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L’industrie européenne des batteries vient de perdre l’un de ses plus grands espoirs. Northvolt, le fabricant suédois qui devait rivaliser avec les géants asiatiques, passe sous contrôle américain après son rachat par Lyten, une start-up californienne. Ce changement de propriétaire illustre les difficultés persistantes de l’Europe à développer une filière autonome de batteries lithium-ion pour véhicules électriques.
Vous vous souvenez probablement des ambitions affichées par Northvolt lors de sa création en 2016. L’entreprise suédoise était présentée comme le futur “Airbus des batteries”, capable de réduire la dépendance européenne envers les fournisseurs chinois et sud-coréens. Près d’une décennie plus tard, cette vision s’effrite face à la réalité économique et technique.
L’histoire de Northvolt ressemble à un conte moderne qui tourne mal. Créée avec le soutien des autorités européennes et de plusieurs constructeurs automobiles majeurs, l’entreprise avait réussi à lever des milliards d’euros pour développer ses installations de production. L’usine de Skellefteå, au nord de la Suède, était censée devenir le symbole de la renaissance industrielle européenne dans le secteur des batteries pour voitures électriques.
Les premiers signes de faiblesse sont apparus avec des problèmes de qualité récurrents sur les cellules produites. Les retards de livraison se sont accumulés, ébranlant la confiance des clients constructeurs qui dépendaient de ces batteries pour leurs nouveaux modèles électriques. Le dépôt de bilan en mars dernier a marqué l’aboutissement de ces difficultés, représentant probablement l’une des plus grosses faillites de l’histoire économique suédoise.
Lyten n’est pas n’importe quelle start-up. Cette société californienne développe une technologie particulière : les batteries lithium-soufre. Contrairement aux batteries lithium-ion classiques, cette chimie promet une densité énergétique supérieure et des coûts de production réduits. L’entreprise bénéficie du soutien financier de poids lourds comme Stellantis et FedEx, qui voient dans cette technologie un avantage concurrentiel futur.
Le rachat comprend les principaux sites de production de Northvolt en Suède et en Allemagne, ainsi que l’ensemble de sa propriété intellectuelle. Lyten prévoit de redémarrer l’usine de Skellefteå avec l’objectif ambitieux de relancer la production de cellules dès 2026. Si le montant exact de la transaction reste confidentiel, les observateurs évoquent une acquisition à prix bradé, reflétant les difficultés financières du vendeur.
Ce rachat soulève des questions importantes pour l’avenir de la mobilité électrique en Europe. Les constructeurs européens perdent un fournisseur local potentiel et restent largement dépendants des producteurs asiatiques pour leurs approvisionnements en batteries. Cette situation devient particulièrement préoccupante dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes et de volonté d’autonomie stratégique.
Lyten compte exploiter les installations européennes pour servir trois marchés principaux : l’automobile, le stockage d’énergie stationnaire et la défense. Cette diversification pourrait stabiliser l’activité, là où Northvolt s’était concentré presque exclusivement sur le secteur automobile. La stratégie américaine vise les constructeurs européens mais aussi les marchés émergents du stockage d’énergie renouvelable.
| Secteur d’activité | Marché visé | Calendrier de déploiement |
|---|---|---|
| Automobile | Constructeurs européens et américains | 2026-2027 |
| Stockage stationnaire | Utilities et énergies renouvelables | 2027-2028 |
| Défense | Armées occidentales | 2028-2030 |
Pour les autorités suédoises, ce rachat représente le moindre mal. La ministre de l’Énergie Ebba Busch a tenté de présenter positivement cette acquisition, évoquant le maintien de la Suède comme “acteur clé” du secteur. La réalité est moins reluisante : l’Europe perd le contrôle de ce qui devait être son champion industriel dans un secteur stratégique.
Les 2 000 emplois concernés par les sites européens de Northvolt devraient être globalement préservés, selon les engagements pris par Lyten. L’entreprise américaine mise sur l’expertise technique des équipes européennes pour développer sa production à grande échelle. Plusieurs anciens dirigeants de Northvolt ont d’ailleurs été intégrés dans l’organisation du repreneur, assurant une continuité dans le savoir-faire.
Ce changement de propriétaire marque une nouvelle étape dans la consolidation mondiale de l’industrie des batteries. Alors que la Chine domine toujours la production mondiale et que les États-Unis renforcent leur position via des acquisitions stratégiques comme celle-ci, l’Europe devra repenser sa stratégie pour ne pas rester à la traîne dans cette course technologique cruciale pour l’avenir de l’automobile électrique.
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