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Après l’électrique, l’Europe s’attaque aux voitures hybrides chinoises

François Zhang-Ming

Bruxelles avait cru fermer la porte aux importations automobiles chinoises en instaurant des surtaxes à l’été 2024. Résultat : les constructeurs de l’Empire du Milieu ont simplement changé de gamme, délaissant les électriques pures au profit des hybrides rechargeables et des thermiques, exemptés de toute taxation. Deux ans plus tard, la Commission européenne semble enfin mesurer l’étendue de cette faille et s’apprêterait à y apporter une réponse, partielle du moins.

Des taxes sur les électriques qui ont poussé les Chinois à pivoter vers le PHEV

À l’été 2024, après une longue enquête antisubventions, la Commission européenne a imposé des surtaxes douanières sur les véhicules électriques fabriqués en Chine. L’intention était claire : protéger l’industrie automobile européenne face à des modèles bénéficiant d’aides d’État massives. Mais le périmètre retenu s’est révélé trop étroit. Seuls les véhicules 100 % électriques étaient visés, laissant entièrement de côté les hybrides rechargeables, les hybrides simples et les motorisations thermiques classiques.

Les constructeurs chinois n’ont pas tardé à tirer profit de cette lacune. BYD, MG, Chery et consorts ont rapidement réorienté leur stratégie d’exportation vers l’Europe, en mettant en avant leurs gammes PHEV (Plug-in Hybrid Electric Vehicle). Cette adaptation s’est avérée particulièrement efficace : les marques chinoises approchent désormais collectivement du seuil symbolique de 10 % de part de marché sur le continent européen, un niveau qu’elles n’auraient vraisemblablement pas atteint aussi vite avec les seules électriques taxées.

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BYD en tête, mais d’autres marques tirent aussi profit du vide juridique

BYD illustre à lui seul l’ampleur du phénomène. Le constructeur de Shenzhen est devenu le premier vendeur de PHEV en Allemagne le mois dernier, un marché pourtant réputé difficile à conquérir. Plus révélateur encore : les modèles hybrides rechargeables représentent désormais 70 % des ventes de BYD en Europe, ce qui dit tout sur la manière dont la marque a su adapter son positionnement commercial à la réglementation en vigueur.

BYD n’est pas seul dans cette dynamique. D’autres acteurs chinois en profitent pleinement :

  • MG (groupe SAIC) propose plusieurs modèles hybrides rechargeables accessibles sur le marché européen.
  • Chery, via ses sous-marques Jaecoo et Omoda, écoule des SUV équipés de cette technologie à des tarifs très compétitifs.
  • Geely vient de lancer son SUV Starray EM-P, un modèle PHEV qui s’inscrit directement dans cette stratégie d’évitement fiscal.
  • Leapmotor commercialise le C10 avec un prolongateur d’autonomie, dont le statut fiscal reste encore flou dans le cadre de la future réglementation.

Ce dernier point mérite attention : on ignore encore si les véhicules équipés de prolongateurs d’autonomie (range extender) seront inclus dans les nouvelles taxes envisagées. La distinction technique entre un PHEV classique et un range extender pourrait offrir une nouvelle échappatoire si Bruxelles ne clarifie pas précisément le champ d’application de ses mesures.

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Ce que la Commission européenne envisage concrètement

Selon les informations du quotidien économique allemand Handelsblatt, la Commission européenne s’apprêterait à élargir le périmètre de ses surtaxes pour y intégrer les hybrides rechargeables fabriqués en Chine. Cette évolution répondrait en priorité à la situation de BYD, dont la montée en puissance sur le segment PHEV est la plus visible et la plus documentée. Mais elle concernerait théoriquement l’ensemble des constructeurs chinois exportant ce type de motorisation vers l’Europe.

Cette mesure resterait néanmoins une réponse incomplète. Plusieurs modèles hybrides rechargeables sont en cours d’assemblage sur le sol européen — la BYD Dolphin G notamment, ainsi que certaines références de Chery — ce qui leur permettrait d’échapper aux surtaxes liées à l’origine chinoise de fabrication. La production locale devient ainsi le prochain levier d’optimisation fiscale pour ces marques.

Les hybrides simples et les thermiques, grands oubliés de la régulation

L’angle mort le plus préoccupant reste entier : ni les hybrides simples, ni les motorisations 100 % thermiques chinoises ne seraient soumis aux nouvelles taxes envisagées. Or, plusieurs constructeurs ont présenté au Salon de Pékin, il y a deux mois à peine, une toute nouvelle génération de groupes motopropulseurs hybrides non rechargeables. Geely, GAC, Changan et Greatwall ont chacun dévoilé des technologies à très haut rendement énergétique, capables d’afficher des consommations officielles inférieures à 4 litres aux 100 km.

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Ces motorisations pourraient constituer la prochaine vague d’exportation vers l’Europe, d’autant plus attractive qu’elle resterait fiscalement non pénalisée. La Commission européenne se retrouverait alors dans la même position qu’en 2024 : courir après une stratégie commerciale qui a déjà changé de cap. La question n’est pas tant de savoir si ces véhicules méritent d’être taxés, mais si la réglementation européenne sera capable d’anticiper les mouvements du marché plutôt que de les subir.

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