Cette Tesla Model 3 dépasse les 400 000 km : qu’est-ce qui est tombé en panne en premier ?
Cinq ans, 400 000 kilomètres, et une seule pièce défaillante. Ce chiffre suffit à relancer le débat sur la durabilité […]
Sommaire
Neuf ans. C’est le temps qui s’est écoulé depuis que Tesla a dévoilé son nouveau Roadster en novembre 2017. La voiture promettait des performances ahurissantes, une autonomie record et un statut de supercar électrique absolue. Des milliers d’acheteurs ont avancé des sommes considérables pour réserver leur exemplaire. En 2026, ils attendent toujours. Et la raison officielle du retard n’est pas celle qu’on pourrait imaginer.
Jon McNeill a dirigé Tesla en tant que président entre 2015 et 2018. Aujourd’hui à la tête de DVx Ventures et cofondateur de VistaShares, il s’est exprimé publiquement sur le sujet alors que Tesla prépare une démonstration du Roadster, presque neuf ans après la présentation originale du véhicule.
Sa lecture de la situation est sans détour : le Roadster est, selon lui, « une tentative probablement pas si cachée de rapprocher les destins de Tesla et SpaceX », et il prédit que les deux entreprises « vont se rapprocher, probablement plus tôt que tard ». Il a également déclaré qu’Elon Musk cherche à « réinjecter de l’énergie et de l’enthousiasme dans le secteur automobile » via ce projet. Ce qui bloque concrètement le Roadster aujourd’hui, c’est le développement d’un système de propulsion à gaz froid développé par SpaceX, baptisé en interne A71, qui permet littéralement de soulever la voiture du sol en orientant des propulseurs vers le bas. McNeill lui-même admet ne pas savoir si la démonstration à venir incluera un vrai vol, mais estime qu’on pourrait assister à de la lévitation.
Cette démonstration prévue en août 2026 — après avoir été repoussée au moins neuf fois depuis avril 2026 — ne ressemblera pas à ce que les amateurs de voitures électriques pourraient espérer. Le véhicule sera téléopéré, sans conducteur à bord. La raison est simple : les propulseurs à gaz froid génèrent un niveau sonore suffisant pour endommager l’audition de toute personne se trouvant à proximité. Ce n’est pas une voiture de route. C’est, dans l’état actuel des choses, un prototype de scène.
Les plans initiaux de la démonstration étaient encore plus ambitieux : la voiture devait grimper sur une rampe magnétisée, rouler à l’envers, se redresser, puis léviter. Ces séquences ont été abandonnées après présentation à Elon Musk, qui a reconnu que le show « sera difficile à exécuter et pourrait mal tourner ». Ce n’est pas exactement rassurant pour des acheteurs qui ont versé jusqu’à 250 000 dollars intégralement pour la Founders Series.
Pour mémoire, voici ce que Tesla annonçait lors de la présentation originale du Roadster en novembre 2017 :
Ces chiffres, sans le moindre propulseur spatial, faisaient déjà du Roadster la voiture de série la plus rapide jamais annoncée. Le package SpaceX est arrivé plus tard, comme un ajout promis par Musk pour abaisser le 0 à 100 km/h à environ 1,2 seconde grâce aux thrusters à gaz froid. Depuis, le projet a glissé d’année en année. La livraison, attendue en 2020, n’a jamais eu lieu. La démonstration seule a été repoussée d’avril 2026 à fin avril, puis à « dans un mois » lors des résultats du premier trimestre, puis à août 2026. Et la raison avancée, c’est précisément ce système SpaceX.
Le contexte financier dans lequel s’inscrit tout cela est important. L’action Tesla (TSLA) a perdu environ 25 % depuis le début de l’année 2026, faisant du constructeur la pire performance parmi les entreprises du groupe dit des « Magnificent Seven ». Les ventes de voitures reculent face à une concurrence mondiale de plus en plus dense, notamment en provenance de constructeurs chinois comme BYD ou NIO.
Dans ce contexte, McNeill n’a pas tort quand il dit que le Roadster sert à « réinjecter de l’énergie ». Mais il faut appeler les choses par leur nom : utiliser une voiture attendue depuis près d’une décennie comme outil de communication boursière et de rapprochement stratégique entre deux entreprises, c’est faire passer l’agenda d’actionnaires avant celui des clients. Les personnes qui ont engagé 50 000 dollars, voire 250 000 dollars, n’ont jamais demandé une démonstration de lévitation sans conducteur dans un champ du Texas. Elles ont demandé une supercar électrique de route.
La voiture présentée en 2017 était extraordinaire sur le papier, sans le moindre thruster. Livrer une version améliorée de ce Roadster original, avec une décennie de progrès technologiques intégrée dans la batterie, les moteurs et le châssis, aurait constitué un produit cohérent, désirable et attendu. À la place, Tesla greffe un système non homologué pour la route, inexploitable au quotidien, pour mettre en scène un spectacle dont l’utilité réelle pour l’acheteur final est nulle.
Si le rapprochement Tesla-SpaceX est effectivement en préparation, comme le suggère McNeill, alors le Roadster dans sa forme actuelle serait avant tout un symbole politique interne plutôt qu’un produit automobile. Ce qui reste, pour les milliers de réservations en attente, une réponse particulièrement décevante à neuf ans de patience.
Réagissez à l'article