Un projet ambitieux vise à unir trois continents majeurs dans la course aux véhicules électriques. À la tête de ce mouvement, le Japon, prêt à faire un pas de géant dans ce domaine aux côtés des poids lourds de l’automobile, l’Europe et les États-Unis. Alors que les tensions commerciales entre l’Europe et la Chine continuent de s’intensifier, cette nouvelle coalition pourrait changer la donne sur l’échiquier mondial.
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La troisème alliance révolutionnaire dans le secteur automobile
La vision de faire de la voiture électrique un pont entre trois continents provient de Yasutoshi Nishimura, le ministre japonais de l’Industrie. Selon les récentes révélations du journal japonais Nikkei, des négociations pour concrétiser cette alliance pourraient débuter très prochainement. L’enjeu ? Établir une stratégie commune en matière d’approvisionnement en matières premières, d’incitations et d’investissements pour une transition harmonieuse vers l’électrique.
Tokyo semble particulièrement engagé dans cette cause, envisageant d’injecter une somme astronomique de 20 000 milliards de yens sur la prochaine décennie, soit l’équivalent de 125,5 milliards d’euros.
Europe et Chine : une rivalité qui s’intensifie
En parallèle, le conflit entre l’Europe et la Chine concernant les subventions à l’industrie de l’électrique est loin d’être résolu. Suite à une enquête initiée par Bruxelles, la firme chinoise Great Wall a été la première à réagir en se défendant.
Dans un document officiel adressé à la Commission européenne, le président de la marque, Mu Feng, a souligné l’importance d’un “environnement commercial équitable et ouvert“. Il ajoute avec audace que la marque possède la confiance nécessaire pour se mesurer à la compétition mondiale. Cette déclaration intervient à un moment stratégique alors que Great Wall envisage d’établir une usine en Europe, avec l’Allemagne comme principale prétendante.
L’effet potentiellement destructeur des nouveaux droits de douane
Face à l’enquête de Bruxelles, une inquiétude grandissante émerge au sein de l’industrie automobile européenne. Clepa, l’association représentant les fournisseurs automobiles, met en garde contre un possible effet boomerang. Pour eux, imposer de nouveaux droits de douane sur les importations chinoises pourrait se révéler contre-productif.
Au lieu de cela, Clepa suggère de se concentrer sur les matières premières et d’autres aspects essentiels pour favoriser une mobilité durable et rendre les véhicules électriques accessibles à tous.
Concurrence : une source d’innovation
Malgré ces tensions, certains voient dans cette concurrence un véritable moteur d’innovation. C’est le cas de Michael Mauer de Porsche et du groupe Volkswagen. Pour lui, se mesurer à des marques comme celles de la Chine peut ouvrir la porte à de nouvelles idées audacieuses, en particulier dans le domaine des véhicules électriques. “Avoir plus de concurrents est une bonne chose“, affirme-t-il.
Alors que les rivalités s’intensifient, l’union de trois continents pourrait bien redessiner le paysage de l’automobile électrique mondiale. Dans cette course à l’innovation, chaque mouvement stratégique compte, et l’avenir nous dira qui sortira gagnant de ce combat des titans.
Sources : Reuters