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Même par -40 °C, l’électrique reste imbattable face au diesel

Alexandra Dujonc

Une étude menée par l’Université d’Alaska dans des conditions extrêmes remet en question les idées reçues sur les véhicules électriques par temps froid. Les chercheurs ont analysé les performances réelles de flottes dans trois communautés isolées – Kotzebue, Galena et Bethel – où les températures peuvent descendre jusqu’à -40°C. Les résultats révèlent que même dans ces conditions arctiques, les voitures électriques offrent des coûts d’exploitation inférieurs au diesel une fois tous les facteurs pris en compte.

Cette recherche, soutenue par une étude du Laboratoire National des Énergies Renouvelables (NREL), s’intitule “Les véhicules électriques sont-ils une solution pour les communautés arctiques isolées ?”. Elle démontre qu’en intégrant le carburant, le temps de ralenti, les chauffe-moteurs, la maintenance et les temps d’arrêt, l’électrique l’emporte financièrement sur le diesel dans la majorité des cas étudiés.

Des économies substantielles malgré le froid polaire

Sur les 21 cas d’usage analysés, seuls quatre ont montré une augmentation des coûts de carburant avec le passage à l’électrique. Ces exceptions concernent principalement des communautés disposant de moins d’énergies renouvelables et donc d’tarifs électriques plus élevés, ainsi que des véhicules parcourant de courtes distances quotidiennes avec peu d’utilisation de chauffe-moteurs.

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Les gestionnaires de flottes, guidés par les chiffres plutôt que par les débats théoriques, constatent que les moteurs à combustion perdent également en efficacité par températures extrêmes. Les flottes diesel dépendent lourdement du ralenti à 0 km/l, des chauffe-moteurs externes et du carburant hivernalisé pour rester opérationnelles. Ce temps d’arrêt représente un coût supplémentaire, les employés étant payés à attendre que les véhicules se réchauffent.

La confiance et l’infrastructure, véritables enjeux

La différence principale réside dans la familiarité avec la technologie. Les gestionnaires font confiance aux pompes diesel pour faire le plein en quelques minutes, tandis que les flottes électriques nécessitent une planification : analyse des itinéraires, programmation de la recharge et déploiement d’infrastructures. Cette planification supplémentaire représente le principal frein psychologique à l’adoption.

Pour de nombreux opérateurs dans le Grand Nord, le manque de confiance envers l’infrastructure de recharge existante constitue un obstacle majeur. Ils craignent de ne pas avoir l’électricité disponible au bon moment et au bon endroit. Cette appréhension, bien que compréhensible, ne reflète pas toujours la réalité opérationnelle démontrée par l’étude.

L’impact du stockage et des cycles d’utilisation

L’étude révèle que les courts trajets dans ces communautés imposent un coût énergétique élevé pour chauffer l’habitacle, que ce soit par le temps de ralenti pour les moteurs thermiques ou par l’énergie de batterie pour l’électrique. Cette situation avantage légèrement les véhicules thermiques sur de très courts trajets par temps froid, particulièrement quand les véhicules sont stockés à l’extérieur.

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Le stockage en intérieur transforme radicalement la donne pour les véhicules électriques. Selon les chercheurs du Laboratoire National des Rocheuses, bien que l’efficacité puisse chuter de 69% pour un stockage extérieur, aucun véhicule n’a connu de panne empêchant le déplacement. Le stockage intérieur permet un préconditionnement plus rapide et une meilleure efficacité globale.

Les flottes à forte utilisation en tête

L’étude démontre que les flottes à forte utilisation – services de transport partagé, taxis et véhicules de livraison du dernier kilomètre – bénéficient le plus de l’électrification. Plus les heures d’exploitation quotidiennes et les kilomètres parcourus augmentent, plus les véhicules électriques surpassent le diesel, même par températures extrêmes.

La méthodologie utilisée se distingue par la collecte de données réelles de consommation de carburant des véhicules thermiques, contrairement à d’autres analyses de flottes qui s’appuient sur les estimations EPA ne tenant pas compte du temps de ralenti et des impacts météorologiques. Cette approche confirme les témoignages anecdotiques de flottes d’autobus scolaires opérant par grand froid, où certains bus diesel ont complètement refusé de démarrer.

  • Préconditionnement facilité : branché sur la même prise que le chauffe-moteur diesel, le véhicule électrique peut se préconditionner avant le départ
  • Confort immédiat : chauffage efficace dès les premiers instants, sans attendre le réchauffement du moteur
  • Maintenance réduite : moins de pièces mobiles soumises aux contraintes du froid extrême
  • Fiabilité de démarrage : aucune panne empêchant le voyage dans l’étude, contrairement aux moteurs diesel
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Ces résultats bouleversent les idées reçues sur les limitations des véhicules électriques par grand froid. Si l’électrique peut triompher dans les conditions les plus hostiles d’Alaska, les arguments contre son adoption dans des climats plus tempérés perdent de leur pertinence. Les gestionnaires de flottes disposent désormais de données concrètes pour éclairer leurs décisions, au-delà des craintes liées à l’autonomie et aux temps de recharge.

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