La Renault Twingo électrique cartonne et pas seulement en France
La nouvelle Renault Twingo E-Tech Electric prend un départ solide sur les marchés européens. Après avoir su se faire une […]
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Lucid Motors n’a jamais vraiment joué dans la cour du grand public. La marque californienne s’est construite une solide réputation grâce à la berline Air et au SUV Gravity, deux véhicules salués pour leurs performances et leur autonomie exceptionnelles, mais vendus à des tarifs réservés à une clientèle aisée. Le tournant arrive cette année avec le Cosmos, un SUV compact positionné autour de 50 000 dollars, dont les premières images brevetées viennent d’être révélées publiquement. Pour une marque qui perd encore de l’argent, c’est un pari existentiel.
C’est via l’Office de la propriété intellectuelle de l’Union européenne (EUIPO) que les premières silhouettes officielles du Cosmos ont filtré. Lucid a déposé le design sous son ancien nom, Atieva Inc., sans mentionner explicitement le nom Cosmos dans le dossier. Mais les formes révélées correspondent précisément à ce que la marque avait présenté lors de son Investor Day à New York en début d’année, dans un cadre fermé et sans autorisation de photographier.
Le résultat est celui d’un SUV compact au design cab-forward, visuellement proche d’un Gravity en version réduite. La face avant arbore un grand emblème Lucid, bien plus imposant que sur ses aînés, et le nom de la marque est également épelé en grandes lettres à l’arrière. La ligne de toit est fortement inclinée, dans un style proche de l’Audi Q6 Sportback e-tron, avec un becquet traversant la lunette arrière. Conséquence directe de ce choix stylistique : la visibilité arrière est assurée par une caméra de recul numérique en remplacement du rétroviseur traditionnel. Le design est affirmé, sportif, peut-être un peu polarisant selon les goûts — le Model Y et le Rivian R2 restent plus sobres et universels dans leur approche.

Si le style peut diviser, les données techniques sont nettement plus difficiles à contester. Lucid annonce un coefficient de traînée de 0,22 Cx, un chiffre remarquable pour un SUV, obtenu grâce à un travail approfondi sur l’aérodynamisme de la carrosserie. Résultat attendu : une autonomie projetée supérieure à 480 km, ce qui placerait le Cosmos en tête de sa catégorie si ces chiffres se confirment en conditions réelles.
Sur la recharge, Lucid mise sur son architecture 800 volts pour se distinguer. La promesse affichée est d’ajouter 320 km d’autonomie en seulement 14 minutes de charge rapide, une performance qui rivalise avec ce que Hyundai ou Kia proposent sur leurs plateformes E-GMP. À cela s’ajoutent des fonctions de recharge bidirectionnelle V2H (vehicle-to-home) et V2G (vehicle-to-grid), permettant d’utiliser la batterie du véhicule pour alimenter son logement ou restituer de l’énergie au réseau électrique.

À bord, Lucid rompt avec les codes établis sur l’Air et le Gravity. Fini les multiples écrans et les dalles courbes caractéristiques de ses modèles premium : le Cosmos adopte un seul grand écran horizontal s’étirant sur toute la largeur du tableau de bord. Un choix qui simplifie l’ergonomie visuelle et qui n’est pas anodin d’un point de vue stratégique.
Lucid a en effet confirmé que cette architecture logicielle et matérielle est pensée pour intégrer des fonctions de conduite autonome avancée. Les véhicules construits sur cette nouvelle plateforme compacte pourraient même être déployés en tant que robotaxis dans le cadre d’un partenariat avec Uber. C’est une dimension rarement évoquée pour un SUV familial à ce prix, et qui illustre les ambitions bien plus larges de la marque derrière ce modèle grand public.
Sur le plan industriel, la trajectoire est clairement tracée. Les premières unités du Cosmos sortiront d’une usine en Arabie Saoudite d’ici la fin 2026, une localisation directement liée aux liens étroits que Lucid entretient avec le fonds souverain saoudien PIF, son principal actionnaire. Ces premières séries seront destinées prioritairement au marché américain.
Entre six et douze mois après le lancement de la production, l’usine de Casa Grande en Arizona prendra progressivement le relais pour alimenter le marché nord-américain à plus grande échelle. Ce basculement progressif est important : il conditionne la capacité de Lucid à atteindre les volumes nécessaires pour peser face à Tesla et Rivian sur ce segment. Le Model Y reste le SUV électrique le plus vendu au monde, et le R2 de Rivian s’annonce comme un concurrent sérieux avec une communauté déjà conquise. Le Cosmos aura donc fort à faire, mais ses arguments techniques lui donnent une base solide pour prétendre à une vraie place sur ce marché.
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