Olinia Uno : la voiture électrique mexicaine à 8 000 €
Quand on parle de voitures électriques abordables, on pense immédiatement à la Chine ou à certains constructeurs européens en quête […]
Sommaire
Martin Sander, membre du conseil d’administration de Volkswagen en charge des ventes, du marketing et de l’après-vente, a une façon bien à lui d’aborder la transition vers la mobilité électrique. Plutôt que de brandir des échéances réglementaires ou des arguments écologiques, il préfère une métaphore historique qui fait réfléchir. Rencontré lors d’un événement à Londres, il a livré sa vision d’un marché en pleine mutation, avec un pragmatisme qui tranche avec les discours habituels du secteur.
“Savez-vous quand les chevaux ont été interdits ?” a lancé Martin Sander, laissant volontairement la question en suspens. La réponse, bien sûr, est qu’ils ne l’ont jamais été. On peut encore acheter un cheval aujourd’hui. Ce que Sander cherche à illustrer, c’est que le passage de la traction animale à l’automobile au début du XXe siècle ne s’est pas opéré par la contrainte, mais par l’évidence progressive d’une technologie plus pratique pour se déplacer. “Aujourd’hui, je regarde par la fenêtre : peu de chevaux, essentiellement des voitures”, a-t-il plaisanté, installé dans le lobby d’un hôtel londonien.
Cette analogie n’est pas anodine. Elle résume une conviction : les acheteurs finiront par adopter les voitures électriques naturellement, sans avoir besoin d’être contraints par une date d’interdiction des moteurs thermiques. Pour Sander, focaliser le débat public sur le calendrier de la fin du moteur à combustion interne est contre-productif. “Comment convaincre les clients d’une nouvelle technologie si on ne parle que de la date à laquelle ils n’auront plus le droit d’utiliser celle qu’ils connaissent depuis des décennies ?” a-t-il interrogé.
Le discours de Martin Sander repose sur une idée simple : lever les freins plutôt qu’imposer des obligations. Selon lui, trois leviers sont essentiels pour accélérer l’adoption des véhicules électriques de manière organique :
Il ajoute qu’en procédant ainsi, la grande majorité des acheteurs basculera d’eux-mêmes vers l’électrique. Et pour ceux qui, en 2035 ou au-delà, souhaiteraient encore un moteur thermique — “trois, quatre, cinq pour cent des clients”, selon lui — la question de leur laisser ou non cette liberté pourra se poser à ce moment-là. Une position nuancée, qui évite l’écueil d’un discours dogmatique tout en maintenant le cap vers l’électrique.
Volkswagen n’ignore pas la pression exercée par les constructeurs chinois sur le marché européen. Mais Sander y voit aussi une opportunité d’apprentissage. La présence de VW en Chine, marché où la concurrence locale est particulièrement féroce en matière de véhicules électriques, oblige le groupe à progresser sur trois axes fondamentaux : l’échelle de production, l’efficacité industrielle et la maîtrise des coûts. “Tout ce que nous apprenons en Chine nous aidera à être compétitifs sur tous les autres marchés où nous affrontons les marques chinoises”, a-t-il déclaré, avant de conclure sobrement : “Nous devons être compétitifs. Il n’y a pas d’alternative.”
Cette compétition avec les acteurs asiatiques pousse Volkswagen à optimiser ses plateformes et à réduire ses coûts de fabrication, ce qui devrait, à terme, se traduire par des prix plus accessibles sur les modèles destinés à l’Europe. Une dynamique qui pourrait accélérer précisément la transition naturelle que Sander appelle de ses vœux.
Sur la question du range extender — cette technologie qui associe un petit moteur thermique à une batterie pour étendre l’autonomie, plébiscitée en Chine — Sander est catégorique : ce n’est pas prévu pour l’Europe. Une position alignée avec celle du PDG du groupe, Thomas Schäfer. “Comment voulez-vous découper le gâteau encore plus finement ?” a-t-il répondu, estimant qu’il existe déjà un chevauchement trop important entre les différentes motorisations proposées.
La gamme européenne de Volkswagen couvre en effet un spectre très large :
Selon Sander, cette diversité suffit à couvrir tous les profils d’acheteurs européens, sans avoir besoin d’ajouter une technologie intermédiaire supplémentaire qui complexifierait l’offre sans apporter de valeur ajoutée décisive sur ce marché.
Sur le plan produit, l’agenda de Volkswagen pour les mois à venir est chargé. La marque s’apprête à lancer l’ID. Polo, déclinaison électrique de sa citadine best-seller, qui représente un jalon symbolique fort : proposer une alternative zéro émission à l’une des voitures les plus vendues d’Europe. Dans la foulée, une version ID. Polo GTI est également prévue, marquant l’entrée de l’emblématique sigle GTI dans l’ère électrique. L’ID.3, souvent critiqué pour ses finitions perfectibles à ses débuts, bénéficiera quant à lui d’un restylage significatif.
Plus tard dans l’année, c’est l’ID. Tiguan qui sera dévoilé, une mise à jour en profondeur de l’ID.4 qui devrait corriger les reproches adressés au SUV électrique depuis son lancement. Volkswagen mise sur ces nouveautés pour consolider sa position sur un segment des véhicules électriques de plus en plus disputé, face à des concurrents qui n’hésitent plus à casser les prix. La stratégie de Sander repose sur la conviction que la qualité et la confiance dans la marque feront la différence — à condition que le réseau de recharge et le coût de l’énergie suivent le mouvement.
Réagissez à l'article