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Voitures électriques à 25 000 € : Volkswagen passe à l’offensive

Albert Lecoq

Le salon IAA Munich 2025 a marqué un tournant pour Volkswagen. Le constructeur allemand a présenté la version définitive de sa cellule de batterie standardisée, un projet développé sur plusieurs années par sa filiale PowerCo. Cette approche vise à équiper 80% de ses véhicules électriques d’ici 2030 et concerne l’ensemble des marques du groupe, de Volkswagen à Porsche en passant par Audi et Škoda.

La stratégie de Volkswagen s’attaque directement à l’un des défis majeurs de l’industrie électrique : les coûts de production élevés qui empêchent la plupart des constructeurs, Tesla mis à part, de dégager des bénéfices significatifs sur leurs modèles électriques. En standardisant sa production de batteries, VW mise sur des économies d’échelle substantielles.

Une production qui démarre dès cette année en Allemagne

L’usine PowerCo de Salzgitter, en Allemagne, lance la production en série de cette cellule prismatique dans les prochaines semaines. Frank Blome, PDG de PowerCo, annonce une montée en cadence progressive avec l’ouverture d’usines en Espagne en 2026 et au Canada en 2027. Cette approche échelonnée permet au groupe de tester et d’optimiser ses processus avant un déploiement à grande échelle.

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La première application commerciale interviendra avec la “Electric Urban Car Family”, une gamme de quatre modèles basés sur la plateforme MEB+ et proposés à partir de 25 000 euros. Cette famille comprend les futures Volkswagen ID. Polo et ID. Cross, ainsi que la Cupra Raval. L’autonomie annoncée atteint 450 kilomètres, une performance rendue possible par une densité énergétique volumétrique de 660 Wh/l, soit 10% de mieux que les cellules précédentes du constructeur.

Une technologie adaptable à tous les segments

La flexibilité constitue l’atout majeur de cette cellule unifiée. Günther Mendl, responsable des batteries chez VW, explique la philosophie du groupe : “standardiser là où c’est possible, personnaliser quand c’est nécessaire”. Cette approche permet d’adapter les dimensions selon les véhicules et de fonctionner aussi bien avec des architectures 400 volts qu’800 volts.

Le format prismatique rectangulaire choisi par Volkswagen facilite l’intégration directe des cellules dans le pack batterie, éliminant les modules intermédiaires. Cette technologie cell-to-pack libère de l’espace, réduit le poids et diminue les coûts de production. Une approche similaire à celle adoptée par Ford sur sa nouvelle plateforme électrique ou par Rivian sur son R2.

Diversification des chimies de batterie selon les usages

Volkswagen prévoit d’adapter sa cellule unifiée à plusieurs chimies de batterie. La production débute avec la technologie NMC (Nickel Manganèse Cobalt), la plus répandue en Occident, avant d’intégrer les cellules LFP (Lithium Fer Phosphate) à partir de 2027 dans l’usine de Valence, en Espagne.

  • NMC : Chimie actuelle offrant un bon compromis performance/densité énergétique
  • LFP : Technologie moins coûteuse et plus durable pour les cycles de charge
  • Sodium-ion : Alternative prometteuse en développement
  • Solid-state : Technologie d’avenir intégrée à la feuille de route
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Les batteries solid-state restent pour l’instant au stade expérimental, aucun constructeur n’ayant réussi leur commercialisation. Volkswagen a néanmoins présenté au salon IAA un prototype de moto Ducati équipée de cellules solid-state développées par QuantumScape, startup soutenue par le groupe allemand.

Une stratégie de production partagée avec les fournisseurs

Conscient des investissements colossaux nécessaires, Volkswagen confiera 50% de la production à des partenaires externes. Parmi eux figurent des acteurs majeurs comme CATL, Gotion, Samsung SDI et LG Energy Solution. Cette répartition permet de sécuriser les approvisionnements tout en maîtrisant les coûts d’infrastructure.

L’utilisation de ces cellules dépasse le cadre automobile. Elli, la filiale de stockage énergétique de VW, intégrera cette technologie dans ses installations stationnaires. La première unité de 40 MWh sera opérationnelle avant la fin 2025, ouvrant de nouveaux débouchés pour amortir les investissements en recherche et développement.

Cette cellule unifiée représente pour Thomas Schmall, membre du conseil d’administration VW responsable de la technologie, un retour “aux commandes d’une des technologies clés de notre industrie”. Face à la concurrence chinoise subventionnée et aux normes d’émissions européennes de plus en plus strictes, cette stratégie pourrait permettre à Volkswagen de retrouver des marges bénéficiaires sur ses véhicules électriques tout en proposant des prix plus accessibles aux consommateurs.

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