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Les robotaxis débarquent dans 4 nouvelles villes grâce à Waymo

Philippe Moureau

Le déploiement des robotaxis autonomes aux États-Unis prend une nouvelle dimension. Waymo, la filiale d’Alphabet spécialisée dans la conduite autonome, vient d’annoncer l’arrivée de son service dans quatre nouvelles villes américaines : Dallas, Houston, San Antonio et Orlando. Cette expansion porte à 10 le nombre total de villes où l’entreprise propose désormais ses courses sans conducteur. Un chiffre qui contraste fortement avec celui de Tesla, son concurrent le plus médiatisé, qui n’opère toujours aucun service réellement autonome malgré des annonces répétées depuis plusieurs années.

Une expansion méthodique dans le Sud des États-Unis

L’extension géographique annoncée par Waymo s’inscrit dans une logique de consolidation régionale. Les quatre nouvelles villes se situent au Texas et en Floride, deux États où l’entreprise dispose déjà d’une présence établie avec Austin et Miami. Cette stratégie permet de mutualiser les ressources et d’optimiser la gestion logistique de la flotte de véhicules autonomes.

Le déploiement suit le protocole habituel de Waymo : l’ouverture s’effectue progressivement auprès d’un nombre restreint d’utilisateurs. Vous ne pourrez donc pas nécessairement utiliser le service immédiatement, même si vous téléchargez l’application dès maintenant. La montée en puissance s’étale généralement sur plusieurs mois, le temps que l’entreprise affine les algorithmes de navigation en fonction des spécificités locales et s’assure de la fiabilité du système dans chaque nouvel environnement urbain.

Des zones de couverture qui démarrent modestement

Les périmètres d’intervention initiaux varient sensiblement d’une ville à l’autre. Orlando et San Antonio bénéficient chacune d’une zone d’environ 155 kilomètres carrés, tandis que Dallas couvre approximativement 130 kilomètres carrés. Houston affiche la superficie la plus réduite avec seulement 65 kilomètres carrés, ce qui en fait la plus petite zone d’opération de Waymo à ce jour.

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Ces dimensions restent modestes comparées aux déploiements plus matures de l’entreprise. Phoenix et San Francisco, où le service fonctionne depuis plus longtemps, proposent des zones de plusieurs centaines de kilomètres carrés. Los Angeles et Austin dépassent également la barre des 260 kilomètres carrés. Cette approche progressive correspond à la méthode éprouvée de Waymo : démarrer sur un territoire limité avant d’étendre graduellement la couverture.

Un détail intéressant concernant Orlando : la zone ne couvre pas le centre-ville de manière exhaustive, mais s’étend principalement vers les complexes touristiques. Disney World est ainsi accessible via les robotaxis, ce qui pourrait représenter un argument commercial non négligeable pour les visiteurs. En revanche, les aéroports et les autoroutes ne font pas encore partie des itinéraires proposés dans ces quatre nouvelles villes.

Un calendrier d’expansion ambitieux avec 18 villes supplémentaires

Avec ces quatre nouvelles implantations, Waymo atteint donc la barre symbolique des dix villes opérationnelles. L’entreprise ne compte pas s’arrêter là : son site internet affiche 18 villes supplémentaires dans le pipeline. Parmi elles, Londres et Tokyo figurent comme premiers objectifs pour l’expansion internationale, marquant une volonté de sortir du marché américain.

Le rythme de déploiement s’accélère visiblement. Miami, par exemple, n’a été lancée qu’il y a un mois à peine. Cette vitesse d’exécution s’explique en partie par la maîtrise technique acquise au fil des années et par la standardisation des processus de mise en service dans de nouvelles zones géographiques.

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Où en est réellement la concurrence ?

La situation devient embarrassante pour Tesla, qui multiplie les annonces fracassantes depuis des années sans jamais véritablement concrétiser ses promesses. L’entreprise d’Elon Musk avait affirmé que ses robotaxis seraient accessibles à la moitié de la population américaine d’ici fin 2024. Force est de constater que cette échéance n’a pas été respectée.

Tesla propose certes un service baptisé “Robotaxi” à Austin, mais la réalité diffère sensiblement du marketing. Le conducteur reste présent dans le véhicule, simplement déplacé sur le siège passager pour l’apparence. L’entreprise a brièvement tenté des courses avec un véhicule suiveur transportant un employé, mais cette pratique a rapidement cessé. Quant au service annoncé dans la région de San Francisco, il s’agit de courses traditionnelles avec un conducteur humain au volant – Tesla n’a même pas sollicité les autorisations réglementaires pour opérer des taxis autonomes en Californie.

Les capacités techniques promises ne se sont pas matérialisées. Tesla affirmait que ses millions de véhicules en circulation disposaient déjà du matériel nécessaire à la conduite entièrement autonome, et qu’il suffirait d’activer la fonctionnalité par mise à jour logicielle. La réalité s’avère plus complexe : chaque extension de zone à Austin nécessite un travail de cartographie approfondi, démontrant qu’un simple “clic” ne suffira pas pour déployer le service à l’échelle nationale.

Les autres acteurs du secteur des robotaxis

Zoox, propriété d’Amazon, représente un autre concurrent potentiel. L’entreprise propose actuellement des trajets gratuits sur le Las Vegas Strip et annonce une arrivée prochaine à San Francisco. Son offre reste néanmoins limitée avec seulement quelques points de prise en charge et de dépose prédéfinis, loin de la flexibilité offerte par Waymo qui permet de monter et descendre pratiquement à n’importe quel endroit dans ses zones de couverture.

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Cruise, anciennement concurrent direct de Waymo, a suspendu ses opérations après un incident grave. Un piéton, percuté par un conducteur humain, a été projeté sur la trajectoire d’un véhicule Cruise qui l’a ensuite traîné sur une certaine distance. La dissimulation de données aux autorités réglementaires par l’entreprise a précipité l’arrêt complet de ses activités de niveau 4 d’autonomie.

Sur le plan international, des sociétés chinoises comme Apollo Go et WeRide exploitent des services de robotaxis dans leur pays d’origine, sans représenter pour l’instant une menace directe pour les opérateurs américains. La question de leur expansion future vers les marchés occidentaux reste ouverte.

La question cruciale de la sécurité

Waymo a récemment fait la une après qu’un de ses véhicules a heurté un enfant près d’une école. La communication de l’entreprise, peut-être maladroite sur le plan de l’empathie, a mis en avant le fait que la vitesse de réaction supérieure du système autonome avait permis de réduire la gravité de l’accident par rapport à ce qu’aurait fait un conducteur humain. L’entreprise maintient que ses véhicules présentent un niveau de sécurité nettement supérieur pour les piétons, une affirmation soutenue par des études scientifiques soumises par ses chercheurs.

Les données comparatives entre conduite autonome et conduite humaine commencent à s’accumuler, permettant une évaluation plus objective des risques. Si les incidents impliquant des technologies autonomes attirent naturellement l’attention médiatique, l’analyse statistique globale tend à montrer un bilan favorable aux systèmes automatisés, du moins pour les technologies les plus abouties comme celle de Waymo. Le débat sur l’acceptabilité sociale de ces technologies reste néanmoins ouvert, chaque accident impliquant un système autonome soulevant des interrogations légitimes sur la responsabilité et le contrôle de ces véhicules.

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