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Recharger sa voiture électrique la nuit est une erreur : découvrez pourquoi

Philippe Moureau

La recharge nocturne des voitures électriques, considérée depuis longtemps comme la plus économique, pourrait ne plus être la meilleure option à l’avenir. Cette évolution est principalement due aux changements dans la production d’électricité, de plus en plus axée sur les énergies renouvelables.

Le défi des heures creuses nocturnes

L’adoption massive des voitures électriques a engendré une pratique courante : la recharge pendant les heures creuses, généralement la nuit. Cette période, où les tarifs électriques sont plus bas, correspond aussi au moment où les véhicules sont inutilisés. Pourtant, cette stratégie pourrait devenir obsolète avec l’évolution du mix énergétique.

  • En France, les heures creuses nocturnes sont majoritairement de 22h à 6h du matin.
  • Le manque de production solaire pendant ces heures pose un problème, car sans stockage adéquat, l’électricité n’est pas utilisée de manière optimale.

Le nucléaire, dominant dans le mix énergétique français, permet certes une faible empreinte carbone de nuit. Toutefois, cette configuration est loin d’être une norme globale à travers le monde.

Impact carbone variable selon les pays

Une étude de Bloomberg met en lumière les variations importantes de l’empreinte carbone de la recharge nocturne selon les régions. Aux États-Unis, par exemple, les émissions nocturnes peuvent être substantiellement plus élevées comparativement à la journée.

  • En Allemagne, la différence de CO2 émis peut atteindre 45% de plus la nuit.
  • Aux USA, certaines régions affichent des émissions de 600 gCO2/kWh la nuit, contre 224 gCO2/kWh le jour.
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Ces disparités suggèrent qu’une réévaluation des périodes de recharge pourrait être bénéfique pour réduire l’empreinte carbone.

Les avantages d’une recharge en journée

Les énergies renouvelables, comme le solaire et l’éolien, offrent un potentiel de production élevé en journée, période durant laquelle l’électricité pourrait devenir moins chère grâce à la surproduction occasionnelle.

  • Des prix négatifs de l’électricité ont été observés en Europe lors de pics de production renouvelable.
  • Recharger les voitures électriques en journée permettrait d’utiliser cette électricité excédentaire et très peu carbonée.

L’intégration de technologies comme le V2G (Vehicle-to-Grid) qui équipe de plus en plus de nouvelles voitures électriques, comme la Renault 5 électrique, pourrait renforcer cette dynamique en utilisant les batteries des véhicules comme stockage temporaire d’énergie, optimisant ainsi l’utilisation de l’électricité produite.

Le futur des tarifs électriques et de la recharge

Avec l’augmentation continue du nombre de véhicules électriques, les fournisseurs d’électricité pourraient être incités à proposer des tarifs plus flexibles et adaptés aux variations de la production d’énergie renouvelable.

  • La tarification de l’électricité pourrait devenir plus dynamique, reflétant les conditions réelles de production et de consommation.
  • Cela encouragerait la recharge des véhicules lors des périodes de forte production d’énergie renouvelable.

La recharge de votre voiture électrique pourrait nécessiter une approche plus nuancée à l’avenir. Plutôt que de s’en tenir rigidement aux heures creuses nocturnes, il serait avantageux de considérer des moments où l’électricité est non seulement moins chère mais aussi moins carbonée. Cela contribuerait à une mobilité plus durable et à l’utilisation efficace des ressources énergétiques renouvelables.

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