

La Norvège se distingue nettement sur la scène internationale avec un taux impressionnant de nouvelles immatriculations de véhicules électriques : 82,4 % en 2023. Ce chiffre incontestable fait du pays un champ de bataille stratégique et attrayant pour de nombreux fabricants, notamment chinois. Des marques telles que Nio, BYD et Xpeng y ont déjà bien établi leurs racines, illustrant la réceptivité du marché norvégien à la technologie automobile avancée.

Des entreprises moins connues en Europe, comme Aiways ou Zeekr, trouvent aussi en Norvège un terrain propice à l’expansion. Cela s’explique notamment par une ouverture particulière au nouveau et à l’innovation, une caractéristique culturelle fondamentale de la nation nordique. Le territoire fait donc souvent office de porte d’entrée en Europe pour les producteurs asiatiques cherchant à s’implanter sur le continent.

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Des décisions politiques en faveur d’une mobilité plus libre

À contre-courant des décisions de l’Union européenne, qui envisage d’imposer des droits de douane élevés – jusqu’à 48% – sur les importations de véhicules électroniques chinois, la Norvège persiste dans sa voie de la non-augmentation. Trygve Slagsvold Vedum, le ministre des Finances norvégien, souligne l’inadéquation de ces mesures punitives avec la politique économique et environnementale de la Norvège, affirmant qu’elles ne sont “ni pertinentes, ni souhaitables”.

Cette position reflète non seulement une volonté de soutenir un marché déjà florissant mais aussi un signe d’indépendance vis-à-vis des grandes décisions économiques européennes, ce qui est cohérent avec le statut de non-membre de l’UE de la Norvège. Ce choix stratégique présente des avantages significatifs pour les marques chinoises, qui bénéficient sur ce territoire de conditions plus favorables pour la distribution de leurs véhicules innovants.

Un impact sur les importations et la diversité du marché

Environ 12% des voitures électriques importées en Norvège sont produites par des constructeurs chinois, un chiffre remarquable surtout si l’on considère que cela exclut des marques reconnues comme Volvo. La présence de marques rares en Europe, telles que Voyah de Dongfeng, souligne l’intérêt et l’ouverture spécifiques de la Norvège pour des acteurs ne dominants pas encore le marché Europe

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Cette dynamique crée un écosystème automobile diversifié, où la concurrence stimulée par l’absence de tarifs douaniers supplémentaires pousse tout le secteur à innover encore davantage. Pour les consommateurs norvégiens, cela se traduit par un accès élargi à une gamme plus vaste de technologies de véhicules électriques, renforçant ainsi le leadership norvégien dans l’adoption de transports respectueux de l’environnement.

L’approche norvégienne va bien au-delà des simples considérations commerciales ou environnementales : elle est également révélatrice d’une vision long-termiste, où flexibilité et indépendance vis-à-vis des politiques économiques européennes s’articulent autour d’un objectif commun, celui de faciliter une transition énergétique efficace et bénéfique pour tous.

Tandis que la Norvège continue de soutenir ce secteur, les fabricants chinois y voient une opportunité de renforcer leur présence sur un marché critique, tout en naviguant sur les vagues parfois tumultueuses des politiques commerciales internationales. La cohérence de cette politique avec les aspirations environnementales globales pourrait bien, à terme, servir de modèle pour d’autres nations en quête d’équilibre entre croissance économique et responsabilité écologique.

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