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Toyota dévoile les tarifs de son premier pickup électrique, et ce n’est pas une surprise

Albert Lecoq

Toyota s’apprête à commercialiser son tout premier pickup 100% électrique, le Hilux BEV, et les premières grilles tarifaires viennent de tomber. Si l’arrivée d’une version électrifiée du légendaire utilitaire japonais ne surprend personne en 2025, les prix annoncés risquent de faire réfléchir plus d’un acheteur potentiel. Le constructeur nippon franchit une étape symbolique avec ce modèle, mais reste-t-il compétitif face à la concurrence diesel ?

Le Hilux électrique débarque en Australie avec un positionnement tarifaire élevé

Sur le marché australien, où le Hilux jouit d’une popularité considérable, Toyota a fixé le prix de départ à 74 990 dollars australiens (environ 50 000 euros), hors frais de mise en circulation. Cette entrée de gamme concerne la version SR en double cabine châssis, qui sera rejointe par deux autres déclinaisons : la SR double cabine pickup et la SR5 double cabine pickup, cette dernière atteignant 82 990 dollars australiens. Les livraisons sont prévues pour mai 2025.

L’écart de prix avec l’équivalent diesel mérite qu’on s’y attarde. La version thermique comparable démarre aux alentours de 54 900 dollars australiens, soit une différence de 20 000 dollars australiens en défaveur de la motorisation électrique. Ce surcoût représente environ 36% du prix du modèle diesel, ce qui constitue un investissement conséquent pour les professionnels comme pour les particuliers. John Pappas, vice-président des ventes et du marketing chez Toyota Australie, justifie cette offre comme une réponse aux besoins d’une clientèle recherchant des émissions zéro à l’échappement, tout en reconnaissant implicitement que chaque type de motorisation trouvera son public selon l’usage.

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Des caractéristiques techniques pensées pour l’usage professionnel

Le Hilux BEV embarque une batterie de 59,2 kWh qui alimente un système de double moteur à transmission intégrale. La puissance combinée atteint 193 chevaux (144 kW) avec un couple de 475 Nm, des valeurs correctes mais loin d’être spectaculaires dans l’univers des pickups électriques. La capacité de remorquage s’établit à 2 000 kg, ce qui reste modeste comparé aux standards du segment.

Voici les trois versions proposées avec leurs tarifs respectifs :

Variante du Hilux BEVPrix de départ (AUD)Équivalent en EUR
SR double cabine châssis74 990 $50 000 $
SR double cabine pickup76 490 $51 250 $
SR5 double cabine pickup82 990 $55 000 $

Le point sensible reste l’autonomie annoncée selon le cycle NEDC : 315 kilomètres pour les versions pickup, et seulement 245 kilomètres pour le châssis cabine. Ces chiffres paraissent limités pour un véhicule destiné aux professionnels du bâtiment ou de l’agriculture, qui parcourent souvent de longues distances quotidiennes. La recharge rapide en courant continu de 150 kW permet néanmoins de récupérer 70% de charge (de 10% à 80%) en 30 minutes, une donnée appréciable lors des pauses.

Un design reconnaissable avec quelques évolutions esthétiques

Toyota a conservé l’ADN visuel du Hilux tout en apportant des modifications pour signaler la nature électrique du véhicule. La calandre fermée et les optiques LED effilées donnent un air plus moderne à ce modèle qui existe depuis plus de 50 ans et dont 27 millions d’exemplaires ont été vendus dans le monde. L’habitacle bénéficie d’une refonte avec deux écrans de 12,3 pouces : un combiné d’instrumentation et un système multimédia central compatible avec Apple CarPlay et Android Auto sans fil.

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La plateforme reprend l’architecture à châssis séparé des autres Hilux, mais Toyota a renforcé le cadre et revu les suspensions avant de type MacPherson pour encaisser le poids supplémentaire de la batterie. Le système Multi-Terrain Select propose six modes de conduite différents pour s’adapter aux terrains accidentés, une fonctionnalité bienvenue pour un pickup souvent utilisé hors des routes goudronnées.

Des essais intensifs dans des conditions extrêmes

Pour valider la robustesse de son premier pickup électrique, Toyota a multiplié les sessions d’essais sur des sites miniers australiens pendant plusieurs mois. Les ingénieurs ont soumis les prototypes à des températures atteignant 50°C, conditions particulièrement éprouvantes pour les batteries et les systèmes de refroidissement. Cette phase de validation vise à rassurer une clientèle professionnelle exigeante qui ne peut se permettre d’immobiliser ses véhicules.

Un déploiement mondial progressif avec des tarifs variables

L’Australie n’est que le début du plan de commercialisation. Le Hilux BEV, baptisé Travo-e en Thaïlande, y est déjà disponible au prix de 1 491 000 bahts (environ 40 000 euros), soit un positionnement sensiblement plus accessible qu’en Australie. Cette différence tarifaire s’explique par les taxes locales et les stratégies commerciales propres à chaque marché. Le pickup électrique sera progressivement introduit en Europe, au Japon, en Asie du Sud-Est ainsi qu’en Amérique centrale et du Sud au cours de l’année 2025.

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Pour les acheteurs disposant d’une installation photovoltaïque domestique, le surcoût initial pourrait s’amortir sur la durée grâce aux économies réalisées sur le carburant, surtout dans un contexte où les prix du diesel restent élevés. Le calcul devient moins évident pour les professionnels effectuant de longs trajets quotidiens, où l’autonomie limitée et le temps de recharge risquent de poser problème. Toyota mise clairement sur une clientèle urbaine et périurbaine avec ce premier essai dans le monde des pickups électriques, laissant les usages intensifs aux motorisations thermiques pour encore quelque temps.

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