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Le 12 août 2025, sur les célèbres Bonneville Salt Flats dans l’Utah, un engin hors normes a réécrit les livres de records. La JCB Hydromax, propulsée par deux moteurs à combustion interne fonctionnant à l’hydrogène, a atteint une vitesse moyenne de 654 km/h, établissant ainsi le nouveau record mondial de vitesse pour un véhicule à hydrogène, toutes technologies confondues. Ce qui rend ce record particulièrement marquant, c’est que la quasi-totalité des émissions produites pendant les runs se résume à… de l’eau.
Pour être homologuée, une tentative de record de vitesse terrestre doit respecter un protocole strict : effectuer deux passages dans des sens opposés sur le même tronçon, dans un délai d’une heure. La vitesse officielle est ensuite calculée en faisant la moyenne des deux runs. La JCB Hydromax a réalisé un premier passage à 644 km/h, puis un second à 663 km/h, pour une moyenne finale de 654 km/h. Les deux passages ont bien été effectués dans le délai imparti, rendant le record pleinement valide aux yeux de la FIA.
Pour situer l’ampleur de la performance, le précédent record détenu par un véhicule à moteur à combustion interne fonctionnant à l’hydrogène était la BMW H2R, qui avait atteint 298 km/h en 2004. Quant au véhicule à pile à combustible hydrogène le plus rapide jamais enregistré, il pointait à 488 km/h. La JCB Hydromax efface donc tous ces repères d’un seul coup, quel que soit le mode de propulsion à l’hydrogène considéré. C’est aux commandes de la Hydromax que l’on retrouve le Wing Commander Andy Green, le même pilote qui détient le record absolu de vitesse terrestre toutes catégories avec 1 228 km/h établi en 1997. Un homme visiblement à l’aise avec les chiffres vertigineux.

Derrière ce record se cache une mécanique singulière. La JCB Hydromax embarque deux moteurs à quatre cylindres en ligne de 4,8 litres, chacun turbocompressé et alimenté à l’hydrogène. Chaque moteur est couplé à sa propre boîte de vitesses Xtrac à six rapports, l’un entraînant le train avant, l’autre le train arrière — un principe de répartition du couple qui n’est pas sans rappeler les architectures à double moteur que l’on retrouve sur certains véhicules électriques performants. Ensemble, les deux blocs développent 1 600 chevaux, soit 800 ch par unité.
Lors des deux passages records, la Hydromax a consommé 2 kilogrammes d’hydrogène et rejeté 18 litres d’eau. Il convient d’être précis sur un point : la combustion de l’hydrogène dans un moteur thermique n’est pas totalement neutre, elle génère de faibles quantités d’oxydes d’azote (NOx), des composés impliqués dans la formation du smog urbain. Ce n’est donc pas du zéro émission absolu, mais c’est sans comparaison avec un moteur à essence ou diesel en termes d’impact carbone, puisque aucun CO₂ n’est émis lors de la combustion.
La question qui suit naturellement un tel exploit est celle de l’applicabilité de la technologie à la compétition automobile. La FIA n’a pas manqué de souligner l’intérêt de la démonstration. Son président Mohammed Ben Sulayem a rappelé que le motorsport a historiquement servi de terrain d’expérimentation pour des avancées techniques qui finissent par bénéficier à l’automobile de série. L’hydrogène à combustion interne pourrait-il trouver sa place dans les grandes catégories de course ? La question est légitime, même si des obstacles concrets subsistent — densité énergétique, infrastructure, coût de production de l’hydrogène vert — avant d’envisager une généralisation.
Toyota fait figure de précurseur dans ce domaine avec sa GR Corolla H2, qui court déjà avec de l’hydrogène liquide, et son concept GR LH2 pensé pour Le Mans. La JCB Hydromax apporte une démonstration supplémentaire que le moteur thermique à hydrogène est loin d’être une impasse technologique. Si votre vision de la mobilité propre se limite aux batteries lithium-ion, ce record vous rappelle qu’il existe d’autres chemins pour décarboner la mobilité, avec leurs propres avantages et leurs propres limites. Le débat entre pile à combustible, hydrogène à combustion et batteries électriques est loin d’être clos, et c’est précisément ce qui rend le sujet passionnant à suivre dans les années à venir.
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