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Une voiture électrique chinoise d’occasion, ça vaut quoi ?

François Zhang-Ming

Les constructeurs chinois multiplient leur présence sur les routes européennes avec des marques comme BYD, MG, Xpeng ou encore Omoda & Jaecoo. Pourtant, une idée reçue persiste : leurs véhicules électriques se déprécieraient massivement dès la première revente. Une étude espagnole récente de l’association des concessionnaires Ganvam permet de démêler le vrai du faux sur ce marché de l’occasion en pleine expansion.

Décryptage des chiffres de dépréciation : les marques chinoises dans la moyenne

L’analyse menée par la Ganvam révèle des données surprenantes. Les véhicules de marques généralistes traditionnelles conservent 65,5 % de leur valeur initiale après trois années d’utilisation. De leur côté, les modèles chinois affichent 60,7 % de conservation de valeur sur la même période. Cette différence de moins de 5 points relativise considérablement les craintes des acheteurs potentiels.

Cette performance se situe légèrement en retrait par rapport aux marques premium qui maintiennent 68,31 % de leur valeur, mais reste tout à fait honorable. L’écart s’explique principalement par l’évolution technologique rapide du secteur électrique chinois, où de nouveaux modèles aux performances accrues arrivent régulièrement sur le marché, créant une pression naturelle sur les anciens modèles.

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Les spécificités du marché de l’occasion électrique chinois

Plusieurs facteurs influencent la valeur résiduelle de ces véhicules. L’innovation constante des constructeurs chinois, particulièrement visible sur les technologies de batterie et les systèmes d’infodivertissement, peut paradoxalement jouer contre la conservation de valeur des modèles plus anciens. Les acheteurs d’occasion privilégient naturellement les versions les plus récentes bénéficiant des dernières avancées.

Le phénomène de dépréciation immédiate reste identique pour tous les constructeurs : 15 % de perte de valeur dès l’immatriculation. Cette règle universelle de l’automobile s’applique sans distinction d’origine géographique, qu’il s’agisse d’un véhicule européen, américain ou asiatique.

Origine des constructeursConservation de valeur (3 ans)Taux de fidélisation (36 mois)
Généralistes traditionnels65,5 %53,60 %
Constructeurs chinois60,7 %49,29 %
Marques premium68,31 %56,36 %

Fidélisation et préférences des consommateurs européens

La fidélisation constitue un indicateur révélateur de la satisfaction client. Avec 49,29 % de taux de fidélisation sur 36 mois, les marques chinoises se positionnent de manière respectable face aux 53,60 % des généralistes. Cette proximité suggère que les propriétaires développent une relation de confiance avec ces nouvelles marques.

Paradoxalement, sur le marché espagnol étudié, les modèles thermiques chinois dominent les ventes avec 38 % des transactions, tandis que l’électrique ne représente que 17 % des ventes malgré une part de marché légèrement supérieure à 19,7 %. Cette tendance pourrait évoluer différemment en France, où les incitations gouvernementales favorisent davantage l’adoption de véhicules zéro émission.

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Perspectives d’évolution du marché d’occasion électrique

L’écart de prix entre véhicules neufs et d’occasion s’établit actuellement à 18 % de réduction pour les modèles électriques. Cette donnée illustre la maturité progressive du marché secondaire, où les acheteurs trouvent des opportunités intéressantes sans subir une dépréciation excessive.

Les constructeurs chinois bénéficient d’atouts non négligeables pour maintenir leur attractivité en occasion :

  • Des technologies avancées qui restent compétitives plusieurs années après la commercialisation
  • Des garanties étendues sur les batteries, souvent transférables au second propriétaire
  • Un réseau de service en expansion constante sur le territoire européen
  • Des prix d’acquisition initialement attractifs qui se répercutent positivement sur l’occasion

La réalité du marché contredit donc l’idée selon laquelle les voitures électriques chinoises constitueraient un mauvais investissement. Leur dépréciation, certes légèrement supérieure aux marques établies, reste dans des proportions acceptables qui ne justifient pas l’évitement systématique de ces modèles. Les acheteurs peuvent désormais considérer ces véhicules comme des alternatives crédibles, tant pour l’achat neuf que pour une future revente.

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