Les batteries CATL sont celles qui résistent le mieux au temps selon cette étude
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Le patron de Volvo, Håkan Samuelsson, reste convaincu que l’industrie automobile basculera intégralement vers l’électrique d’ici une décennie. Cette prédiction audacieuse intervient dans un contexte paradoxal : les ventes de véhicules électriques du constructeur suédois ont chuté de 24% sur les huit premiers mois de 2025. Avec seulement 90 326 véhicules sans moteur thermique écoulés, Volvo fait face à une réalité commerciale qui contraste avec les ambitions affichées par sa direction.
Cette vision tranche avec les positions plus prudentes adoptées par d’autres constructeurs européens. BMW, Mercedes ou encore Audi jugent prématuré un passage total à l’électrique avant 2035, date butoir fixée par l’Union européenne pour l’interdiction des ventes de véhicules thermiques neufs. Volvo mise pourtant sur cette échéance pour redessiner complètement le paysage automobile mondial.
Volvo avait initialement promis de devenir 100% électrique dès 2030. Face aux difficultés rencontrées, le constructeur a dû revoir ses ambitions. L’objectif actuel vise 90 à 100% des ventes en véhicules électriques et hybrides rechargeables d’ici la fin de la décennie. Ce recul stratégique illustre les défis auxquels font face les constructeurs européens dans leur transition énergétique.
Les chiffres de ventes révèlent l’ampleur du défi. Outre la chute des ventes électriques pures, les hybrides rechargeables ont également reculé de 1% à 107 380 unités. Les modèles essence et mild-hybrid ont chuté de 7% à 253 376 exemplaires. Au total, Volvo affiche une baisse de 10% de ses livraisons globales avec 498 464 véhicules vendus.
Pour inverser la tendance, Samuelsson mise sur le déploiement de nouveaux hybrides rechargeables, qu’il décrit comme des “voitures électriques avec un moteur de secours”. Cette approche pragmatique reconnaît les limites actuelles de l’infrastructure de recharge et l’autonomie parfois insuffisante des véhicules électriques pour certains usages.
Le nouveau XC70 illustre cette stratégie avec sa technologie d’hybride rechargeable longue distance. Volvo explore également les véhicules électriques à prolongateur d’autonomie, où le moteur thermique sert uniquement de générateur. Cette technologie, déjà maîtrisée par Geely via sa coentreprise Horse avec Renault, pourrait offrir une solution de transition intéressante.
Samuelsson anticipe une restructuration majeure de l’industrie automobile mondiale. Selon lui, seules les entreprises capables de s’adapter survivront à cette transformation. Cette vision darwinienne du secteur automobile suggère que plusieurs constructeurs traditionnels pourraient disparaître ou être contraints à des fusions.
Le dirigeant suédois prédit l’émergence de “deux ou trois marques chinoises très fortes” parmi les forces dominantes du marché électrique post-2035. Cette projection reflète l’avance prise par les constructeurs chinois comme BYD, Nio ou XPeng dans le développement de technologies de batteries et la production de masse de véhicules électriques abordables.
L’unanimité est loin d’être acquise au sein de l’industrie automobile européenne concernant l’interdiction des ventes de véhicules thermiques en 2035. Les positions divergent considérablement :
Cette fracture au sein de l’industrie européenne complique la mise en œuvre d’une stratégie coordonnée. Ola Källenius, patron de Mercedes, qualifie même l’interdiction 2035 de “tout simplement plus réalisable”.
La réunion prévue entre les dirigeants automobiles et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s’annonce décisive. L’enjeu dépasse la simple question technique pour toucher aux fondements de la politique industrielle européenne. Volvo multiplie les pressions pour maintenir le cap, allant jusqu’à exposer publiquement les “promesses brisées” de leurs concurrents lors du salon IAA Mobility de Munich.
Cette bataille réglementaire intervient dans un contexte de ralentissement généralisé des ventes électriques en Europe. Les constructeurs font face à une demande moins dynamique qu’anticipé, des coûts de production encore élevés et une infrastructure de recharge insuffisamment développée. Malgré ces obstacles, Samuelsson maintient sa conviction : “L’industrie sera électrique, il n’y a pas de retour en arrière possible.” Reste à savoir si cette prophétie se réalisera dans les délais annoncés ou si les réalités économiques imposeront un calendrier plus étalé.
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