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La Hyundai Ioniq 5 N est une voiture électrique qui divise. D’un côté, une sportivité assumée, des performances bluffantes et un caractère bien trempé. De l’autre, une autonomie qui fait tiquer : seulement 356 km selon le cycle EPA américain, là où la version standard double moteur avec la même batterie de 84 kWh annonce 467 km. L’écart dépasse les 110 km, soit environ 24 % de moins. Un propriétaire américain a décidé de s’attaquer au problème par le bas, littéralement : en changeant ses jantes et ses pneus. Les résultats méritent qu’on s’y attarde sérieusement.
Sur une voiture électrique, chaque watt compte. Les constructeurs le savent bien, et c’est pour ça qu’ils publient systématiquement des homologations d’autonomie différentes selon la taille des roues. Ce n’est pas qu’une question esthétique : une jante de grande dimension, associée à un pneu large et à profil bas, génère davantage de résistance au roulement, augmente la masse non suspendue et fait travailler les moteurs électriques plus durement, en particulier sur autoroute. Sur la Ioniq 5 N, les jantes d’origine sont des jantes forgées de 21 pouces chaussées de Pirelli P Zero en 275 mm de large, des gommes très performantes sur circuit mais clairement gourmandes en énergie dès que vous roulez à vitesse stabilisée.
La mécanique du phénomène est simple à comprendre : plus le pneu est large, plus la surface de contact avec la route est grande, et plus la résistance à l’avancement est élevée. À cela s’ajoute l’effet gyroscopique accru des roues plus lourdes, qui nécessite plus d’énergie pour maintenir la rotation. Sur autoroute, où les accélérations et freinages récupérateurs sont rares, c’est la résistance aérodynamique et la résistance au roulement qui dominent la consommation. C’est précisément là que le choix des pneumatiques peut faire une différence mesurable.
Matt, créateur de la chaîne YouTube Downshift, a réalisé plusieurs séries de mesures sur sa Ioniq 5 N. Son protocole repose sur une boucle mixte de 48 km, répétée à chaque changement de configuration, ainsi qu’un segment autoroutier de 193 km à vitesse stabilisée à 120 km/h. Voici ce que donnent les résultats comparés des différentes configurations testées :
| Configuration | Consommation (boucle mixte) | Consommation (autoroute 120 km/h) |
|---|---|---|
| Jantes 21″ d’origine + Pirelli P Zero 275 | 5,3 km/kWh | 4,0 km/kWh |
| Jantes 21″ + Kumho Majesty 9 EV (taille équivalente) | 5,8 km/kWh | N/A |
| Jantes 20″ Demon Forged + Kumho Ecsta Sport 4 saisons | 6,0 km/kWh | 4,5 km/kWh |
Le gain le plus significatif est celui enregistré sur autoroute : +12 % d’efficience entre les jantes de 21 pouces d’origine et le montage 20 pouces avec des Kumho Ecsta Sport. Matt avance ensuite un calcul théorique : avec 6,0 km/kWh sur 84 kWh utilisables, on obtiendrait environ 500 km d’autonomie. C’est séduisant, mais il faut être honnête sur la méthodologie. Ce chiffre est une extrapolation basée sur une boucle favorisant l’efficience, et non le résultat d’un test complet de la batterie de 100 % à quasi-vide. Le véritable gain documenté reste ce +12 % sur autoroute, ce qui est déjà loin d’être négligeable.
La question mérite d’être posée franchement. La Ioniq 5 N n’est pas une berline familiale : c’est une sportive électrique conçue avec l’apport des ingénieurs qui ont développé les voitures de course Hyundai en compétition. Ses 650 Nm de couple, ses 641 ch en mode N Grin Boost et son comportement dynamique affûté sont indissociables du train roulant d’origine. Matt l’a lui-même constaté lors du premier changement de gommes : les Kumho Majesty 9 EV, pneus basse résistance au roulement spécialement conçus pour les véhicules électriques, ont amélioré l’efficience mais ont clairement émoussé les sensations de conduite, particulièrement en courbe rapide.
Le montage final avec les Kumho Ecsta Sport représente un compromis plus acceptable, avec des performances proches des pneus d’origine en conditions normales. Voici ce que vous devez garder en tête si vous envisagez ce type de modification :
Le cas de la Ioniq 5 N n’est pas isolé. Des tests similaires ont été conduits sur des Tesla avec des résultats cohérents. Une Model 3 Performance de 2020 passée de ses jantes de 20 pouces d’usine à des jantes de 18 pouces a enregistré une réduction de la consommation comprise entre 16 % et 23 % selon les conditions de roulage. Un autre test comparant deux Tesla Model Y strictement identiques — l’une montée en 19 pouces, l’autre en 20 pouces — a mis en évidence un avantage de 7 % en faveur des jantes de 19 pouces. La tendance est constante : moins la jante est grande, moins le pneu est large, et plus l’autonomie réelle progresse.
Ces données invitent à une réflexion plus large sur les choix de conception des constructeurs. Équiper une voiture électrique de jantes XXL et de pneus ultra-performants, c’est un argument commercial fort au moment de l’achat, mais c’est un coût invisible sur la durée : recharges plus fréquentes, coût énergétique plus élevé, et une autonomie réelle souvent éloignée des chiffres officiels. Si vous utilisez votre Ioniq 5 N principalement sur route ouverte et autoroute, le montage de jantes de 20 pouces avec des pneumatiques adaptés est une piste sérieuse à envisager, à condition d’accepter de nuancer légèrement le plaisir de conduite en conditions extrêmes — un scénario que la plupart des conducteurs ne rencontrent de toute façon que rarement.
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