Nouvelle Dacia Spring : tous les détails et ce qu’elle vaut face à la Renault Twingo
En moins de dix-huit mois, Dacia a développé une toute nouvelle génération de Spring. Pour situer à quel point c’est […]
Sommaire
Pousser une voiture électrique jusqu’à la panne sèche, c’est l’exercice auquel se sont livrés deux essayeurs de la chaîne YouTube MaxBLD avec la nouvelle Renault Twingo électrique. Le protocole est simple : vider complètement la batterie sur une boucle d’essai d’environ 700 mètres, par une journée à 32 °C, et observer précisément ce qui se passe une fois la jauge affichée à zéro. Un test qui ne remplace pas un essai complet du modèle, mais qui répond à une question que beaucoup d’acheteurs potentiels se posent : jusqu’où peut-on vraiment aller quand l’indicateur touche le fond ?
Avant d’en arriver à la panne, un rapide rappel de ce que vous achetez. La Twingo embarque un moteur de 82 chevaux alimenté par une batterie de 27,5 kWh en chimie LFP (lithium-fer-phosphate), fournie par le géant chinois CATL. Avec les aides à l’achat cumulées, le ticket d’entrée tombe autour de 13 000 €, ce qui en fait l’une des citadines électriques les plus accessibles du marché en 2026. Pour tenir ce positionnement tarifaire, Renault a fait des choix techniques assumés.
Premier compromis notable : l’absence de refroidissement liquide de la batterie, remplacé par un simple refroidissement par air. Deuxième concession : le moteur électrique lui-même vient de Chine, plus compact et moins gourmand en ressources que ceux équipant la R5 ou la Mégane E-Tech. Ce ne sont pas nécessairement de mauvais choix, mais ils ont des conséquences concrètes sur l’usage quotidien, notamment lors des recharges en été. À l’inverse, Renault ne lésine pas sur l’infodivertissement : la Twingo intègre Android Automotive avec navigation Google Maps intégrée, une technologie qu’on retrouve habituellement sur des voitures bien plus chères. Renault annonce une autonomie de 263 km en cycle WLTP, une valeur calibrée pour les trajets urbains et périurbains davantage que pour les longues distances.
C’est l’enseignement central de ce test. Lorsque la jauge tombe à zéro pourcent, la Twingo ne s’arrête pas immédiatement. Les essayeurs ont parcouru 16,6 km supplémentaires avant l’immobilisation totale. Ce surplus d’énergie disponible après le zéro affiché porte un nom technique : le buffer de batterie, ou tampon de protection. Il s’agit d’une réserve d’énergie que le constructeur maintient volontairement cachée pour éviter que vous n’endommagiez les cellules en les vidant jusqu’à leur limite chimique absolue.
Ce qui surprend ici, c’est l’absence quasi totale de mode tortue pendant ces 16 kilomètres bonus. Ce mode de bridage de puissance, censé prévenir le conducteur que la fin est vraiment proche, n’est apparu qu’au tout dernier moment, lorsque la tension d’une cellule a chuté sous 2,5 volts et que le BMS (Battery Management System) a coupé l’alimentation pour protéger la chimie de la batterie. La voiture s’est immobilisée en plein milieu de la chaussée, sans grande progressivité. Sur d’autres modèles électriques moins bien gérés, ce type de panne peut s’avérer bien plus problématique. Sur la Twingo, le vrai reproche est ailleurs : le mode tortue arrive si tard qu’il ne vous donne pratiquement aucun délai pour trouver une solution.
C’est là que le choix du refroidissement par air devient palpable au quotidien. Branchée à une borne rapide, la Twingo accepte jusqu’à 50 kW en courant continu et passe de 10 à 80 % en une trentaine de minutes environ. C’est un résultat correct pour une citadine de ce gabarit et de ce prix. Mais cette performance n’est reproductible qu’une seule fois dans la journée, notamment lorsque les températures extérieures sont élevées.
Lors de l’essai effectué par 32 °C, la batterie a atteint des températures comprises entre 50 et 55 °C en fin de recharge. Or, au-delà de 60 °C, le système coupe automatiquement la charge rapide pour protéger les cellules LFP. La deuxième recharge rapide de la journée est donc considérablement ralentie, voire bridée. Il y a un autre point à ne pas négliger : la prise CCS pour la recharge rapide en courant continu n’est pas incluse de série. Elle est proposée en option à 500 €. Sans elle, vous êtes limité à 6,6 kW en courant alternatif, ce qui change radicalement le portrait de la voiture pour quiconque envisage d’utiliser des bornes rapides en déplacement.
| Critère | Données Twingo électrique |
|---|---|
| Puissance moteur | 82 ch |
| Capacité batterie | 27,5 kWh (LFP / CATL) |
| Autonomie WLTP | 263 km |
| Réserve après 0 % | 16,6 km |
| Puissance de charge DC (option) | 50 kW (prise CCS à 500 €) |
| Puissance de charge AC (série) | 6,6 kW |
| Temps de charge 10 à 80 % | Environ 30 minutes |
| Température critique batterie | 60 °C (coupure charge rapide) |
| Prix avec aides | À partir d’environ 13 000 € |
Ce test de panne sèche confirme que la Twingo est une citadine cohérente, bien équipée pour son prix, à condition de l’utiliser dans le périmètre pour lequel elle a été conçue. En ville et sur routes secondaires, l’absence de refroidissement liquide ne vous posera aucun problème. Vous branchez le soir à domicile ou sur une borne lente, vous repartez le matin avec une batterie pleine, et la journée se passe bien. L’autonomie de 263 km WLTP est dans les faits largement suffisante pour ce type d’usage.
Les difficultés surviennent dès que vous envisagez des trajets plus ambitieux avec plusieurs arrêts de recharge rapide dans la même journée, surtout en période estivale. Si votre usage inclut des déplacements réguliers sur autoroute ou des voyages de plusieurs centaines de kilomètres, une Renault R5 en version 40 kWh ou une autre électrique dotée d’un système de refroidissement liquide sera plus adaptée. La Twingo électrique a été traversée sur 400 km en conditions réelles sans incident majeur, mais cela demande d’anticiper les arrêts et de ne pas enchaîner les recharges rapides sous forte chaleur. C’est une contrainte réelle, pas un défaut rédhibitoire — à condition d’en être conscient avant l’achat.
Réagissez à l'article