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Dans un contexte où les véhicules électriques gagnent du terrain, Hyundai persiste et signe avec une nouvelle génération de son SUV à hydrogène. Le constructeur coréen vient de dévoiler son Nexo remanié au salon de Séoul, affichant des performances améliorées et un design modernisé. Cette insistance peut surprendre alors que de nombreux scientifiques remettent en question la viabilité écologique de cette technologie. Est-ce un pari visionnaire ou une impasse technologique ?
Le nouveau Hyundai Nexo fait peau neuve avec une esthétique inspirée du concept Intium. Baptisé “Art of Steel”, ce design se caractérise par des lignes horizontales plus marquées et une silhouette plus imposante. Le SUV s’allonge de 8 cm pour atteindre 4,75 mètres, tout en conservant son empattement de 2,79 m.
À l’avant, la calandre rectangulaire noire et les projecteurs spécifiques “HTWO” affirment l’identité hydrogène de la marque. De profil, la custode arrière évoque étonnamment celle du Pontiac Aztek, tandis que des rétro-caméras optionnelles remplacent les rétroviseurs traditionnels. L’arrière se distingue par une lunette fortement inclinée et des feux reprenant le motif carré des antibrouillards avant.
L’intérieur du Nexo emprunte les codes des modèles électriques Ioniq de Hyundai, avec une planche de bord épurée et flottante. L’expérience conducteur s’articule autour de trois interfaces numériques :
Le confort n’est pas en reste avec des sièges “détente” aux dossiers affinés pour maximiser l’espace aux jambes à l’arrière. Le coffre atteint 993 litres en configuration maximale, et les accès ont été élargis pour faciliter l’entrée et la sortie du véhicule.
Sous le capot, le Nexo fait un bond significatif en termes de performances. La puissance grimpe à 204 chevaux (150 kW), soit 41 de plus que le modèle précédent. La batterie double sa puissance pour atteindre 80 kW, tandis que la pile à combustible développe 110 kW. Ces évolutions permettent au SUV d’abattre le 0 à 100 km/h en 7,8 secondes.
L’amélioration la plus notable concerne l’autonomie. Grâce à un meilleur aérodynamisme et un réservoir d’hydrogène passant de 6,33 à 6,69 kg, le Nexo promet désormais 700 kilomètres entre deux pleins. Un ravitaillement complet ne prend que 5 minutes – un avantage théorique considérable face aux temps de charge des voitures électriques traditionnelles.
Malgré ses qualités sur le papier, le Nexo se heurte à un obstacle majeur : l’absence d’infrastructure. En France, le réseau de stations hydrogène reste embryonnaire, avec une poignée de points de ravitaillement concentrés principalement en région parisienne. Cette situation contraste radicalement avec le maillage croissant des bornes de recharge électriques.
Le prix constitue un autre frein considérable. L’ancienne génération s’affichait à 80 600 euros, soit presque le double d’un SUV électrique comme le Peugeot E-3008 Long Range (46 990 euros hors bonus) offrant une autonomie comparable.
| Technologie | Autonomie | Temps de “recharge” | Prix moyen | Infrastructure |
|---|---|---|---|---|
| Hyundai Nexo (H₂) | 700 km | 5 minutes | ≈ 80 000 € | Très limitée |
| SUV électrique équivalent | 500-700 km | 30-45 minutes (10-80%) | 45 000-60 000 € | Dense et en expansion |
L’argument le plus préoccupant reste l’impact environnemental. Lors des JO de Paris 2024, 120 scientifiques ont dénoncé la pollution générée par la production d’hydrogène, estimant qu’elle émettrait autant que l’industrie aéronautique mondiale. Cette remise en cause fondamentale interroge la pertinence même de cette technologie comme alternative écologique.
Pourtant, Hyundai persiste, tout comme Toyota et BMW qui prévoient de nouveaux modèles à hydrogène. Cette obstination semble d’autant plus étrange que les avancées dans le domaine électrique sont fulgurantes : BYD a récemment présenté des véhicules capables de récupérer 400 km d’autonomie en 5 minutes, annulant de fait l’ultime avantage de l’hydrogène.
Le nouveau Nexo incarne cette contradiction : un véhicule techniquement abouti mais dont la pertinence globale reste discutable. Vous pourriez être séduit par ses promesses, mais dans un contexte où l’infrastructure manque et où les doutes scientifiques s’accumulent, cette technologie risque de rester confinée à un marché de niche, victime d’une équation économique et environnementale défavorable.
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