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Les batteries chinoises avec 1300 km d’autonomie sont interdites chez nous : pourquoi ?

François Zhang-Ming

Le constructeur chinois Chery Automobile annonce avoir mis au point une batterie à électrolyte solide capable d’offrir plus de 1300 kilomètres d’autonomie. Cette technologie prometteuse pourrait révolutionner l’électromobilité, mais les nouvelles restrictions d’exportation chinoises risquent de la rendre inaccessible aux marchés occidentaux.

Chery défie les géants chinois de la batterie

Quatrième constructeur automobile chinois en termes de ventes et premier exportateur du pays devant BYD sur les six premiers mois de 2025 selon Bloomberg Intelligence, Chery Automobile se positionne désormais comme un concurrent sérieux face aux mastodontes CATL et BYD. L’entreprise, qui produit des véhicules électriques, hybrides rechargeables et thermiques sous les marques Chery, Exeed, Omoda, Jetour et iCar, vient de franchir une étape décisive avec cette percée technologique.

L’agence Cailian News Agency a rapporté que Chery a dévoilé un prototype de module de batterie à électrolyte solide affichant une densité énergétique de 600 Wh/kg. Ce chiffre représente plus du double de la densité moyenne des batteries lithium-ion actuellement commercialisées. Une telle performance permettrait théoriquement d’atteindre les 1300 kilomètres d’autonomie selon le cycle d’homologation chinois CLTC, particulièrement optimiste.

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Une technologie d’électrolyte révolutionnaire

Lors de la Conférence mondiale de l’innovation Chery, le constructeur a précisé que cette batterie utilise une cathode riche en manganèse-lithium et un “électrolyte solide polymérisé in-situ”. Selon une étude publiée dans la revue académique Royal Society Of Chemistry, ces électrolytes se forment directement à l’intérieur de la cellule grâce à un processus électrochimique complexe, contrairement aux méthodes conventionnelles où l’électrolyte est fabriqué séparément puis inséré.

Les experts considèrent les batteries à électrolyte solide comme la solution ultime pour éliminer l’anxiété de l’autonomie et réduire les temps de recharge. Elles offrent une durabilité et une longévité supérieures aux batteries lithium-ion traditionnelles. Plusieurs constructeurs chinois et occidentaux testent actuellement cette technologie sur des prototypes, tandis que quelques véhicules équipés de batteries semi-solides avec électrolyte gélifié sont déjà commercialisés en Chine.

Tests de résistance extrême réussis

Selon CarNewsChina, Chery affirme que son module de batterie a survécu à des tests de torture extrême tout en continuant à délivrer de l’énergie. L’entreprise a notamment réalisé des tests de perforation à l’aide de clous sans provoquer d’incendie ni de dégagement de fumée. Cette résistance exceptionnelle constitue un avantage majeur pour la sécurité des véhicules électriques.

Le planning de commercialisation s’annonce ambitieux : Chery prévoit un programme pilote dès 2026, suivi d’un déploiement plus large en 2027. Si ce calendrier se concrétise, le constructeur pourrait devancer BYD et CATL dans la course aux batteries à électrolyte solide commerciales.

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TechnologieDensité énergétiqueAutonomie estiméeDisponibilité
Batteries lithium-ion actuelles250-300 Wh/kg400-600 kmCommercialisée
Batterie Chery à électrolyte solide600 Wh/kg1300 km2027

Les restrictions d’exportation chinoises bloquent l’Occident

La Chine a récemment annoncé des contrôles d’exportation sur les batteries lithium-ion, les cathodes, les anodes en graphite et les équipements de fabrication. Ces mesures visent particulièrement les batteries affichant une densité énergétique supérieure à 300 Wh/kg ainsi que les technologies avancées de batteries LFP (lithium-fer-phosphate). Bien qu’il ne s’agisse pas d’une interdiction totale, ces restrictions régulent et limitent considérablement les flux de ces technologies vers l’étranger.

Cette stratégie s’inscrit dans la volonté chinoise d’étendre son avance technologique et de consolider sa domination dans l’industrie des batteries. Les marchés nord-américain et européen risquent donc de se voir privés de ces innovations de pointe, créant un fossé technologique croissant.

  • Contrôle des exportations de batteries haute densité (>300 Wh/kg)
  • Restrictions sur les technologies LFP avancées
  • Régulation des équipements de fabrication
  • Protection de l’avantage concurrentiel chinois

Entre promesses et réalité du marché

Malgré les annonces spectaculaires, les constructeurs automobiles ont pris l’habitude de promettre des autonomies exceptionnelles avec les futures batteries à électrolyte solide sans que ces projets se concrétisent dans les délais annoncés. Même si Chery réussit à commercialiser sa technologie, les premières applications concerneront vraisemblablement les modèles haut de gamme ou sportifs avant une démocratisation qui pourrait prendre plusieurs années supplémentaires.

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L’industrie automobile occidentale devra composer avec ces limitations d’accès aux technologies chinoises les plus avancées, poussant les constructeurs européens et américains à accélérer leurs propres programmes de recherche en batteries à électrolyte solide. Cette course technologique redessine progressivement la carte de l’innovation dans l’électromobilité, avec une Chine de plus en plus protectrice de ses avancées stratégiques.

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