Smart relance sa citadine électrique à deux portes avec le #2
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Lorsque vous apercevrez la SAIC Z7 dans les rues chinoises, vous risquez de la confondre avec une Porsche Taycan. Et pour cause : cette nouvelle voiture électrique développée sous l’égide de HIMA en collaboration avec Huawei reprend presque trait pour trait le design de la sportive allemande. La ressemblance est troublante, et elle pose une question intéressante sur les frontières du design automobile et sur ce qui constitue réellement une copie. Le constructeur SAIC s’apprête à dévoiler officiellement ce modèle fin mars 2025, proposant une alternative considérablement plus abordable que son homologue germanique.
La Z7 ne se contente pas d’être une simple berline électrique parmi d’autres sur le marché chinois. Elle arrive avec des arguments techniques solides et une stratégie tarifaire agressive qui pourrait bien séduire une clientèle locale en quête de prestations premium sans le prix qui va avec. Proposée en version berline classique et en break baptisé Z7T, cette nouvelle venue s’inscrit dans une bataille commerciale féroce qui oppose désormais les constructeurs chinois entre eux, notamment face au Xiaomi SU7 qui rencontre un succès considérable.
Difficile de nier l’évidence : la SAIC Z7 emprunte massivement au vocabulaire esthétique de la Taycan. Les feux de jour, les prises d’air verticales sur le bouclier avant, la silhouette générale du véhicule, tout rappelle la création de Porsche. Même les jantes arborent ces fameux éléments aérodynamiques de couleur carrosserie qui avaient fait leur apparition sur le concept Mission E avant de devenir l’un des détails stylistiques les plus reconnaissables de la Taycan de série.
La version break Z7T pousse le mimétisme encore plus loin en reprenant la configuration de la Taycan Sport Turismo. Les feux arrière, le pare-chocs, le diffuseur : chaque élément semble avoir été méticuleusement étudié pour reproduire l’esthétique allemande. Le seul détail qui trahit instantanément l’identité de la Z7, c’est cette protubérance lidar au-dessus du pare-brise, nécessaire pour les systèmes d’aide à la conduite avancés et la conduite automatisée. Sans cet élément, vous devriez vraiment observer attentivement pour faire la différence.

Au-delà de l’apparence, la SAIC Z7 propose une fiche technique qui mérite l’attention. Bâtie sur une architecture 800 volts, elle sera disponible avec différentes configurations de motorisation, allant de la propulsion à la transmission intégrale. La version la plus musclée développera 517 chevaux et un couple de 700 Nm, des chiffres qui lui permettront d’abattre le 0 à 100 km/h en 4 secondes tout rond.
Concernant l’autonomie, SAIC annonce jusqu’à 700 kilomètres selon le cycle CLTC pour la variante à grande autonomie, équipée d’une batterie de 100 kWh. Une version d’entrée de gamme disposera d’un accumulateur de 80 kWh. Ces données, bien que mesurées selon le cycle chinois CLTC réputé optimiste, suggèrent des performances réelles qui devraient satisfaire la majorité des utilisateurs pour un usage quotidien. L’architecture 800 volts apporte également son lot d’avantages en termes de recharge rapide, même si les détails précis sur les puissances de charge acceptées n’ont pas encore été communiqués.
Le véritable argument massue de la SAIC Z7 réside dans son positionnement tarifaire. Selon les sources locales, le modèle sera proposé entre 250 000 et 350 000 yuans, soit approximativement entre 36 000 et 50 600 dollars. Cette grille tarifaire la place en concurrence directe avec la Xiaomi SU7, qui affiche des prix variant de 215 900 à 299 900 yuans pour les versions standard. La comparaison avec une Porsche Taycan, dont le tarif démarre bien au-delà de 100 000 euros en Europe, devient presque absurde.
Xiaomi propose également une version Ultra nettement plus onéreuse à 529 900 yuans. Rien n’indique pour l’instant que SAIC prépare une variante ultra-performante de la Z7, mais cette possibilité reste ouverte pour des évolutions futures de la gamme. Cette stratégie de prix aggressive s’inscrit dans une dynamique plus large du marché automobile chinois, où les constructeurs locaux se livrent une bataille acharnée pour conquérir des parts de marché dans le segment des véhicules électriques premium accessibles.
La collaboration avec Huawei ne se limite pas à la fourniture de quelques composants électroniques. Le géant chinois des télécommunications apporte son expertise en matière de connectivité, de systèmes d’infodivertissement et de technologies de conduite assistée. Cette coopération s’inscrit dans la stratégie de Huawei de s’imposer comme un acteur incontournable de la mobilité électrique chinoise, non pas en produisant ses propres véhicules, mais en devenant le partenaire technologique privilégié de plusieurs constructeurs.
Les systèmes ADAS et de conduite automatisée de la Z7 devraient donc bénéficier directement de cette collaboration. Le lidar monté sur le toit témoigne d’ailleurs de cette ambition : offrir des fonctionnalités avancées qui rivalisent avec ce que proposent les constructeurs établis. Cette approche rappelle celle d’autres partenariats entre constructeurs automobiles traditionnels ou nouveaux venus et géants de la tech, une tendance qui redessine progressivement les contours de l’industrie automobile.
Le lancement prévu pour le 31 mars 2025 n’a rien d’anodin. SAIC cherche manifestement à surfer sur le succès actuel de la Xiaomi SU7 tout en s’imposant rapidement sur ce segment avant que d’autres concurrents n’arrivent avec leurs propres propositions. Le marché chinois des berlines électriques sportives et abordables connaît une croissance rapide, et chaque constructeur cherche à s’y tailler la part du lion le plus rapidement possible.
La disponibilité en deux carrosseries, berline et break, constitue également un avantage non négligeable. Si la berline classique vise un public large, la version break Z7T pourrait séduire les acheteurs à la recherche de polyvalence sans renoncer au style. Cette double offre permet à SAIC de ratisser plus large et de répondre à des besoins différents au sein d’une même famille de produits. Reste à voir si cette stratégie du double modèle portera ses fruits face à une concurrence qui ne cesse de se renforcer sur le marché domestique chinois.
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