Des camions électriques chinois vont désormais être assemblés en Europe
Deux fabricants chinois de poids lourds, SuperPanther et Sinotruk, assemblent désormais leurs camions électriques sur le sol européen, plus précisément […]
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Toyota et BMW ont lancé conjointement un programme d’essais grandeur nature autour d’un carburant renouvelable développé par Repsol. Aux côtés de Bosch, les deux constructeurs entendent explorer une voie alternative — ou du moins complémentaire — à l’électrification pure, dans un contexte réglementaire européen qui se complexifie de mois en mois. Ce n’est pas un coup de communication : il s’agit d’un test concret, sur route ouverte, avec une flotte dédiée et un calendrier précis.
Le carburant au cœur de ce programme s’appelle le Nexa 95. Il est produit par Repsol à partir de déchets organiques et de matières premières renouvelables, ce qui le distingue fondamentalement des e-fuels. Ces derniers sont des carburants de synthèse fabriqués à partir de dioxyde de carbone capté et d’hydrogène issu de l’électrolyse de l’eau — un procédé énergivore et coûteux. Le Nexa 95, lui, repose sur une logique de valorisation de biomasse ou de déchets biologiques déjà existants.
Repsol avance une réduction des émissions de CO2 supérieure à 70 % par rapport à un carburant fossile classique. L’argument scientifique mis en avant est celui du cycle carbone dit “fermé” : le CO2 rejeté lors de la combustion correspond au CO2 absorbé par la matière organique durant sa vie. En d’autres termes, on ne puise pas dans un stock de carbone fossile enfoui depuis des millions d’années. C’est un argument valable, bien que la réalité du bilan carbone complet dépende aussi du procédé de production, du transport et de la transformation de la matière première.
Le programme a démarré en Espagne ce mois-ci, avec une flotte d’environ 20 véhicules Toyota et BMW roulant exclusivement au Nexa 95 pendant six mois. Repsol se présente comme le seul fournisseur en Espagne à proposer un carburant 100 % renouvelable à la pompe, dans des stations-service accessibles au grand public. Ce point est loin d’être anecdotique : il signifie que les conducteurs participant à ce test ne modifient pas leurs habitudes de ravitaillement.
Bosch intervient dans ce dispositif avec un système numérique de traçabilité du carburant, permettant de suivre précisément la consommation et les données d’émissions tout au long de l’expérimentation. Ce volet technologique est essentiel pour crédibiliser les résultats et produire des données exploitables, notamment dans une perspective de certification ou de conformité réglementaire future.
Pourquoi ce test a-t-il lieu maintenant ? La réponse se trouve en partie dans l’évolution du cadre réglementaire européen. L’interdiction de vente de voitures thermiques neuves prévue pour 2035 a été assouplie fin 2025 : les constructeurs pourront continuer à vendre des modèles à moteur thermique au-delà de cette échéance, sous deux conditions cumulatives — l’utilisation d’acier bas-carbone fabriqué dans l’UE dans la construction du véhicule, et le recours à des carburants durables. La règle impose par ailleurs une réduction des émissions à l’échappement de 90 % par rapport aux niveaux de 2021, ce qui laisse tout de même une place centrale aux voitures 100 % électriques dans la stratégie climatique européenne.
Pour l’automobiliste, la bonne nouvelle est que ces carburants renouvelables fonctionnent en substitution directe (drop-in) des essences classiques, sans modification mécanique du véhicule. Vous remplissez votre réservoir comme d’habitude, mais avec un carburant dont l’empreinte carbone est drastiquement réduite. C’est un avantage logistique considérable par rapport aux voitures électriques, notamment pour les conducteurs qui ne disposent pas de solution de recharge à domicile.
Il serait simpliste de présenter ce test comme une opposition frontale entre carburants verts et voitures électriques. Les chiffres du marché parlent d’eux-mêmes : en mai 2026, les immatriculations de véhicules électriques à batterie ont atteint 23,3 % de parts de marché dans l’UE, l’AELE et le Royaume-Uni, dépassant pour la première fois les nouvelles voitures à essence, selon l’Association des constructeurs automobiles européens (ACEA). Un an plus tôt, ce chiffre était de 17,4 %. La progression est rapide et réelle.
Néanmoins, plusieurs acteurs de l’industrie soulignent qu’une transition 100 % électrique d’ici 2035 reste difficile à garantir pour l’ensemble du parc automobile européen. Les raisons sont multiples :
C’est dans ce contexte que les hybrides rechargeables, les PHEV et les carburants durables conservent leur pertinence stratégique. Les constructeurs européens ont d’ailleurs considérablement accéléré leur offre électrique sur des segments de prix variés, rendant le marché plus accessible. Mais il est raisonnable de penser que la transition sera plurielle : certains conducteurs passeront directement au tout électrique, d’autres s’appuieront sur des technologies intermédiaires, dont les carburants renouvelables pourraient faire partie. Le test Toyota-BMW-Repsol s’inscrit précisément dans cette logique de diversification des réponses, plutôt que dans une quête d’alternative unique et universelle.
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