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Le constructeur américain Ford vient d’annoncer le départ de Doug Field, son responsable des véhicules électriques, du numérique et du design. Cette annonce intervient alors que le géant de Detroit repense en profondeur sa stratégie électrique, après plusieurs annulations de projets et des pertes financières importantes. Field quittera ses fonctions en mai 2026, laissant derrière lui un héritage contrasté marqué par des ambitions élevées et des obstacles industriels significatifs.
Doug Field n’est pas un inconnu dans le monde de la technologie automobile. Avant de rejoindre Ford en 2021, il occupait un poste stratégique chez Apple, dont on connaît les ambitions longtemps rumurées dans le secteur automobile. Son expérience la plus marquante reste son passage chez Tesla, où il a joué un rôle déterminant dans le lancement de la Model 3, le véhicule qui a véritablement permis au constructeur californien de passer à l’échelle industrielle. Cette berline compacte a représenté un défi de production colossal pour Tesla, et Field était aux commandes pendant cette période tumultueuse mais finalement couronnée de succès.
Son arrivée chez Ford en 2021 avait été perçue comme un signal fort de la volonté du constructeur traditionnel de se réinventer. Pendant cinq années, Field a dirigé les efforts de Ford pour développer une nouvelle génération de plateformes électriques, avec l’objectif ambitieux de rivaliser avec les acteurs purs de l’électrique comme Tesla ou les constructeurs chinois émergents. Dans son communiqué de départ, Field affirme que Ford dispose désormais “d’une stratégie technologique et d’un plan gagnants”, une déclaration qui peut sembler optimiste au regard des récents revirements stratégiques.
L’un des apports majeurs de Doug Field chez Ford aura été la création d’une équipe “skunkworks” basée en Californie. Ce terme, emprunté au monde de l’aéronautique, désigne une cellule de développement travaillant de manière semi-autonome sur des projets innovants. Cette équipe, que Field a constituée en recrutant notamment Alan Clarke, un autre ancien ingénieur de Tesla, travaille sur la plateforme UEV (Universal Electric Vehicle).
Cette plateforme représente une rupture avec les méthodes traditionnelles de Ford. Elle intègre des technologies comme les “unicastings”, ces pièces géantes moulées d’un seul tenant qui remplacent des dizaines de composants habituellement soudés ensemble. Tesla a popularisé cette technique qui permet de réduire considérablement les coûts de production et le poids des véhicules. Clarke, qui dirigeait déjà cette équipe, devient désormais vice-président des projets de développement avancé, assurant ainsi une continuité dans ce programme crucial.
Le départ de Field s’inscrit dans une restructuration plus large annoncée par Ford. Les équipes qu’il dirigeait – véhicules électriques, numérique et design – seront intégrées dans une nouvelle division baptisée “Product Creation and Industrialization”. Cette entité, pilotée par Kumar Galhotra, directeur de l’exploitation de Ford, aura pour mission de déployer les avancées technologiques à l’ensemble du système industriel mondial du groupe.
Cette réorganisation intervient après une année 2024 particulièrement difficile pour les ambitions électriques de Ford. Le constructeur a annulé fin 2024 plusieurs projets, dont des versions futures du F-150 Lightning, son pick-up électrique phare. Ces annulations se sont traduites par une dépréciation d’actifs de 19,5 milliards de dollars, un chiffre qui témoigne de l’ampleur des investissements consentis et de la difficulté à les rentabiliser. Un autre projet de SUV électrique à trois rangées de sièges avait déjà été abandonné en 2024, entraînant des coûts supplémentaires.
Face à ces déconvenues, Ford a clairement réorienté sa stratégie. Le constructeur estime que l’économie des grands véhicules électriques grand public ne fonctionne pas dans le contexte actuel. Les batteries nécessaires pour propulser des pick-ups ou des SUV de grande taille sur des distances confortables restent extrêmement coûteuses, rendant ces modèles difficiles à vendre à un prix compétitif.
L’avenir à court terme repose donc sur la plateforme UEV développée par l’équipe de Clarke. Le premier véhicule prévu est un pick-up de taille intermédiaire dont la production devrait débuter en 2027. D’autres modèles basés sur cette même architecture technologique suivront. Cette approche rappelle la stratégie initiale de Tesla, qui a d’abord visé le segment premium avant de descendre progressivement en gamme.
Malgré le départ de Field, Ford affirme maintenir le cap sur l’électrification. Les objectifs annoncés pour 2030 restent ambitieux. Le constructeur vise que 90% de ses véhicules en volume soient équipés d’architectures électriques modernisées avec des capacités de mise à jour à distance nouvelle génération. Cette fonctionnalité, aujourd’hui standard chez Tesla, permet d’améliorer continuellement les performances et l’expérience utilisateur sans passage en concession.
Sur le plan de l’offre produits, Ford annonce que près de 90% de sa gamme proposera une option électrifiée d’ici la fin de la décennie. Cette formulation mérite précision : il ne s’agit pas uniquement de véhicules 100% électriques, mais aussi d’hybrides classiques et de véhicules électriques à autonomie étendue. Le futur F-150 Lightning, justement, adoptera cette dernière configuration, intégrant un petit moteur thermique servant de générateur pour recharger la batterie en route.
Les technologies développées sous la direction de Field continueront donc à se déployer dans les années à venir. La question demeure de savoir si Ford parviendra à concrétiser ces ambitions sans la personne qui en était l’architecte principal. Le constructeur mise sur l’intégration de ces compétences au sein d’une structure plus large, espérant ainsi mieux les diffuser dans l’ensemble de son organisation. Pour vous, futurs acheteurs de véhicules électriques, cette transition signifie que les prochains modèles Ford devraient bénéficier de technologies éprouvées, mais leur arrivée pourrait connaître quelques ajustements de calendrier.
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