Ces deux startups électriques américaines en difficulté démontrent l’état actuel du marché
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Une ligne de code peut parfois en dire long. Des développeurs ont récemment décompilé la version 4.58.5 de l’application iOS de Tesla, publiée le 27 juin 2026, et y ont trouvé des indices sérieux sur une fonctionnalité inédite : l’utilisation de la caméra habitacle pour vérifier l’identité du conducteur avant d’autoriser l’activation du Full Self-Driving. Si vous êtes propriétaire d’un véhicule Tesla ou simplement curieux de savoir où en est la conduite autonome, voici ce que ces découvertes impliquent concrètement.
Les chaînes de code mises en lumière par le compte @Tesla_App_iOS, qui suit de près les évolutions des applications Tesla et Robotaxi, sont sans ambiguïté : fsdIdentityCheckFailedTitle et showFsdIdentityCheckFailedDialog. Ces deux entrées décrivent un processus dans lequel la caméra habitacle effectue une vérification d’identité du conducteur, et en cas d’échec — c’est-à-dire si la personne derrière le volant ne correspond à aucun profil autorisé — le système bloquerait l’activation du FSD et afficherait un message d’erreur directement dans l’application sur votre téléphone.
Il convient de garder la tête froide face à cette découverte. Ces chaînes de code ne constituent pas une fonctionnalité déployée. Dans le développement logiciel, il est courant que du code précède de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois, son déploiement public. Certaines de ces entrées ne voient d’ailleurs jamais le jour. Par ailleurs, une mise en production réelle nécessiterait une mise à jour du firmware embarqué dans le véhicule, l’application mobile n’étant qu’une moitié de l’équation.
Cette orientation ne sort pas de nulle part. Tesla a activé la surveillance via caméra habitacle dès 2021, et n’a cessé depuis d’étendre ses capacités : détection de l’attention du conducteur, de la somnolence, du positionnement des yeux et de la tête. Depuis la version FSD v12.4 en 2024, la caméra située au-dessus du rétroviseur intérieur est devenue le principal outil de surveillance, analysant le visage et les yeux du conducteur pour évaluer son niveau d’attention — en remplacement partiel du capteur de couple sur le volant.
Mais une vérification d’identité, c’est une mission fondamentalement différente d’un contrôle d’attention. Surveiller si vous regardez la route est une question de sécurité active. Vérifier que vous êtes bien la personne autorisée à activer le système relève davantage d’un contrôle d’accès. Ce n’est plus un rappel de vigilance, c’est une barrière de permission.
Le cas d’usage le plus évident tient au modèle économique actuel du FSD. Depuis que Tesla a basculé vers un abonnement mensuel plutôt qu’un achat unique, lier l’activation du système au titulaire du compte est une logique commerciale directe. Cela permet de s’assurer qu’un conducteur non abonné — dans le cadre d’une location, d’un véhicule de flotte ou d’un usage partagé — ne peut pas simplement appuyer sur un bouton pour bénéficier d’une fonctionnalité payante.
Il y a aussi une dimension parentale et de responsabilité qui entre en jeu : empêcher un conducteur novice ou non autorisé, un adolescent par exemple, d’activer un système d’aide à la conduite avancée sans y être habilité. Et dans la perspective du Robotaxi, les ambitions de Tesla en matière de conduite sans chauffeur s’appuient massivement sur la caméra habitacle. Associer la personne présente dans le véhicule à celle ayant effectué la réservation est précisément le type de vérification qu’une flotte de transport à la demande doit pouvoir réaliser.
La démarche soulève néanmoins des questions légitimes sur le plan technique. La caméra habitacle de Tesla est un capteur RGB standard, très loin des systèmes à cartographie infrarouge en profondeur qu’Apple utilise pour Face ID. Cela la rend acceptable comme couche de contrôle d’accès supplémentaire, mais insuffisante comme véritable verrou biométrique robuste.
Elle hérite aussi des angles morts déjà documentés dans le système de surveillance d’attention existant. Le manuel du propriétaire Tesla reconnaît explicitement que la caméra est mise en défaut dans plusieurs situations courantes :
Ces limites ne rendent pas la fonctionnalité inutile, mais elles signifient qu’elle ne peut pas prétendre à la fiabilité d’un système biométrique dédié. Dans les faits, si cette vérification d’identité venait à être déployée, elle fonctionnerait vraisemblablement comme une couche de contrôle additionnelle — utile pour les cas d’usage flotte et location — plutôt que comme un dispositif infaillible de reconnaissance faciale.
Ce que cette découverte illustre avant tout, c’est la direction que Tesla prend progressivement : transformer le FSD en un service conditionné non seulement à un abonnement actif, mais aussi à une identité vérifiée. Pour vous en tant qu’utilisateur, cela pourrait signifier à terme que prêter votre Tesla à un ami ou à un membre de votre famille sans l’avoir préalablement enregistré dans l’application suffira à bloquer l’accès au système de conduite autonome. Une évolution à surveiller de près lors des prochaines mises à jour firmware.
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