Batteries solides : le MIT a trouvé la solution à leur plus gros problème
Les batteries à électrolyte solide font régulièrement la une depuis plusieurs années. Les constructeurs automobiles les présentent comme la prochaine […]
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Quand une batterie de voiture électrique ne peut plus alimenter un véhicule, que lui arrive-t-il concrètement ? Direction le recyclage, dans la grande majorité des cas. Waymo, la filiale de conduite autonome d’Alphabet, a décidé d’emprunter une autre voie pour ses batteries lithium-ion retirées de ses robotaxis électriques. En 2026, l’entreprise annonce un partenariat avec B2U Storage Solutions pour leur offrir une seconde vie au service du réseau électrique, en Californie et au Texas.
Le principe est relativement simple dans sa conception, mais ambitieux dans son déploiement. Une fois qu’une batterie issue de la flotte de robotaxis électriques de Waymo ne présente plus les performances suffisantes pour la conduite — notamment en termes d’autonomie et de fiabilité — elle est récupérée et intégrée dans des systèmes de stockage d’énergie stationnaire connectés au réseau. Ces installations permettent d’absorber l’excédent d’électricité produit lors des périodes de faible consommation, pour ensuite le restituer lors des pics de demande. Ce mécanisme contribue directement à la stabilisation du réseau local, en lissant les fluctuations entre production et consommation.
Ce type de reconversion, que l’on appelle couramment “second usage” ou “seconde vie des batteries”, repose sur un constat bien établi : une batterie jugée insuffisante pour propulser un véhicule conserve en réalité encore une capacité résiduelle substantielle, souvent estimée entre 70 et 80 % de sa capacité initiale. En usage stationnaire, ces exigences de performance sont bien moins sévères que pour la traction automobile, ce qui laisse une large marge d’exploitation avant d’envisager le recyclage définitif. B2U affirme que ses systèmes permettent à ces batteries de fonctionner de manière sûre et efficace pendant plusieurs années supplémentaires dans ce rôle de stockage.
Au-delà de l’intérêt environnemental, cette démarche répond à une logique économique concrète. Construire des systèmes de stockage d’énergie à partir de matériaux neufs représente un coût considérable. En réemployant des batteries déjà amorties sur leur cycle de vie automobile, B2U Storage Solutions affirme pouvoir proposer des installations moins onéreuses, tout en valorisant un actif qui aurait autrement une valeur résiduelle très faible. Pour Waymo, cela signifie également que ses batteries ne sont plus simplement un coût à gérer en fin de vie, mais un actif potentiellement monétisable.
Freeman Hall, PDG de B2U Storage Solutions, résume l’enjeu en ces termes : “En prolongeant l’utilisation de ces batteries comme stockage sur réseau, nous exploitons le plein potentiel des batteries de véhicules électriques, qui assurent désormais une stabilité cruciale au réseau électrique alors que la demande en énergie continue de croître.” Du côté de Waymo, Adam Lenz, responsable développement durable, précise que l’objectif est de s’assurer que ces batteries “continuent à apporter une valeur économique et environnementale à la communauté, longtemps après avoir quitté la route.”
Le choix de ces deux États n’est pas anodin. La Californie et le Texas sont deux des marchés où Waymo opère déjà ses services de transport autonome par robotaxis, ce qui facilite logistiquement la récupération des batteries en fin de vie. Ces deux États sont également soumis à des tensions récurrentes sur leur réseau électrique : la Californie avec sa forte dépendance aux énergies renouvelables intermittentes comme le solaire, et le Texas avec son réseau indépendant ERCOT, régulièrement mis à l’épreuve lors des épisodes de chaleur intense en été ou de vague de froid. Disposer de capacités de stockage supplémentaires dans ces zones représente un apport réel à la résilience énergétique locale.
Le cas Waymo-B2U illustre un défi qui va bien au-delà d’un simple accord commercial. À mesure que les parcs de véhicules électriques grossissent — que ce soit chez les particuliers, les flottes d’entreprise ou les opérateurs de mobilité autonome — le volume de batteries arrivant en fin de vie automobile va croître de façon exponentielle dans les prochaines années. La question de leur traitement est donc structurante pour toute la filière.
Deux grandes options s’offrent à ce stade :
Le partenariat entre Waymo et B2U pourrait, selon les deux sociétés, conduire à la reconversion de plusieurs milliers de batteries issues du secteur du transport vers celui de l’énergie. C’est une mise à l’échelle qui pourrait servir de référence pour d’autres opérateurs de flottes électriques cherchant à maîtriser leur impact environnemental tout en dégageant de la valeur sur des actifs en fin de cycle.