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Le marché automobile mondial connaît actuellement une redistribution des cartes sans précédent. Alors que les voitures électriques gagnent progressivement du terrain, une autre technologie alternative voit ses espoirs s’amenuiser considérablement. L’hydrogène, souvent présentée comme une solution d’avenir il y a encore quelques années, traverse une période particulièrement difficile. Les chiffres du premier semestre 2025 révèlent une réalité préoccupante pour cette filière énergétique.
Les dernières données publiées par la société d’études sud-coréenne SNE Research dressent un constat sans appel. Seulement 4 102 véhicules à hydrogène ont trouvé preneur dans le monde entre janvier et juin 2025. Cette performance représente une chute vertigineuse de 27,2% par rapport à la même période de l’année précédente. Pour vous donner une perspective, cette baisse équivaut à peu près au nombre de voitures électriques vendues en France en une seule semaine.
Le phénomène touche l’ensemble des marchés mondiaux, y compris ceux traditionnellement favorables à cette technologie. La Chine, pourtant considérée comme le fer de lance des véhicules à pile à combustible (FCEV), enregistre une diminution de 18,4% avec à peine plus de 2 000 unités écoulées. Cette performance chinoise illustre parfaitement les difficultés structurelles que rencontre l’hydrogène face à l’électrification massive du parc automobile.
Hyundai conserve sa première place avec son Nexo, mais les 1 252 exemplaires vendus depuis janvier masquent une réalité inquiétante : une baisse de 31,9% par rapport à 2024. Le lancement d’une nouvelle génération en avril dernier devait relancer la dynamique commerciale, mais les résultats restent largement en deçà des projections initiales du constructeur coréen.
Toyota, pionnier historique de l’hydrogène avec sa Mirai, connaît une situation encore plus préoccupante. Avec seulement 698 véhicules écoulés mondialement, la marque nippone subit une dégringolade de 46,1%. Cette performance interroge sur la stratégie future du groupe, d’autant que Toyota a récemment exprimé des doutes sur les perspectives à long terme de cette technologie.
| Constructeur | Modèle principal | Ventes S1 2025 | Évolution vs 2024 |
|---|---|---|---|
| Hyundai | Nexo | 1 252 | -31,9% |
| Toyota | Mirai | 698 | -46,1% |
| Honda | CR-V e:FCEV | 112 | Nouveau |
Sur le marché européen, la situation ne s’améliore guère avec une contraction de 19,8% et seulement 485 véhicules immatriculés. Ces chiffres confirment le manque d’adhésion du public européen pour cette technologie, malgré les efforts de certaines entreprises comme Hype à Paris. D’ailleurs, cette société de taxis spécialisée dans l’hydrogène a récemment annoncé sa conversion au 100% électrique, illustrant parfaitement les difficultés pratiques rencontrées sur le terrain.
BMW fait figure d’exception avec son iX5 Hydrogen, mais même le constructeur bavarois reste prudent quant à ses ambitions commerciales. L’infrastructure de recharge hydrogène européenne, encore embryonnaire, freine considérablement l’adoption de cette technologie par les consommateurs particuliers et professionnels.
Les difficultés commerciales de l’hydrogène s’expliquent par plusieurs facteurs structurels. La production énergívore d’hydrogène pose question, particulièrement lorsqu’elle n’utilise pas d’énergies renouvelables. Le processus d’électrolyse nécessite environ 50 kWh d’électricité pour produire un kilogramme d’hydrogène, soit l’équivalent de 200 kilomètres d’autonomie pour une voiture électrique classique.
Les préoccupations environnementales s’intensifient également. En cas de fuite dans l’atmosphère, l’hydrogène présente un potentiel de réchauffement climatique indirect préoccupant. Cette réalité avait d’ailleurs motivé une pétition de scientifiques internationaux lors des Jeux Olympiques de Paris 2024, contestant l’image “verte” de cette technologie.
Face à ces résultats décevants, l’industrie automobile semble progressivement se détourner de l’hydrogène pour les véhicules particuliers. Les constructeurs réorientent massivement leurs investissements vers l’électrification, laissant l’hydrogène aux applications spécialisées comme le transport lourd ou maritime. Cette redistribution des priorités technologiques dessine un paysage automobile où l’électrique à batterie s’impose comme la solution dominante pour la décarbonation du transport individuel.
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