Leapmotor A10 : la prochaine claque technologique venue de Chine
Le constructeur chinois Leapmotor vient de dévoiler les spécifications officielles de son nouveau SUV compact A10, via les documents réglementaires […]
Sommaire
L’industrie automobile allemande vit un tournant décisif qui aurait été impensable il y a encore quelques années. Mercedes-Benz vient de franchir une ligne rouge symbolique en intégrant pour la première fois un moteur essence fabriqué en Chine dans ses nouvelles CLA et GLB hybrides destinées au marché européen. Cette décision marque une rupture avec plus d’un siècle de tradition industrielle et révèle les nouvelles réalités économiques qui poussent les constructeurs premium vers des stratégies inédites.
Le nouveau bloc essence désigné sous le code M252 illustre parfaitement cette mutation industrielle. Ce quatre cylindres 1,5 litre turbo n’est plus assemblé dans les usines historiques de Stuttgart ou Affalterbach, mais dans les installations de Geely en Chine. Cette production découle de la coentreprise Horse, créée par le géant chinois Geely – que vous connaissez peut-être pour ses véhicules électriques aux 1 000 km d’autonomie – et le groupe Renault.
Cette délocalisation répond à une logique économique implacable. Alors que Mercedes concentre massivement ses investissements européens sur l’électrification, la marque à l’étoile confie la production de ses nouveaux moteurs thermiques à des partenaires disposant d’infrastructures compétitives. Le pragmatisme l’emporte sur le romantisme du “Made in Germany”, même si cela peut choquer les puristes de la marque.
Malgré son origine chinoise, ce moteur intègre des technologies avancées qui témoignent du savoir-faire de Mercedes en matière d’ingénierie. Le cycle Miller remplace ici le cycle Otto traditionnel, une approche qui joue sur la fermeture anticipée ou retardée des soupapes d’admission. Cette technique améliore significativement l’efficacité thermique, même si elle sacrifie une partie de la puissance brute compensée par l’électrification.
L’innovation la plus marquante concerne l’intégration du système hybride 48 volts. Contrairement aux solutions périphériques habituelles, le moteur électrique de 27 ch (20 kW) s’intègre directement dans la nouvelle boîte à double embrayage à 8 rapports. Cette architecture permet de délivrer un couple immédiat de 200 Nm qui vient épauler les 220 ch et 300 Nm du bloc thermique.
Mercedes a particulièrement soigné la gestion de l’énergie sur cette CLA hybride. Malgré sa petite batterie de 1,3 kWh, le système se rapproche des performances d’un hybride conventionnel grâce à une électronique de contrôle raffinée. La voiture peut rouler en mode 100 % électrique à faible allure ou lors de phases de charge réduite, tant que la demande de puissance reste inférieure à 27 ch.
Plus impressionnant encore, la CLA peut totalement découpler son moteur thermique et l’éteindre jusqu’à des vitesses avoisinant les 100 km/h. Cette capacité réduit drastiquement la consommation sur voie rapide, une prouesse technique remarquable pour un système mild-hybrid. Le compresseur de climatisation électrique alimenté par le réseau 48V maintient le confort dans l’habitacle même moteur éteint, sans puiser dans les réserves de la batterie.
La commercialisation de cette nouvelle CLA révèle une anomalie de marché surprenante. Fixée à 48 350 euros pour la version hybride d’entrée de gamme développant 136 ch, elle se positionne paradoxalement au-dessus de son équivalent électrique. Cette dernière débute à 48 050 euros, soit 300 euros de moins pour une puissance supérieure de 224 ch et des performances nettement meilleures.
| Version | Prix | Puissance | 0 à 100 km/h |
|---|---|---|---|
| CLA Hybride | 48 350 € | 136 ch | 8,8 secondes |
| CLA Électrique | 48 050 € | 224 ch | 7,5 secondes |
Cette inversion tarifaire pose une question fondamentale : qui va réellement choisir la version hybride ? Les gros rouleurs devraient logiquement préférer l’électrique et ses 792 km d’autonomie avec recharge rapide. D’autant que le moteur essence a perdu son aura allemande, loin du romantisme des blocs V8 AMG assemblés à la main à Affalterbach.
Cette nouvelle CLA hybride symbolise finalement une transformation profonde de l’industrie automobile européenne, où les considérations économiques et environnementales redéfinissent les codes établis. Mercedes assume ce virage vers la mondialisation de sa production thermique, quitte à bousculer l’image traditionnelle de ses motorisations. Une stratégie qui s’inscrit dans la course vers l’électrification totale, où l’origine géographique des composants semble désormais secondaire face aux impératifs de compétitivité.
Réagissez à l'article